‹ Air chaud et massageChapitre 7 sur 10 · LA CLINIQUE · texte numérisé non relu

LA CLINIQUE

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24 Février 1908 N° 8.

l'odeur normale; c’est ainsi que les asperges communiquent à l'urine une odeur repoussante, le copahu son odeur spéciale, la térébenthine (capsules de térébenthine) une odeur de violette.

La couleur de l'urine normale est jaune ambré. Les polyuriques (diabétiques surtout), chez qui l'urine des vingt-quatre heures peut monter jusqu’à 10 et 15 litres et plus, émettent une urine presque incolore, puisque les éléments chromogènes sont disséminés dans une grande masse de liquide. L’urine acide est toujours plus colorée que l’urine alcaline. Les urines des ictériques et des hématuriques sont colorées en jaune foncé verdâtre par de la bile, ou en rougeâtre plus ou moins foncé par du sang.

Il n’est pas d'usage et 1l peut même être dangereux de connaître directement la saveur de l’urine : la saveur prédominante est la saveur salée, à cause du chlorure de sodium qu’elle contient,

L’urine fortement agitée mousse : celte mousse n’est persistante qu'aux cas où l’urine renferme de la bile ou de l’albumine, ce qui est déjà un indice de leur présence.

Volume des vingt-quatre heures. — L'urine éliminée en vingtquatre heures dépend quantitativement d’une foule de conditions, notamment l'alimentation, la quantité de boisson ingérée, la médication (diurétiques). Le volume normal est de 1.000 centilitres cubes à 1.500 pour l’homme, 800 à 1.200 pour la femme. Certains malades éliminent seulement 2 à 300 centimètres cubes d'urine par jour (anuriques); d’autres 10 et 15 litres ou plus (polyuriques); ce sont ceux chez lesquels on trouve surtout le glucose et l’acétone (diabétiques et acétonuriques).

Réaction. — L’urine est normalement acide : elle rougit le papier bleu de tournesol, ou ramène à l’incolore, quelques gouttes diluées dans de l’eau, d’une solution alcoolique à 2 p. 100 de

phtaléine du phénol rougie par un alcali (lessive de soude ou de ; — = potasse). L’acidité urinaire n’est pas due, comme on l’a cru long-

temps, aux acides hippurique et urique de l'urine, mais à des phosphates acides : phosphate monosodique (PO“H?Na), phosphate monopotassique (PO‘HK), phosphate monocalcique (PO‘)CaH', sels incomplètement saturés par les alcalis, et qui exigent encore une certaine quantité de soude, de potasse ou de chaux pour se transformer en sels neutres, c’est-à-dire en phosphates tri-métalliques de soude, potasse et chaux. Ces phosphates monométalliques sont donc des sels acides, ils donnent à l’urine sa réaction acide marquée par le tournesol ou la phénolphtaléine. Exceptionnellement, l’acidité urinaire peut être due, pour une faible part, à l’acide lactique, à des acides aromatiques (acide cinnamique provenant d'ingestion de sirop de Tolu) ou à des acides gras (acide butyrique, de décomposition du beurre).

La fermentation ammoniacale la rend peu à peu forcément alcaline. L’alcalinité urinaire peut être due encore à un régime végétarien, ou à des médicaments alcalins comme le bicarbonate de soude.

Pour reconnaître la nature de l’alealinité, après essai direct au papier de tournesol rouge qui bleuit, ou à la phtaléine du phénol incolore qui rougit, il est bon de chauffer, dans un tube à essai, quelques centimètres cubes d'urine. S'il se dégage de l’'ammoniaque reconnaissable à son odeur ou à son action sur un papier rouge de tournesol placé en travers, à l'extrémité ouverte du tube, l'alcalinité est due à la fermentation ammoniacale (fig. 4). Si on n’observe rien, c’est que celte alcalinité est due au régime ou à la médication.

En principe, une urine neutre est celle où l’ammoniaque de fermentation, ou les alcalis de la médication ou du régime alcalin, ont exactement saturé l'acidité urinaire. Les réactifs indicateurs, tournesol, phtaléine, ne donnent plus alors aucune réaction colorée,

Densilé (Sa mesure). — Observations sur la température. — A la température de 15 degrés, prise comme température moyenne, la densité de l’urine oscille entre 4,044 et 1,028, c’està-dire que la densité moyenne est 1,020 environ. Les urines des diabétiques, renfermant parfois plus de 100 grammes de glucose par litre, atteignent jusqu’à 1,040 et 1,050 comme chiffre de densité. On mesure la densité urinaire avec le pèse-urines ou densimètre à urines, aréomètre à poids constant, en verre, lesté par du mercure à la partie inférieure, et dont la tige effilée a été graduée en plongeant l'instrument dans des dissolutions salines plus ou moins concentrées (Na CI par exemple) servant à établir divers points d’affleurement. Il sera bon pour l'élève de se reporter à un traité de physique donnant la description assez détaillée des aréomètres pèse-sels.

Pour l'emploi, on remplit d'urine une éprouvette de 500 cen-

Fe. 2.

Fig. 1, — Le papier de tournesol placé au-dessus du tube à essai contenant l'urine chauffée bleuit s'il se déerse de AR TT EM

la na nd du milieu Sens et de faire immédia- . tement les corrections avec les tables de Bouchardat.

timètres cubes (au moins 125), et on y plonge le pèse-urines. Quand il est bien stable, on fait la lecture du chiffre de la division coïncidant avec le ménisque inférieur du liquide. Il faut observer deux précautions :

4° Éviter que l'instrument n’adhère à la paroi de l’éprouvette ,

20 Éviter la mousse, persistante surtout dans le cas d’une urine d’albuminurique, ce qui gêne la lecture. On fait disparaître cette mousse à l’aide d’un peu d'alcool à 90°, versé avec un flacon compte-gouttes ou un simple compte-gouttes.

La densité de l'urine diminue avec l'augmentation de température et inversement, puisque, le poids restant toujours le même, le volume augmente ou diminue dans les mêmes cas. La densité lue au pèse-urines, correspondant à la température ambiante, doit être ramenée à 15 degrés pour pouvoir être comparée avec celle d’une urine normale.

Une table spéciale, dite de correction, et dressée par Bouchardat, indique, pour toutes les températures, le chiffre à ajouter à la 3° décimale, ou à retrancher, pour obtenir la densité à -- 450, Si l’urine contient du glucose, ce corps augmentant d’une façon particulière la densité de l'urine, nécessite une seconde table à côté de la première.

Supposons qu’on ait trouvé pour une urine non sucrée une densité de 1,027 à la température de 20°, La table de Bouchardat indique d'ajouter 0,9 à la 3° décimale pour avoir la densité à + 15°, soit 1,0279. Si l'urine avait été glycosurique, la table cor-

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