‹ Air chaud et massageChapitre 3 sur 10 · ROSSEL · texte numérisé non relu

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LA CLINIQUE, 21 Février 1908

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I. — RECHERCHE DU BRUIT DK CLAPOTAGE, L'ESTOMAC ÉTANT VIDE ET APRÈS INGESTION D'EAU

L’estomac vide ne donne à la percussion aucun bruit hydroaérique, M. Mathieu signale seulement le bruit de froissement humide que l’on obtient parfois dans ces conditions : c’est le bruit fourni par deux muqueuses qui s’accolent et se séparent sous l'influence de la percussion exercée par la main — mais ce n’est pas le bruit de clapotage.

Pour percevoir ce signe, il faut faire ingérer au malade une petite quantité d’eau, soit environ 50 à 100 grammes, en ayant soin de faire avaler l’eau par une dizaine de petites gorgées. Avec chaque déglutition pénètre en effet une petite quantité d’eau dans l'estomac, nous avons ainsi introduit dans la cavité gastrique une certaine proportion d'air et de liquide.

Or, à l’état normal, comment vont se disposer les liquides et les gaz dans l’estomac du malade étendu sur le lit d'examen avec la tête et le torse légèrement soulevés ?

Les recherches radioscopiques nous ont appris que l’estomac vide se rétractait et qu’il se divisait en deux portions : une partie renflée, supérieure, contenant des gaz et correspondant à la zone de Traube ; une partie inférieure tubulaire dans laquelle s’accumule le liquide ingéré. Ce liquide est d’ailleurs très rapidement évacué par le pylore.

Sur le malade étendu nous pouvons nous rendre compte très nettement de cette disposition: les gaz ingérés restent dans la zone de Traube, dans les fausses côtes gauches comme l'indique .la percussion. Dans la partie inférieure tubulaire de l'estomac

les gaz n’ont pas pénétré. Aussi gaz et liquide ne peuvent entrer en conflit sur une surface étendue et. dans ces conditions la pro-

ils se re sur ue la surface du liquide j jusque dans la PS inférieure tubulaire de l’estomac. La percussion permet de s’en rendre compte. La zone sonore s'étend très bas jusque dans le voisinage de l’ombilic et dans les cas de ptose, la zone de Traube peut disparaître complètement : il n’y a plus de sonorité au niveau des fausses côtes gauches, tous les gaz sont dans la partie inférieure de la cavité gastrique. Il y a longtemps que M. Mathieu avait signalé cette disposition dans son enseignement oral ; il disait qu'un estomac vigoureux est distendu par les gaz dans sa région supérieure, un estomac faible, au contraire, dans sa partie inférieure.

Dans ces conditions le bruit de clapotage se produira avec la plus grande facilité et témoignera de l'incapacité pour l’estomac de se rétracter sur une petite quantité de liquide et de chasser les gaz dans la région supérieure (1).

Dans quelles conditions peut-on observer cette anomalie dans la rétraction de l'estomac sur son contenu? L'état de l'estomac intervient seul ici, les parois musculaires de labdomen n’y jouent aucun rôle. Il est facile de s’en rendre compte; vous constatez chez un malade un bruit de clapotage et de succussion très facile à produire : ordonnez-lui de contracter ses muscles

(4) Il faut bien entendu que le malade soit étendu, le torse légèrement

relevé; si le malade était dans le décubitus complet et surtout si le haut’

du thorax était dans une situation légèrement déclive, les liquides pourraient refluer dans le pôle supérieur de l’estomac et il y aurait un bruit

de flot provoqué par la succussion du malade. Sur un obèse étendu sur.

le dos, l'estomac prend ainsi très souvent cette même situation. La zone des gaz est située sur un niveau plus bas que la partie tubulaire de l’estomac d’où un reflux de liquide dans la région supérieure où sont retenus les gaz; ce bruit de flot n’a alors aucune signification,

abdominaux dans un effort violent et soutenu, la tension abdominale augmente énormément et pourtant le bruit de succussion reste toujours aussi net.

Le bruit de clapotage n’est pas non plus une conséquence directe des ptoses abdominales. Certes, en général, les malades atteints de ptose présentent le bruit de clapotage, mais parce qu'une même cause produit à la fois le relâchement des parois musculaires abdominales et l’atonie de la paroi gastrique. Mais on peut constater aussi chez les femmes qui ont eu le ventre distendu par une grosséssé et qui ont les organes digestifs vigoureux, que malgré la ptose accentuée de l'abdomen le bruit de clapotage n'existe pas dans les conditions que nous indiquons, c’est-à-dire après ingestion d’une petite quantité d’eau.

Une insuffisance musculaire de la paroi gastrique est la condition nécessaire du bruit de clapotage recherché dans ces conditions. Dans nos études sur l’inanition avec mon maitre, M. Mathieu, nous en avons donné la démonstration la plus nette. Chez tous les malades, inaniüés, dont le muscle gastrique et amaigri a perdu sa tonicité, le clapotage existe toujours, mais si l’on augmente Palimentañon, au bout de quelques mois, lorsque l'individu est revenu à son poids normal, le clapotage devient de plus en plus difficile à provoquer et il finit par disparaître.

Or, le muscle gastrique, pendant l’inanition, devient de plus en plus mince, et c’est à cette insuffisance musculaire qu'il convient d'attribuer le bruit de clapotage, IL n’y à pas d’ailleurs, dans tous les cas, un retard marqué à l’évacuation ; l'estomac à perdu sa tonicité, mais il se contracte encore normalement, et le pylore conserve son jeu physiologique. Aussi, comme Stiller l’a constaté, comme nous l'avons vu avec Laboulais, en employant les procédés les plus exacts pour mesurer le transit gastrique,

l'évacuation d’un repas d'é épreuve chez ces malades peut conser- .

er Sa rapidité normale. I n’en est pas moins vrai que c'est là

‘un signe de. débilité musculaire, et. qu'à l’occasion d’une sur-

charge alimentaire, ou d’un état de dépression nerveuse, les troubles dans l’évacuation des aliments pourront apparaître.

Chez quelle catégorie de malades Peu on constater cette atonie gastrique.

L'atonie peut étre primitive, c'est ce que l’on observe dans cette atonie congénitale, décrite par Süller, chez les individus maigres, grands, pâles, minces, à viscères ptosés. L’atonie gastrique a la valeur d’un stigmate de dégénérescence, les individus restent toute leur vie malingres, ils doivent, par nécessité constitutionnelle, éviter tous les excès et mener une vie exemplaire.

L'atonie gastrique peut étre secondare : elle est constante dans l’inanition, comme nous l'avons déjà dit.

L’atonie est constante dans tous les états d’épuisement nerveux : soit qu'il s'agisse de dépression neurasthénique, soit que l'épuisement survienne à la suite d’une infection grave comme la fièvre typhoïde, ou d’une maladie chronique comme la tuberculose,

L'atonie gastrique est habituelle également dans certaines affections nerveuses, souvent accompagnées d’atonie musculaire

généralisée, comme le tabes par exemple.

Enfin l’atonie gastrique peut s’observer encore lorsqu'il existe une surcharge de l'estomac qui en distend les parois, d’une facon intermittente, par exemple, à la suite d’excès alimentaire, ou encore lorsqu'il existe un spasme du pylore avec distension gastrique associée dans les douleurs tardives.

Nous voici donc renseignés, par ce simple examen, sur une première catégorie de troubles de-la contractilité gastrique. Mais nous le rappelons, toutes ces déductions ne peuvent s'appliquer

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qu'au bruit de clapotage cherché, alors que l'estomac est vide après ingestion d'une petite quantité d’eau.

Dans d'autres conditions la recherche du bruit de clapotage pourra nous renseigner non plus sur le degré de tonicité du muscle gastrique, mais sur la rapidité d'évacuation.

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