‹ Aînée et cadette [Texto impreso]Chapitre 18 sur 51 · THEATRAL · texte numérisé non relu

THEATRAL

sayai tout pour reconquérir une place égale dans leurs cœurs... Je me levais avant le jour, je ne ■ me couchais qu'après les autres ; je prenais pour moi tout le travail, tous les ennuis. . mais on ne s’apercevait de rien... Alors... Oh I j’ai honte de vous l’avouer... j’ai senti que je devenais jalouse d’elle.

GIRARDOT

De ta sœur?

PARRV.

Ohl c’était affreux... clic si bonne au milieu de sa légèreté!... Mais je souffrais tant, j’étais injuste pour tout le monde... 11 me semblait que mes parens no songeaient plus’ à moi; je me regardais comme une orpheline. Car ce qui fait la famille, c’est l’affection.

Al* : Eh oui ! mon cher , c’est bien juste » en effet.

Et tout le jour seule «u comptoir Il fallait calculer, écrire.

Cacher à tous mon désespoir En le voilant sous un sourire.

Kl quand des grSccs de ma scrur Je voyais ma mère charmée.

Alors une voix dans mon co?ur Criait : Toi tu n'es pas aimée,

Pauvre enfant, tu n'es pas aimée.

GIRARDOT, à part.

Oui , pauvre enfant ! {Haut.) Et ce fut alon que Georges revint des Antilles ?

FAWSY.

Il parut me plaindre...

GIRARDOT

Et il arriva bientôt à t’aimer. Mais comment osa-t-il t’avouer son amour?

FANNY

Ma mère, obligée de conduire Noémi dans le monde, n’était point là... nous nous trouvions presque toujours seule au comptoir.

GIRARDOT

Et les occasions, à forco desc représenter, finissent par enhardir nn amoureux... Voilà pourquoi, à mon retour, je te retrouvai gaie comme par le passé.

FANNT.

Il est vrai... Je pardonnais alors à ma sœur d’être plus chérie que moi, à mon père et à ma mère de la préférer... Comment garder du ressentiment dans une âme heureuse? je devins reconnaissante envers eux tous du bonheur que Georges seul me donnait.

GIRARDOT

Mais maintenant si tes parens repoussaient la demande de Georges !

FANNY

Ohl que dites-vous? lui, qu’ils ont élevé ici presque comme un fils... C’est votre protégé, d’ailleurs... Ohl nous avons eu tort, sans doute... mais vous êtes si bon...

GIRARDOT

Eh! cajoleuse... tu me flattes.., pour que je parle eu votre faveur.

FARHT.

Ah! vous parlerei.

GIRARDOT

Il le faudra bien.

FAKRT.

Et voua espérez?...

GIRARDOT

Pourquoi pas? Saunier m'a souvent répété que Georges était le seul homme capable de continuer notre maison... je ne sais même s’il n’avait point des idées...

, FARRÏ.

Quoi... voua crojei?

GIRARDOT

Ce qu'il y a de sûr, c’est qu'il a refusé dernièrement un riche parti qui se présentait pour toi...

Du reste, nous éclairciront tout cela.. .mais l’heure du bal approche; va à ta toilette.

VARIIV.

Oui... oh! maintenant que vous savez tout, le courage m’est revenu. Adieu, mon parrain.

GIRARDOT

Adieu, Nini... adieu, ma chérie...

11 l'embrasse.

ENSEMBLE

Air : Valse de Robin des Bois.

Mon parrain, que jo suis conlenlel Vous «ave* tout, plus de regret ;

Combien j’étais impatiente De tous confier mon secret !

GIRARDOT

Ta franchise ici me contente.

Je te servirai sans regret ;

En ton parrain sois confiante,

J'userai bien de ton secret.

GIRARDOT, seul.

Ah ! tu comptais sur ma faiblesse,

Quand je voulais gronder bien fort.

ta nnt, seule.

J*ai compté sur votre tendresse.

Elle a raison, c'est mieux encor,

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