‹ Aînée et cadette [Texto impreso]Chapitre 1 sur 51 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SAUNIER, M m# SAUNIER.

s a unier, d la cantonade.

Reporte- loi au compte de* frère* Hockinson, ! mon enfant... fin septembre... et fais la ba- j lanre.

H Da saunier, entrant par le fond.

Eh bien ?...

SAUNIER

Ah l c’est toi... Je parlais à Fanny. .

HT’*' SAUNIER

Le comte est-il prêt A dîner?

SAUNIER

Il est trop occupé; il a dit à Joseph qu'il ne dînerait pas.

il** SAUNIER.

Bah!... mais nous, esl-rc que nous ne pourrons pas dîner sans lui?... Si ça allait être ridicule I... .» . . . J

MAGASIN THEATRAL

SAUNIER

Au fait, c'est embarrassant. ..

M m « saunier.

Il faudrait lui demander... Si vous entriez chez lui...

SAUNIER *

C'est juste !... c’est juste... ah! a moins que ce ne soit indiscret.

M®' SAUNIER

Mon Dieu , monsieur, vous ne connaissez donc rien aux usages du monde?... Depuis que monsieur le comte est revenu avec nous de la campagne des messieurs Fortin, et qu'il a bien voulu accepter un appartement ici, vous Aies toujours embarrassé... l'aui-il faire ceci? faut-il faire cela? Voilà ce que c’est que de ne vous être jamais occupé que de vos affaires.

SAUNIER

Ft je suis loin de m'en repentir. . cestcomme cela que j'ai acquis la fortune la plus solide du Ilàvre.

M m ' SAUMBR.

Oui, c’est quelque chose...

saunier.

D ailleurs, monsieur le comte sera indulgent; il sait bien que nous ignorons les usages du faubourg Saint-Germain.

a Df saunier, confidentiellement.

Puis, uotre fille Noémi nous conseillera; elle sait tout, cette petite.

saunier.

Tout... c’est vrai...

M w * SAUNIER.

Elle a reçu une si belle éducation!

SAUNIER

C est tout simple... Nous étions riches quand elle nous est venue, celle là, nous avons pu faire des sacriGces.

SAUNIER

Aussi, quelle différence entre elle et sa sœur!

SAUNIER

Ah! dam, Fanoy a grandi pendant que nous faisions fortune... nous ne pouvions pas songer à lui donner une éducation brillante; elle a été élevée simplement auprès de nous ..

Ain : Z' tuidet’Me du Prrmirr prLr.

PuurtJnt, île noir.* fille ain**e,

Nou* |»uiivoni rire lier» »uisi,

Kl de »rj mini, foule l'miiirr.

Je ne |>ui« me jntirr ici.

Il** SAUMEE.

f)li! »on iclc est in. oitip.it j Lu- ;

A» jut le jour, elle e*t dc)»oul ;

Klle est soumise, donc», aimulde,

Parfaite eofin.. niais voila tout.

' hunier, M*** Saunier.

! Fanny nous ressemble, c’est notre fille enfin... tandis que Noémi, c’est mieux que ça... c'eut une princesse... Elle a un goût... une élégance... | un bon ton... elle ne fait rien comme nous... saunier.

Rien!

Et que nous avons bien fait de l’envoyer a Paris. pour perfectionner son éducation! c’est la que M. de la Sausaie l’a rencontrée chez notre cousine, la femme de l’agent de change... Noémi devait lui plaire; il a tant de goût. Car c'est un jeune homme charmant, et qui serait pair de France, si la pairie élail encore héréditaire

9AUNIBR.

Il le deviendra s’il est nommé député.

M®* SAUNIER

Il le sera, monsieur, puisque vous l'appuyez., vous avec de l’influence sur le commerce...

SAUNIER

Oui... mais je lui étais opposé, il y a encore à peine quinze jours... J’ai tant parlé contre sa candidature! .• »

■ SAUNIER

C était votre conviction alors; vous ne savier pas qu'il aimât Noémi.

SAUNIER

Certainement... mais maintenant, pour qu’il l'épouse, il faut qu’il soit nommé. ( Confidentiellement. ) Sans cela il n’obtiendrait point le | consentement de sa famille.

*"• SAUNIER

I Vraiment?

saunier, confidentiellement.

Non... sa mère, son oncle surtout... (ce vieux j duc dont il doit hériter ) ne lui pardonneraient pas ce qu ils appellent une mésalliance, s’il ne leur avait habilement présenté ce mariage | comme un moyen d'arriver à la députation... et de là à la pairie.

M® e SAUNIER.

Ainsi, ma fille sera comtesse! monsieur Sau- ; nier, elle sera pairessel... Je serai la mère d’une i pairesse !...

Notai , dehor.%.

Noo, merci... non.

SAUNIER

Chutî... la voici... pas un mot devant elle.

M®* SAUNIER

Pourquoi ?

SAUNIER

Tout doit rester secret jusqu'au jour de la i réussite... c’est convenu.

SAUNIEn.

Ah!... ma foi. tant pis!... j’ai tout dit à Noémi... nos projets... nos espérances...

SAUNIER

Diable! c’esi bien imprudent... si elle allait laisser voir au comte...

■ Bf SAUNIER.

Bon, bon, elle connaît les usages .. quand Al. de la Sausaie se déclarera, elle aura Pair tout aussi surpris qu’il convient ; quand on a son éducation !

SAUNIER

A la bonne heure.

Page 1