IV
Commerce,
Par sa position, entre Marseille et Avignon, Aix ne peut être une ville commerçante. Aussi , n'est-ce qu'aux petites communes des environs, ou à la ville d'Aîx,'pour
de «celui de Picholini italien établi à Saint-Chamas , qui inventa cette manière de les préparer.
PAIN. Le pain d*Aix est renommé pour sa légèreté , sa blancheur et son bon goût. En recherchant les causes qui contribuent à cette célébrité , on peut s'arrêter à deux principales ; la bonté du blé employé qui est celui qu'on récolte dans le terroir. En effet, ce blé , nous ne craignons pas de le dire , est préférable à tous les autres. La seconde cause est indubitablement la qualité des eaux dont on se sert pour pétinr. Ce qui prouve la nécessité du concours de ces deux causes , pour obtenir de beau pain , c*est que la qualité de celui de Marseille est inférieure , quoique les boulangers le manipulent de la même manière , et emploient quelquefois la même farine.
Il y a cependant des boulangers qui, profitant de la réputation du pain de cette ville , vendent avec profit aux marseillais , le blé qu'ils ont acheté à Aix , pont' l'usage de leur boulangerie , et achètent à bas prix, à Marseille, du blé d'une qualité très-inférieure, arrivant par mer , de l'étranger. Ils emploient ensuite ôe blé k Aix , comme blé de pays. Cet abus, dont le consommateur est la dupe , mérite une surveillance rigoureuse de la part des autorités compétentes.
POISSON. Le poisson est abondant et fort bon à Aix , parce qu'on le reçoit principalement de Martigues où l'on pêche la meilleure qualité. La Sole qui est un des plus délicats , est plus exqube à Aix , que dans les lieux où on la pêche; parce que la chair en est dure et qu'elle exige le transport.
Manufactures.
TANNERIES. On compte à Aix cinq tanneries qui ont quatorze cuves réunies dans les ateliers. On y emploie le procédé ordinaire, le sumac , le tan ou le fovil du pays. Ces tanneries occupent vingt-deux ouvriers qui gagnent a fi*. 5o 0. par jour. Les produits présumés sont : 4^00 douzaines de peaux de moutons , 5oo peaux de bœufs habillées , pour l'usage des bourreliers et 200 peaux de chevaux. Les peaux de moutons ou basanes rousses et les façons de maroquin sont vendues ordinairement à Paris et à Marseille. Le débit des cuirs de bœufs et de chevaux, se fait pour la consommation des communes de l'ancienne Provence.
DISTILLERIES. Il y en a six qui emploient treize chaudières , toutes placées dans les ateliers de distillation. De ces six distilleries , deux sont établies dans le territoire. On y emploie le procédé ancien et ceux d'Adam , de Lantelme et d'Aigucsparches. Les ouvriers qui exploitent ces distilleries sont au nombre de douze. Ils reçoivent 2 fi*, ^o c. par jour. On fabrique annuellement environ i556 hectolitres d'alcohol. La plus grande partie des produits va à l'étranger. Ce commerce est dans la plus grande stagnation ; la cherté de nos vins , comparativement au prix et aux qualités des vins du Languedoc , en est la cause.
IMPRIMERIES DE TOILE. Il y en a cinq à Aix , qui emploient cent cinquante imprimeurs, quarante manœuvriers et cent cinquante enfans. Les imprimeurs reçoivent par jour , depuis 5 jusqu'à 4 ^^- 9 ^^^ manœuvriers , depuis i fr. So c. , jusqu'à 2 fr. 5o c. et les enfans depuis 5o jusqu'à
( i54 ) 5o c. Ces fabriques ont cent tables d'imprimerie. On y imprime annuellement i5 oii 16000 mouchoirs ou indiennes communes , toutes consommées dans Tintérieur , par la classe du peuple. On y fabrique aussi des indiennes communes qui se débitent à Beaucaire , dans l'intérieur du royaume et à l'étranger.
FABRIQUES DE DRAPS GROSSIERS dits CADIX- £lles8ont au nombre de neuf et occupent vingt-neuf hommes qui reçoivent i fr. 76 c. par jour, quarante femmes qui ont 75 c. et vingt enfans , à raison de 40 c. Il y a dans ces fabriques, vingt-quatre métiers à tisser , à bras et dix mécaniques à filer. Elbs fournissent annuellement environ 85o pièces de grosdraps, dont la plus grande partie est consommée dans l'intérieur.
FILATURE DE COTON. Elle est mue par le moyen de la vapeur , et occupe vingt-deux hommes qui reçoivent 2 fr. 5o c. par jour , cent cinq femmes qui reçoivent 1 fr» et trente-cinq enfans qui reçoivent 70 c.
Les objets fabriqués s'élèvent à 79000 kil. , dont 7oo5o consommés dans l'intérieur et le surplus va à l'étranger*.
TROISffiME PARTIE.
La partie descriptive de cet ouvrage comprendra une Notice sur la ville d'Aix. Nous parlerons ensuite des Édifices publics , des Hospices , des Églises , des Fontaines , des Établissemens d'instruction publique ^ des Cabinets et Bibliothèques particulières, des Promenades, des Monumens celtiques , romains ^ du moyen âge , des Curiosités- naturelles, etc.