MOTO LIGURIENS RESTÉS .DANS LE DLAJLECTE E^AIX
Dialecte cCAix. Français,
Abra. Allumer.
Acclapa Couvrir avec de la terre.
Acoulo«. . . é Arc-boutan.
Agacin Cor.
AoufTo , Spart.
Amo Teigne.
V Arroumi Buisson.
Aven Gouffre.
Baceou Battoir des blanchisseuses.
. Bada Ouvrir la bouche.
Bajano * Légumes en salade.
Baou ♦ Rocher escarpé.
Baoumo • Grotte.
Bled Mèche.
Boumeou Tuyau.
Bresco , Rayon de miel.
Brusc. Ruche.
Cacheio Sorte de fromage fort.
Cachotte Artichaux.
( io8 ) Dialecte éCAix. Français:
Caraman Poutre.
Calus Trognon de choux.
Cous rÉtage.
Dai Faulx.
Damen ( teni ) Épier.
Drajo '. . . . w . .Sentier.
Eissado Bêche.
EscaLoua Troupeau.
Faoudo. . , Gîron,
Fedo Brebis.
Gaoubi Adresse.
Gaougno Ouïe de poissons.
Gaveou Sarment.
Grieou Cœur de plante.
Grupi Crèche.
Hieli Lis.
Jarro Gros vase de terre destiné à
contenir Thuile.
Laouvo. Dalle de pierre dure.
Maloun.. Brique pour le carrelage.
Mastro .Pétrin.
MenouQ Bouc.
Nasco Ivresse.
Niero Puce.
O Oui.
Oouruou Maquereau ( poisson ).
Oulamé Faucille.
Fantaia • rêver.
{ Ï09 ) Dialecte etAix, Français.
Pechier Vase pour le vin.
Peîroou Chaudron.
Poutargo Caviar.
Raia Couler.
Roumias Ronce.
Ruclo Coquelicot
Sartan Poêle.
Sîvado Avoine.
Ta Bouchon.
Tanco.. Barre pour fermer.
Tîgno Angelure.
Toouteno Calmar.
Touaro Chenille.
Toupin Pot de- terre.
Truffa ( se ) Se moquer.
Trui Aire pour les raisins.
Vabré Ruisseau.
Vano Couverture.
Vesou Voir, venir.
Lorsque les marseillais ne furent plus troublés, le commerce les mit en relation avec les habitans des pays circonvoisins. Ils établirent des comptoirs sur les points avantageux de la province romaine , pour faciliter leur négoce. La langue grecque s'introduisit alors dans cette province , et s'étendit au dehors. Un grand nombre de mots grecs furent admis dans le langage des différentes peuplades. Ils ont subi , pour la plupart, des altérations plus ou moins fortes, mais qui n'empêchent pas de reconnaître la racine gi^eeque.
( iio ) MOTS GRECS' RESTÉS DANS LE DIALECTE p'aIX.
Dialecte d*Aix. Grec* Français,
Agi Ragîon. ... Grains de raisin.
Agreno • Agrinos ...... .Prune sauvage.
Anissa Anypso.. ..... .Hérisser.
Aqui Anchî. ....... «Là.
Barri Bans ......*... Rempart.
Bellugo Ballek^* • .Étincelle.
Blestoun. é « • • . «Blaisotès Matteau de chanvre.
Bourrido BoridÂR* Soupe de poisson.
Bourrisco Briclnm Anesse
Brousso BroMS. • ...... .Recuite.
Bugado.. Bouchanda Lescive.
Cabudeou. ...... Kebe-oidos Peloton
Canisso.. • Ganès c .Claie.
Cantoun Ganthos Coin
Caro. Kara. Face.
Couffb Kophinos Cabat.
Darda joun . . . .Dardalion*. . . • . Ardàillon.
Endroun AndrAn Petit recoin.
Esparra Sparasso Glisser fortement.
Estelos Stoloi Éclats de bois.
Fanaou.. « .... .Phanos FanaL
Fenat. ;PhenaXé Vaurien.
Gaoutos. ..... «Gnathos Joues.
Dialecte d'Aix. Grec, Français.
Gazan Gazan Gain.
Gibqus Ybos Bossu.
Gyp Gypsos Plâtre.
Goi. Guios Boiteux.
Gouargo Gorgyra Gorge de montagne , Canal.
Imou Ecmaios .\ Mou.
Labech Libonotos Vent du sud-ouest.
Leou Heos Poumon.
Madrago Madra-ago Madrague.
Magagho . • «^ . .Manganon Fourberie.
Mastro Mactra Pétrin.
Matou Mataios... Imbécille.
Mouledo Muelodès..;. . . .Mie de pain.
Nanet .Nanos Nain.
Oustaou Estia Maison.
Pantou Pantoios Déguenillé.
Pedas Paidocos Maillots.
Raco Rax Marc de raisins.
Riou Reon Ruisseau.
Rusco .Rous Tan.
Sardino Sardinous Sardine.
Saoumo Sagmarios Aoesse.
S'estrancîna. . . .Strangizo Se consumer*
Supioun • .Sypidiou • Petite sèche.
Tarabusteri • • • • Tarabeos Inconaéquent.
Tian Thycia. . ..... .Grand vase de terre.
MOTS GOTHIQUES RESTÉS DANS LE DIALECTE d\w.
Dialecte d'Aix, Gothique. Français.
Reio Kyn Sillon. ,
Siegui Sijrau • Que je sois.
Sieguès Sijraith Que vous soyez.
Vagui Vaiyau Que j'aille.
Vagues y ai jais Que tu ailles.
Vague Vaiyai Qu'il aille.
Viesti y astyau J'habille.
Viestoun VasCyaina Ils habillent.
Quoique le Franciifue ou Théotisijue ne fût en usag9 que dans le nord de la France , il est évident qu*il s'introduisit en partie dans les pajs méridionaux , puisque nous en trouvons plusieurs mots qui n*unt presque point éprouvé de variations.
MOTS FRANUQUES RESTÉS DANS LE DIALECTE d'aIX.
Dialecte d*Aix\ Francique. Français.
Cooulet Kohi Chou.
Flascou Fiasche Sorte de flacon pour contenir
le vin que les paysans boivent au travail.
Q9$ibe • Garbe Gerbe .
Mëtou Mat. Fou.
KaissQ Rçis Averse.
Ranci Aanzig Rance.
Aodo Hsid Houe.
Fioouba Rauben. . . . . .Dérober.
Dialecte <VAix, Latin, Français.
Dclubre Delubrum Temple.
t Escoundrc Condere Cacher.
Fusto Fustis Bâton.
Grame Gramen Chiendent.
Jouven Juvenis Jeune.
Lagremos Lacrimœ '.Larmes.
Neblo .•«••«••• Nebula Brouillard.
îiiî.
Packo Pactio Aceord.
Palun Palus Marais.
Pouerge Porrigere Offrir avec la main.
Telo Tela Toae.
Tourdre Turdus • • Grive.
Ubri £brius Ivre.
'Yendutni Vindemia Vendange.
Les visigoths succédèrent aux romains. Leur empila dura environ cinquante années. Loin d'introduire leurlangue, leurs lois et leurs coutumes , ib se soumirent entièrement à celles des romains ; de sorte que le provençal reçut très-peu de modifications. Nous allons faire connaître le peu qu*on j remarque.
( >i6) les rend propres à l'étude des sciences et à la culture de^ lettres et des arts. Il a su les préserver aussi plus d'une fois, des excès que Texaltation des esprits produit dans les affaires d*opinions. Ils sont très - réservés dans leurs affections. Ils n'accordent pas facilement leur estime ; il faut ravoir méritée , pour l'obtenir ; mais une fois qu'ils Font donnée , elle est pour eux inaltérable.
A côté de qu«ilités aussi recommandables , on remarque chez eux, un défaut notable^ c'est une apathie mortelle pour tout ce qui touche à l'avantage de leur pays. S'agit-îl d'un établissement utile ou d'un entreprise avantageuse f La réussite échoue, si elle dépend du concours universel , parce que chacun se reposant sur les soins de ses compatriotes, se sépare de cette communion d'intérêts. Si quelque citoyen zélé pour le bien public élève la voix , il ne rencontre qu'une froideur qui empêche de prêter l'appui nécessaire à la réussite , ou bien une inertie qui paralyse le bien qu'il projetait. Cette indifférence envers la patrie se. porte sur tous les objets. Elle fait même éprouver ses funestes effets à la classe ouvrière et au négoce.
L'étranger ne pourra croire qu'à Aix, où les ouvriers ont autant d'habileté qu'ailleurs , et où les marchands de toute espèce , sont munis proportionnellement à la population , la plus grande partie de la classe aisée , se ppurvoit cependant à Marseille, des meubles, des objets usuels et des jnodes qui leur sont nécessaires. Ces divers objets n'y sont ni mieux confectionnés, ni meilleurs qu'ils ne le seraient à. Aix,, et ils ne les obtiennent qu'à un prix plus élevé. Cette préférence est injuste. Elle est désespérante pour le négoce et la classje ouvrière. On ne réfléchit pas aux suites qi|e cet usage entraine , et combien il est nuisible à la ville d'Aix. Au reste, ce n'jest pas d'aujourd'hui qu'on est en droit de blâmer l'indifférence dont nous nous plaignons. Cette froideur a toujours été funeste aux intérêts de la cité.
Il existe à Aix une ligne de démarcation entre la noblesse
("7) et la bourgeoisie. Chacune de ces classes a ses habitudes y
ses réunions , ses fêtes auxquelles l'autre ne prend aucune part La noblesse a beaucoup souffert des orages révolutionnaires. Remplie des souvenirs de ses anciennes prérogatives , ses idées sont restées stationnaires , tandis que ce qui l'environnait suivait des idées nouvelles. Il serait cependant injuste de ne pas dire que cette classe présente quelques exceptions d'autant plus honorables que ceux qui les offrent appartiennent en général à la plus ancienne noblesse. Il résulte de cet état de choses une lutte continuelle entre les idées anciennes et celles du jour. Il est bien fâcheux que l'expérience de la révolutioa n'ait pas servi à rapprocher des personnes faites pour s'estimer mutuellement , puisqu'on trouve dans les deux classes dont nous parlons , vertus , éducation , honneur , tout ce qui rend les hommes estimables.
En parlant du caractère des habitans d'Aix , nous sommes naturellement amenés à payer au beau sexe de cette ville , le tribut d'éloges qu'il mérite. Des traits agréables, un beau teint et beaucoup d'amabilité , joints à toute la vivacité provençale , le font généralement distinguer. La réunion de ces qualités n'est pas l'ouvrage des «oins et de l'éducation > c'est un don que la nature s'est plu à partager entre toutes les conditions. Cet hommage est d'autant plus doux à rendre , qu'il ne peut être taxé de flatterie. Deux aimables poètes ont dit long-temps avant nous :
i> Le ciel de plus mit un essaim de belles
» Dedans ces murs , qu'on ne peut trop vanter.
» Si Dieu les fit ou tendres ou cruelles ,
» Sur ce point-là je ne puis vous citer
i> Discours , chansons , chroniques ni nouvelles :
» Fors que pourtant je dois vous attester,
^ Sur le récit de maints auteurs fidèles,
(n8) )> Que point oe faut séjourner avec elles ,
» Si l'on ne veut long-temps les regretter (i).
Usages de la yie civile et sociale,
NAISSANCES. On croit généralement parmi le peuple que si une femme enceinte , désirant manger quelque fruit ou quelque mets , sans pouvoir satisfaire ce désir , touche une partie de son corps même à travers les vètemens, il arrive infailliblement que l'enfant portera sur la partie de son corps qui correspond à celle que sa mère a touchée, une marque du fruit ou du mets que celle-ci voulait manger. Cette croyance est cause que personne n'ose refuser à une femme grosse, ce qu'elle parait désirer.
Aux relevailles de couches, la mère pare son enfant, le charge d'amulettes appelées Évangiles ^ et le porte chez les parens et les amis , en commençant par le parrain et la marraine. Ceux qui reçoivent la visite du nouveau né , lui font présent d'un petit pain , d'un grain de sel et d'un œuf $ ce qui signifie qu'on souhaite que l'enfant soit bon , sage et . qu'il : jouisse d'une pleine santé. Cet usage ne s'est conservé que parmi le peuple ; mais il est répandu dans la Provence , avec différentes modifications seulement (2).
MARIAGES. Dans la haute classe et dans la classe ouvrière, les mariages n'offrent rien de particulier. Mais chez les cultivateurs, on trouve quelques différences que
(1) Chapelle et Bacliaumont, f^ojrage en Provettce , pag. lai , de Pédition de 1823.
(3) Statiitiqiie des Bou^hcs-^u-Rhôue.
("9) nous allons faii*e connaître. Les parens , ayant à leur léte
la fiancée appelée la Novi , se rendent à l'église paroissiale. Après la cérémonie religieuse , ils partent , les tambourins en tête , pour se rendre à la maison de campagne où. doit se célébrer la noce. Le mari donne le bras à sa femme. lis sont suivis des parens et des amis qui marchent deux à deux 9 chaque homme donnant le bras à une personne du sexe. £n arrivant au lieu de la noce , on déjeune et la danse commence ensuite. Elle dure jusqu'à l'heure du dîner. Les époux ont à table la place d'honneur. Le dojen de la compagnie coupe un morceau de pain qu'on appelle lou Courchoun et il le fait passer à une des filles présentes, au milieu des applaudissemens. Cela marque le' désir des convives qu'elle soit bientôt engagée dans les liens du mariage. La jeune fille reçoit en rougissant lou Courchoun de bon augure. Pendant le repas on chante des chansons gaillardes , on se livre à des plaisanteries qui ne sont pas souvent bien fines y mais qui excitent toujours l*hilarité des assistans. Au reste , la plus franche gaité , la cordialité , l'amitié la plus sincère sont l'âme du repas et rachètent bien des choses. Après le festin i on enlève la nappe et on la remplace par une chaise. Le Chef des joueurs de galoubet , s'assied devant les époux et joue sur son instrument des variations consacrées à ces occasions et connues sous le nom des Graci ( actions de grâce )• 'Dès qu'il a fini , la danse recommence. Chacun «'empresse d'ofirii* la main à la nouvelle mariée , pour faire avec elle une contredanse. Avant que la nuit arrive , les époux disparaissent ordinairement , pour éviter les plaisanteries dont ils ne manqueraient pas d'être l'objet.
Dans quelque classe que ce soit , lorsque le mariage se fieiit en secondes noces , quelques jours avant la célébration , un grand nombre de jeunes gens se réunissent ,
munis de poêlés , de casseroles , de chaudrons, de grelots , de trompettes marines et de cornets de terre. Ils passent touà les soirs devant la maison de celui des deux ëpoux qui doit se marier en secondes noces. Ils poussent des cris ai^s, en frappant sur leurs înstrumens , secouant leurs grelots et sonnant des cornets et des trompettes marines. On appelle c^Ïsl Charîmri, Cet usage* date d^un temps immëmorial.
POISSONS D'AVRIL. Le premier avril est chez les gens du peuple , un jour destiné à s'abuser les uns les autres par de faux; présens , des lettres plaisantes , des messages trompeurs , etc. L'origine en remonte à l'époque où l'année cessa de commencer au mois d'avrif. Gomme on renvojra au premier janvier , les félicitations et ' les étrennes du premier jour de l'année , on se contenta au premier avril 9 de s'adresser des complimens en forme de plaisanteries et de ne se faire que des présens dé nulle valeur. On appela cela Poissons d* avril ^ parce qu'alors^ le soleil vient de quitter le signé des poissons. Dans toute' ta Provence , le premier avril est consacré à ces sortes de plaisanteries (i).
HABITATION DE LA CAMPAGNE. Les propriétaire»
aisés habitent régulièrement la campagne , depuis lamoisson, usqu'à la Toussaint. Si la ville devient alors une vaste so" jlitade, en revanche , le iséjour de la campagne est plein d'attraits. On s'y livre aux plaisirs de la chasse , on se visite sans cérémonie, on se réunit dans les s^irée^ » et l'on -se donne des fStes.
(i) Statistique des Bouches^du-Rhône,
( «ai )
RÉUNIONS. Avant la révolution , avec une population plus Gonsldërable 9 il n*y avait à Aix que cinq ou six cafés, où Ton ne s'occupait guëres qu'au jeu. Aujourd'hui, quoique la population soit moindre, on compte environ vingt cafés , dans la plupart desquels on joue , à la vérité ; maia où l'on se réunit principalement pour lire les journaux et se livrer à des discussions politiques. Outre ces réunions générales , il y a des sociétés particulières , des cercles , des cabinets littéraires institués dans le même but et pour toutes les classes de la société.
FUNÉRAILLES. L'usage généralement adopté par les amis et souvent les parens des défunts , d'accompagner kar dépouille mortelle, était inusité à Aix. Nous devons à la société académique de cette ville, l'introduction d'une partie de cette coutume. Depuis quelques années cette société savante a commencé d'accompagner par députation, à la sépulture ceux de ses membres qui cessent de vivre. Cette innovation toute morale , toute religieuse a été également adoptée par bien des personnes.