‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 34 sur 72 · C. VERATIVS THREPTION · texte numérisé non relu

C. VERATIVS THREPTION

FILiO FiiSSIMO.

Le palier donne entrée à droite , à la bibliothèque Mëjanes , dont nous nous réservons de parler spécialement, et à gauche j à l'ancienne salle du conseil , aujourd'hui sans destination.

TOUR DE L'HORLOGE. C'est un ouvrage de l'année i5o5 9 à l'exception de la base qui est beaucoup plus ancienne. Quatre figures qui représentent les saisons , paraissent à leur période annuel , sous le cadran de rhorloge.

GRENIERS PUBLICS. Ils furent reconstruits en 1760, et forment un ensemble imposant Cette reconstruction n'est malheureusement pas achevée. Le Fronton qui couronne cet édifice est un ouvrage de Chastel , excellent sculpteur provençal. Il représente un fleuve ( le Rhône ) et Cjbelle 9 allégorie figurant la Provence. Ces sculptures qui étaient dégradées en plusieurs endroits , ont été nouvellement restaurées par M. Bastiani Pesetti.

PALAIS DE JUSTICE. Il remplace le palais des comtes de Provence , dans lequel avaient été incorporées dans le moyen âge , deux tours antiques. Cet édifice fut détruit en 1785 (i). Le nouveau palais fut commencé en 1787. On suspendit ensuite les travaux , d'après un décret de l'assemblée nationale du 24 octobre 1790, et on les reprit en 1822. Le palais de justice a été terminé en i85i9 et la Cour Ro^^ale en a pris possession le i5 novembre i852.

Ce monument fournit aux connaisseurs , matière à blâme et à éloges. Il a été terminé sur un plan différent de celui sur lequel il avait été commencé. Le nouveau plan

fi) E. A. Gibelin , Lettre sur les tours antiques tju^on a démolies à Aix j etc.

(•40 ) n'a pas même été exactement suivi. Le conseil des bâtimens qui s'intéresse peu à la prospérité des localités éloignées de la capitale , a retranché , modifié et changé une partie du plan , dans des vues économiques. Tel est Teffet du système de centralisation qui a envahi jusqu'au domaine des beaux-arts. L'exécution de ce monument fait le plus grand honneur à M. Magni qui en avait la direction.

On voit dans la salie du conseil de la chambre civile, le portrait de S. M. Louis-Philippe , roi des français , peint par M.^^® Marie Juramy , d'après le tableau original de M. Hersent , donné par S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans. Ce portrait fait honneur à M.^^* Juramy , notre compatriote.

PRISONS. Les prisonniers étaient autrefois renfermés dans une portion du palais des anciens comtes de Provence , bâti sur l'emplacement qu'occupe aujourd'hui le palais de justice. Lors de la démolition du palais des comtes , les prisonniers furent transférés aux casernes S.*-Jean où une partie du local leur ftit affectée. Cet état de choses a duré jusqu'au 5i mai i855 , où les prisonniers ont été conduits dans les prisons nouvelles. Ce local est bien distribué et suffisamment spacieux. Il avait été terminé en .i852.

L'œuvre dite des prisons contribue puissammant à l'amélioration du sort des prisonniers. Elle leur fournit des vêtemens, et emploie le produit des quêtes qu'elle fait dans les églises , à leur procurer une nourriture plus abondante.

MAISON DES BAINS. Nous avons dit que les eaux chaudes d'Aix déterminèrent C. Sextius Calvinus , à établir ♦ dans ces lieux , les légions romaines. Ce général , ainsi que Marius, César et Auguste, en embellissant la ville d'Aix, donnèrent aux thermes , des soins particuliers. Ces eaux

avaient alors beaucoup de réputation. Elles dëgénërèrent ensuite , soit par le mélange de sources froides , soit par toute autre cause jusqu'à présent inconnue. Long-temps après , elles reprirent faveur , et dans le 5.™* siècle , elles étaient encore recherchées (i). En renversant la ville de Sextîus , les sarrasins détruisirent aussi les thermes. Ce ne fut qu'après la réédification de la ville d'Aix, que les bains furent rétablis. Les comtes de Provence en iSrent un grand cas et contribuèrent à les faire apprécier. Le roi Robert dirigea dans son palais une des so?irces d'eau chaude , pour faire construire un bain à son usage particulier (2).

Une des principales sources d*eaux chaudes était celle dite des Étuves , derrière le couvent des observantins. Elle fournissait à des baias , à des étuves et à des lavoirs. L'affluence considérable qu'elle attirait , troublant le 1 epos des religieux , ces pères achetèrent en 1488 , les eaux et les jardins attenans. Ils agrandirent leur couvent et vendirent à Reimonet de Lalande , la maison des étuves , les bains , le lavoir et le découlement de la source mère, ne s'en réservant que l'usage (5). La famille Lalande jouit fdant soixante-deux ans de ces eaux, et eut ensuite les contestations qui furent terminées sur le rapport une Mejran, juge d'Aix. En i555, Alexis Gaufridi, [étaire de l'arrosage des eaux , accjuit toute la source ainsi des droits cédés par les observantins , à {et de Lalande. Le 7 octobre 1627 , notaire Isoard , d'Aix acquit de Joseph Gaufridi , la source du

\\) Sidc^^ Apollinaire.

(a) M. lV. m. Robert, Essai hist, et tnêd, sur les eaux thevtnales (VAù ^ (3) De Hflize, Hist, de la ville d'Aix ^ ms.

couvent , pour y construire des bains ; mais les désordres publics empêchèrent Texécution de ce projet.

La source des Bagniers qu*on croit avoir été une des plus fréquentées par les romains , avait perdu une grande partie de ses vertus , en i6a8. Elle n'était guère employée alors que pour la boisson. Elle finit même par tarir , à

la suite d'une grande sécheresse. Pour la rétablir , on fut

obligé en i685 de creuser des aqueducs plus profonds. Mais quelques années après , elle tarit de nouveau , et devint un simple puits. Cette même source servit enfin à alimenter la fontaine d*eau chaude qui orne aujourd'hui le Cours.

La source de l'observance tarit à son tour , à la suite d'une autre sécheresse. On rabaissa aussi le niveau de Faquéduc , et la source baissant toujours disparut entièrement. En 1 704» en creusant les fondemens d'une maison près de l'ancien lavoir , on vit jaillir, tout à coup , une source d'eau chaude. En même temps l'eau des puits voisins baissa considérablement. Cette découverte fit beaucoup de bruit , surtout lorsqu'on sut qu'un religieux avait recouvré la vue par le secours des eaux nouvellement trouvées. L'administration s'occupa alors des mo;yens d'établir une maison de bains. On en jeta les fondemens sur une ancienne bâtisse romaine. L'édifice fut terminé en 1705. On remarqua que dans les derniers mois de la saison des bains, plus de mille personnes avaient fait usage des eaux. Un procès intenté en 1 706 priva pendant vingt-quatre ans , le public , de leur usage. A k fin il fut décidé que la source appartenait à la ville.

En Tan 5 ( 1797), le directoire exécutif comprît les eaux thermales d'Aix , parmi celles qui pouvaient être utiles aux défenseurs de la patrie , pour les 7.""® , 8."*® et 9."** divisions militaires. La bonté de ces eaux , attestée par un grand nombre de personnes illustres qui en avaient fait un salutaire usage, engagea le ministre de l'intérieur

( i45 ) à y porter une attention particulière. D*après un rapport fait au nom du conseil de santé des armées et de l'école de médecine de Paris , S. £. , par arrêté du 2g vendémiaire an 12, attacha un médecin inspecteur à la maison des bains. Enfin, en 1802 et i8o3 , M. Sallier, maire d'Aix, fit ajouter à cet établissement , un jardin et une fontaine à trois tuyaux , dont un d'eau fi*oide et deux d'eau chaude. L'analyse de nos eaux chaudes a été faite par M. le médecin Robert (i). Il en résulte que 25 livres d'eau

(t) Essai historiqus et médical sur les eaux thermales d'Aix , etc. Ce n'est pas le seul ouvrage qui parle de la bonté de nos eanx thermales.

Oatre Strabon , Pline le naturaliste et Solin qui en ont parlé dans leurs ouvrages , voici les traités spécialement composés sur cette matière :

Traité sur les bains d'Ail , par Guilhem Boyer qui vivait en i355 , sous le roi Robert.

Des bains d'Aix et des mojrens de les remettre , par Antoine Mérindol. Aix , Courraud , imprimeur de ladite ville , 1600.

Traité des bains de la ville d^Aix , en Provence et la manière d'en user, par le sieur de Gastelmond , médecin espargiriquc , Aix, .Jean Tholosan, 1600.

Apologie pour les bains d^Aix , par M, Antoine Mérindol , doc . 'en médecine , contre le sieur Caslclmond , chimiste. Aix , J. Tholosan , 1600.

Les eaux chaudes de la ville d'Aix , et de leur vertu , par J. S. « Fitton , doct. en médecine, Aix , Charles David , 1678.

Histoire naturelle des eaux chaudes d'Aix , etc. , par M.» Honoré Maria Lauthier, Aix, Charles et Joseph David, 1705.

Traité des eaux minérales d'Aix en Provence , par Louis Arnaud, Avignon i^oS.

Lettre à MM»,,, , sur une source d'eau chaude et minérale d'Aix, découverte en 1704, réimprimée dans les mémoires de Trévoux, 1704 , novembre , page 200S , et dans le Mercure de France , «Bars 1705.

thermale , dont la température est à 28 degrés , contiennent :

18 grains de carbonate de magnésie.

12 grains de carbonate de chaux.

7 grains de sulfate calcaire composés.

Auxquels il faut joindre la très -petite quantité de gélatine ( matière animale ) , et le gas oxygène qui s'y trouve condensé , ainsi que dans les eaux communes.

Ces eaux sont vulnéraires , purgatives et toniques. On s'en sert en boisson , en bains , en douches ascendante et descendante 9 en étuve et en injection.

Une chose digne de remarque, c*est que ces eaux acquièrent leur chaleur dans Tespace de mille pas géométriques; c*est-à-dire , depuis la pyramide de Barret , située au vallon de la Torse qui est le point d*où part la source, jusqu'à la maison des bains.

On montre aux eaux thermales, les restes d'un bas-relief antique qui représentait un Phallus , placé sur un autel , avec les lettres I. H. C. Ces trois lettres ont été le sujet de beaucoup d'explications, entre autres de celles-ci : In hortorum custodiam, — Jucundo hortorum cust^di, — Impensis hujus coloniœ, — Is hortorum custos.

Deux tombeaux du moyen âge , servant de bassins à une fontaine. Il est fâcheux qu'on les ait employés à un pareil usage. Le séjour de l'eau sur la pierre a déjà endommagé , et finira par détruire leurs sculptures.

Un de ces sarcophages représente le passage de la mer rouge. Il est décrit et gravé dans le voyage de Millin.

La fontaine publique des eaux de Sextius a été cons-

Analyse des eaux minérales de la wille d^Aix , en Trowence , par Antoine-Aucane Eméric , Avignon, i'-o5.

Rcckerches sur les eaux d'Aix , Bouches^dn-.Rhône ,VaT II.^Davin dans le recueil des mémoires , etc. , de la société des amis des sciences, etc., d'AixiSuj, p. 139.

Iriiite sous la mairie de M. Destienne Dubourguet Elle fiit terminée en 1824*

CAS£RN£ S.*- JEAN, au faubourg S.Wean.

Elle fut b&tie en 1 750 , sur une vaste esplanade. On y trouve tout ce qui peut contribuer à entretenir la propreté parmi les troupes. Les sculptures qui sont sur la porte d'entrée méritent d'être vues.

CASERNE S.*-LOUlS, au cours S.^-Louis.

Ce beau et vaste b&timent fut construit au commencement du dernier siècle , sur les plans du maréchal de Yauban et aux frais d'Antoine de Trets , conseiller au parlement, lequel avait légué la somme de 40O9O00 fr. aux hospices d'Aix. Il servit iT Hospice de la charité , pour les enfans des deux sexes , jusqu'aux premiers événemens de la révolution. Pendant les guerres d'Italie, il devint hôpital militaire; on y recevait une partie des blessés français qu'on évacuait sur Aix. A la cessation des guerres d'Italie , l'édifice fut rendu à son ancienne destination, et les en&ns de la charité en reprirent possession. Cela dura jusqa*en 18 10, époque de la création des dépôts de mendicité. Cet édifice fut désigné, pour êti*e le dépôt des mendians du département. On fit, en conséquence au local, les changemens que nécessitait cette sorte d'établissement, tels que constructions d'ateliers , de moulins , etc. Ce fut à cette époque que l'on joignit par un corps de bâtiment , les deux façades qui finissaient vers l'église où elles laissaient un enfoncement. Le dépôt de mendicité fut mis en activité le i.^^ février 181 1 , et'put recevoir 400 mendians. Les restaurations et le mobilier avaient coûté 246,000 (i).

Il) De Vextiihciion de la mendicité en France , au profit des pauvres et de Vital , par J. Laforest , anc. cap. d'infanterie , directeur général du dépôt de mendicité du département des BoucKesdii-Rhôno , pag. 39.

L«s enfans de la charité furent ti*ansférés de nouveau dam le local du Refuge où ils sont encore , et le dépôt dt mendicité subsista jusqu'en 1819. Les jésuites, dits Pèrex de la foi ^ prirent possession de ce lieu en 1821, et le transformèrent en petit séminaire. Ils y demeurèrent jusqu'en 1828, et en i83i ce local est devenu caserne.

THÉÂTRE ^ à la rue de V Opéra.

Il fut construit en lySy. Il y a trois rangs de iogefl dont la disposition ofire l'avantage de voir la scène de quelque endroit que l'on soit placé.

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