‹ Aînée et cadette [Texto impreso]Chapitre 28 sur 51 · PANNE · texte numérisé non relu

PANNE

Tout-à-l’heure, j'ai cru... je ne savais pas... Oh 1 maman, je ne puis pas épouser B. Durand.

*" SAUNIER

Et pourquoi donc?

FANNY

Mais je ne l'aime pas.

Tu l’aimeras plus lard.

FANNY

Jamais I

SAUNIER

Et pourquoi donc, mademoiselle?... Une jeune fille bien élevée finit toujours par aimer sou mari.

PANNY.

C'est impossible.

■ SAUNIER

Impossible?... — Est-ce que par hasard vous aimeriez quelqu’un?.... sans ma permission, mademoiselle... et je l’ignorais !

PANNY.

C'est que vous n’avez pas regardé !... ma mère. .. c’est que vous n'écouliez pas!... sans cela vous eussiez compris mes hésitations... ma tristesse... mais, depuis quelque temps, votre coeur et vos jeux sont ailleurs.

tl“ e SAUNIER.

Comment?

PANNY.

Oh ! pardon... ce n’est point un reproche contre vous, mais une excuse pour moi... Moins surveillée par votre tendresse... je n’ai pas su ai je faisais mal... Georges m’aimait tant...

ia“' SAUNIER.

Georges!... quoi... c'est lui?... et vous ne rougissez pas?... un simple commis qui n’a pas même de famille... Et qu’a-l-il donc de si charmant, ce M. Georges? voyons, répondez?

là

panny, avec une implicite louchante.

Je l’aime.

SAUNIER

Et bien, mademoiselle, vous l’oublierez, car il faut que vous épousiez M. Durand. .. notre parole est engagée.

PANNY.

Est ce vrai?

M E « SAUNIER

Oui... (calincment)el tu ne voudrais pas nous; faire manquer... Allons voyons, Fanny, soit bonne fille... songe que tous nos projets dépendent de cette union.

PANNY.

Comment?

«“• SAUNIER

Elle assure l’élection de M. de la Saussaie, et par suite le mariage de Noémi... Comprendstu, mon enfant... ta soeur deviendra comtesse... pairesse, peut-être... et tu en seras cause... Estce que cela ne te rendra pas heureuse ?

fanny, amèrement.

Ah! je comprends... oui... on me marie, moi, pour l’élévation de ma sœur... peu importe ce que je souffrirai... pourvu que votre fille soit heureuse.

M“* saunier, o demie.

Fanny!

fanny, avec disespoir.

O maman... par pitié!

M me SAUNIER.

Assez, mademoiselle... je comptais sur votre confiance en vos pare ns... sur votre dévoûment... Mais puisque je me suis trompée, et que je trouve, au lieu de soumission, de la révolte, de l'injustice... je sais ce qu'il me reste à faire.

fanny, se cachant les yeuse.

O mon Dieu !

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