‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 31 sur 72 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

NOTICE SUR LA VILLE d'aIX.

La ville d*Aix, dont la population est d^environ 21,000 habitans , est bâtie dans une plaine fertile ^ près de la petite revière de l'Arc. Elle est située au 25."*® degré , 6 min. 54 s. de longitude , et au 4^."^® degré , 5 1 min. 55 a. de latitude i à 12 lieues et demie ( lieues de Provence ), et un quart , au sud d'Arles ^ a 12 lieues et demie , sud-est d'Avignon; à 45 1* sud , sud^st , de Lyon ; à 5 1. nord un quart à l'est de Marseille j à 1 1 1. deux tiers, nordouest, de Toulon, et à 112 1., un tiers, sud-sud-est , de Paris.

Le terroir offre un aspect agréable par ses diverses cultures , ses sites pittoresque»* et le grand nombre de ses bastides.

( i56 ) La ville est généralement bien bfttie. Les nouvelles rues ont été tirées au cordeau , et la plupart des maisons sont grandes et distribuées avec goût.

L'extérieur est planté d'allées d'ormeaux. Il est embelli de jardins agréables , de plusieurs monumens et de huit fontaines placées de distance en distance. L'on doit les jeunes plantations à MM. de Gras, ancien maire, et Destienne Dubourguety son successeur.

Aix est le siège d'un Archevêché ^ d'une Cour rojrale^ d'un Tribunal de première instance , d'un Tribunal de commerce , de deux Justices de paix , d'une Faculté de théologie^ d'une Faculté de droit ^ d'une Sous-Préfecture^ d'une Direction des contributions indirectes , d'une Co/isen^ation des eaux et forêts.

Les armes de la ville d'Aix étaient d'Aragon , qui portent d'or à quatre pals de gueule , au chef de trois écus ^ le i »^^ de Jérusalem , qui est d'argent, à une gi*ande croix potencée, acompagné de quatre petites croisettes de même ; le 2.*"® de

Sicile, qui est d'azur, semé de fleurs de lis d'or, au lambel de trois pendans de gueule j le S.'"® d'Anjou , qui est d'azur , semé de fleurs de lis d'or , bordé de gueule. Elles portaient cette inscription : geweroso singuine parta.

Voici l'origine de ces armoiries : vers l'an 840 , Vilfred ou Geoffroi , dit le Velu , comte de Catalogne , au sortir d'une , bataille livrée aux Normans , au gain de laquelle il avait eu la principale part , se présenta couvert de sang et de poussière , devant Charles le Chauye , roi de France. Ému à la vue de ce glorieux spectacle , Charles demanda au comte ce qu'il pouvait faire pour lui. Geoffroi présenta son écu qui n'était marqué que d'un champ d'or, et pria le roi de lui donner un blason de sa main. Alors , Charles , trempant ses doigts dans le sang qui sortait des blessures du comte , en traça 4 Y^^ sur son bouclier.

Dans la suite , ces armoiries furent données à la ville

( «37 •) d'Aix , par Raymond Bérenger V , comle de Provence

en reconnaissance du zële que les habitans avaient fait

paraître pour son service.

Plus tard , la ville de Marseille ayant été attaquée par Alphonse roi d* Aragon , les habitans d*Aix volèrent à son secours. La conformité de leurs armoiries , avec celles du roi d'Aragon qui descendait de Geofiroi le Velu^ produisit d'abord une méprise; ils furent chargés par les Marseillais. A cette occasion , Louis d'Anjou III, comte de Provence , ajouta aux armoiries d'Aix , le chef des trois écus , armes de ses états.

Les habitans d'Aix étaient appelés Bourbonnais, Le nouvel historien de Marseille dit que les Marseillais leur donnèrent ce nom depuis que François I.*' fut arrivé à Aix , après la déroute des impériaux (i).

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