LA CLINIQUE
21 Février 1908 121
Le genou est plus petit que du côté sain, douleurs vives, marche impossible, flexion n’arrivant pas à l'angle droit.
Après trois séances, les douleurs ont disparu.
. Après.quinze séances, la malade fait le tour des boulevards à pied.
Au. bout du mois la guérison est complète.
OBSERVATION IL. — Hémarthrose du genou droit, survenue subitement à la suite d’une chute, quatre-vingt-dix jours avant que je ne voie le malade. Repos, compression faite à l'hôpital, massages, après cela genou aussi gros qu'au début, choc rotulien très net, liquide abondant, peu de douleurs, flexion impossible. |
Après quatorze séances, le médecin de l'Administration à le malade appartient fait reprendre le travail ; le genou très diminué.
On ne fait plus que quelques séances espacées ; au bout de la vingtième, la guérison est considérée comme définitive. Elle a été obtenue avec marche quotidienne et reprise d'un travail assez dur au bout de quinze jours.
laquelle Ja flexion est possible,
Je ne détaillerai pas les observations que je possède, qui ressemblent à celles que je viens de citer plus haut ou qui concernent des sciatiques ou des névralgies de toutes sortes guéries en quelques séances et souvent en une seule. Je crois que les exemples que j'ai donnés prouvent que la douche d’air chaud et le massage combinés permettent d'obtenir des résultats que l’on n'aurait pas, du moins, aussi rapides avec chacun de ces procédés employés isolément.
Par cette méthode, semblable à la douche-massage d’Aix, on peut améliorer bien des cas, même invétérés, d’arthrites d’origine diverse et en guérir beaucoup de date récente, en peu de séances.
Les névralgies, sciatiques ou autres, sont guéries si rapidement que le massage sous l'air chaud parait être, pour ces affections,
tives, suivant le mécanisme décrit par le professeur Roger. + Urologie
. L'analyse des urines, théorique et pratique, à l'usage du médecin (1)
Par M. Georges CARPENTIER
Pharmacien de 1° classe, ex-interne des Hôpitaux de Paris.
Exposé. — [l est d'observation générale que les traités d’urologie sont, ou trop complets pour le médecin, qui ne sait quel procédé choisir entre plusieurs, ou trop précis, comme certains aide-mémoire, qui se bornent aux stricts détails de manipulation, sans explications préalables nécessaires.
Ces articles s'adressant tout spécialement à des médecins, c’està-dire à des praticiens, dont le P. C. N. a fait l'éducation chimique, essaieront de satisfaire le lecteur, en lui donnant toutes les explications théoriques nécessaires, c’est-à-dire en rappelant brièvement les réactions chimiques utiles à l'analyse urinaire ; en expliquant aussi tous les temps de manipulation, pour la prati-
que; et en ne fournissant en général qu'un seul procédé de:
recherche et de dosage (le meilleur), pour ne point trop compli-
(1) Travail du laboratoire du Dr Le Noir, médecin des hôpitaux,
tion ue pour faire avorter ere copie Suppura-
quer, et dans le but d’opérer toujours dans les mêmes conditions, quant aux résultats.
Le lecteur n’oubliera pas, à son profit, que les méthodes urologiques sont communes à beaucoup d’autres méthodes biologiques, indispensables à leurs études pratiques, et qu’elles viennent souvent ajouter leur contrôle à l’hématologie et à Ja bactériologie.
Préliminaires et caractères généraux de l'urine. — L'analyse urinaire est un précieux auxiliaire clinique, en ce sens qu'elle permet la recherche et le dosage des éléments de l'élimination rénale.
Actuellement, l'analyse porte sur l’urine des vingt-quatre heures, autrement dit, sur la totalité pour ce laps de temps, des diverses émissions, dont chacune contient évidemment une proportion plus ou moins variable d'éléments urinaires. Ceci permet, pour un même malade, d’avoir des résultats journaliers comparables. M. le professeur Bouchard, en tenant compte au surplus du poids, de l’âge et de la taille de l'individu, arrive à obtenir des rapports presque théoriques.
L’urine des vingt-quatre heures doit être recueillie dans des vases bien propres, neutres, lavés à l’eau distillée s’il est possible. Si elle ne doit pas être soumise immédiatement à l'analyse, elle ne tarde pas à fermenter. Par suite de l’action de certains microbes urophages aériens (micrococcus ureae), elle subit la fermentation ammoniacale, qui transforme l’urée en carbonate d’ommoniaque d’après l'équation :
COLA + ame0 cor
(urée).
(carb. d’ammoniaque).
et rend l'urine alcaline. Cette alcalinité détermine la précipita-
| tion d’une partie des phosphates terreux (de chaux) dissous grâce - | à l'acidité urinaire. On cherche à éviter cette fermentation par
l'adjonction de certains antiseptiques. Quelques-uns, cependant, agissent sur les éléments de l'urine, comme le sublimé corrosif ou bi-chlorure de mercure (Hg CL?), trop préconisé, qui précipite l’albumine de l’urine, à l’état de composé mercuriel, et rend le dosage albuminoïdique impossible. À notre avis, un antiseptique neutre, inactif sur les éléments de l’urine, en assure parfaitement la conservation : quelques centimètres cubes de chloroforme (CH CH) ou un petit cristal d'acide thymique (thymol).
Caractères généraux de l'urine (Aspect, dépôt, transparence, cou leur, odeur, saveur, mousse). — L'urine normale est un liquide jaune ambré, transparent à l'émission, et abandonnant par le repos un dépôt plus ou moins abondant. Ce dépôt est le plus souvent constitué par des urates, dissous au moment de l’émission, et précipitant par le refroidissement, car ils sont peu solubles à froid.
On pourra donc les caractériser en recueillant un peu du liquide trouble, après décantation préalable : chauffé dans un tube à essai, il ne tardera pas à s’éclaircir. Nous avons vu aussi que la fermentation ammoniacale pouvait donner lieu à un précipité de phosphates (phosphate de chaux, phosphate ammoniaco-magnésien). Mais ce précipité est naturellement bien ulté-
rieur à celui des urates.
L’urine qui contient de l’albumine ou de la mucine, autre substance albumineuse, est souvent louche et s’éclaircit difficilement à la filtration. Elle est filante et visqueuse si elle contient du pus (alcali-albumine ou albumine is transformée) en quantité.
L'odeur particulière de l’urine, rappelant un peu celle du bouillon, est dite sui generis. L’urine fermentée a uné odeur ammoniacale; l’ingestion de certains produits peut modifier