‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 39 sur 72 · MARIE · texte numérisé non relu

MARIE

MATEB. vraGlS. JSNA. tiLOlSA. VENARATUR. IH PnTI. CAPPELLA. NOBLIS. VfR» VRBAÏfVS. ATGOSII EXPOSVIT. HIC. GVLME. AMORIS. HORV. PATRU. PETIT SVFFAGIA, SEPER. EE. SIBI. PROPRICIA. ANNO. DWT. M.® CCCC.™® LXX."*® PnTIS. CALA. P. DEl. QRAM. COPLETVR. JANVARII, XXVIII.

(i)J. Se. Pilton. Annales de la Sainte l£glise(VAix ^ p. 22 etsufy.

( «65 ) Il a été transporté dans l'ëglise de Saint-Sauveur par les soins de MM. de Bausset-Roquefort, archevêque d'Aîx, et de Villeneuve , alors préfet de ce département. Il serait à désirer pour Tentière inteUigence de cette inscription qu'on en plaçât une seconde , explicative de la translation du monument.

La chapelle des âmes du purgatoire renferme le tombeau d'Olwier Pénard , archevêque d*Aîx , mort en 1484 > on y lit cette épitaphe :

Hic quiescit memoria coledii®. dns. Olîvcriu* de Penart^ nacio®. cenoman. istius metropolis dignissim. archipresul domor. Archiepiscopaliu. mirifi. cstrut**' ac iurîus quorumcumq. ampliator et deffensor, qui hanc ecclesiam tanquam unicam ejus sponsam ad Dei omnipotentis laudem etVirginis Marie ejusgenitrix honorem heredem instituendo pciosis. iocalibus insignivit presentemq. Capellam suo sumptu vita sibi comité ediffîcatam opulenti distributione dotavit consecrat. iiii idus novembris millo. cccc. ix.^ obiit octuajgesimo quarto v*^ kl Februarii.

On a placé sur ce tombeau une statue équestre de Saint- Martin laqueUe ornait anciennement la chapelle de Jean- Martin 9 dont nous parlerons bientôt ; mais on a commis une faute. Les sculptures placées sur les tombeaux doivent ou représenter le personnage , ou un sujet allégorique qui lui soit applicable ; dès lors , on sent combien figure mal ici cette statue. Ces réflexions avaient échappé à ceux qui étaient chargés de ce soin. Nous ajoutons qu'il est indispensable de réparer au plutôt cette inconvenance , pour se soustraire à une juste critique. Si Ton est embarrassé sur le choix du lieu propre à recevoir cette statue , nous indiquerons l'extrémité de la grande nef, à côté de la porte d'entrée.

Au fond de cette nef, est l'autel consacré à N. D. d'Espéranee , dont le rétable représente d'un côté , les consuls d'Aix qui offrent les' clefs de la Ville à la Sainte-

Vierge, et de l'autre Bonacursius, ëvéqfue de Trîcarlque, frappé' d'apoplexi^ , au moment où îl célèbre la meâse, et se recommandant à la mère de Dieu. Ce prélat mourut en i525. Son épitaphe est au Premier pilier, devant le grand autel.

CHAPELLE DE L'ARCHEVÊCHÉ. La chapelle de rarchevéchë est ornée d*un bas-relief en pierre transparante , qui figure le Christ mort sur les genoux de la Vierge. Il avait été donné aux pénitens blancs de l'Observance , par le chevalier d'Angouléme , mort à Aix , en i586.

Avant la ré\^olution , on voyait au palais ai*chiépiscopal , les portraits des archevêques d'Aix. Us ont été lacérés en partie. Ce qui échappa à la destruction est maintenant tlispersé dans les diverses salles de Farchevèché et dans là sacristie dé Saint-Sauveur. Ces portraits réunis et classés offriraient encore de l'intérêt, surtout si l'on fesait repeindre ceux qui manquent , sur d'autres portraits ressemblans , ou d'après les monumens. Le rétablissement de cette collection serait digne du zèle , de la piété et des lumières qui distinguent M. Raillon , notre prélat (i).

SAINT-JEROME. Cette église a remplacé une maison hospitalière fondée pour Tordre du S.*-Esprit, dans le onzième siècle.

Les consub de la ville en posèrentla première pierre en 1706.

(1) Malgré les lacunes qui existent depuis le S.n» siècle environ » jusqu'au 8.»», et depuis Protasius, jusqu'en 85o , on compte à Aix quatre-vingt-quatre prélats , parmi lesquels on trouve deux saints » huit cardinaux et des savans.

( "65 ) £lie possède l'orgue qui était dans Téglise des Grands- Carmes , qui a 24 jeux d'une grande douceur et 2 claviers. Le jeu de voix humaine est excellent. Les principaux tableaux qui décorent cette église , sont :

Un Christ en croix , placé vis-à-vis la chaire. Ce tableau fait beaucoup d'honneur à Dandré^Bardon,

La Présentation de la Vierge , par Marrot , tableau agréablement peint, et dont Louis XYIIl a fait don à la >iile en 1821., sur l'indication de IVI. de Forbin.

Vis-à-vis est une Pentecôte , par Daret , et quatre tableaux anciens d'une petite dimension , enchâssés dans celui de la Pentecôte.

Sur l'ouverture de la chapelle qui termine cette nef , on voit une Assomption de la Vierge et les apôtres , dont chaque tète est le portrait d'un des douze premiers membres du parlement , en iSoi.

L'autel de cette église est orné de quatre colonnes en marbre du pays , appelé brèche 4*Alcp , sur lesquelles sont jetées de larges draperies. Cet autel est fait dans des proportions trop grandes pour le vaisseau^

SAINTE - MARIE - MADELEINE. C'était l'église des frères Prêcheurs établis à Aix depuis 1226.

Elle avait été bâtie en lyoS , à la place de l'ancienne église du couvent, dont on a conservé cependant quelques chapelles. Cette église fut érigée en cure par ordonnance du 5 août iÔ25. Elle est remarquable par sa beauté. Elle a 18B pieds de longueur. Son orgue; a été fait par F. Isnard, religieux dominicain. C'est un ^^iz^ pieds bouché. Il a un positifs un grand clavier , un clavier de grand orgue ^ et un de récit ^ dont les dessus seulement résonnent. Il est composé de 4^ jeux, dans lesquds se trouve un bon cromorne.

Parmi les objets qui enrichissent ce beau temple, l'orv distingue :

Le Baptême de J. C. , tableau de Fitisonlus , placé aux fonts-baptismaux.

Saint Marc évangeliste , peint par Dandré^Bardon ,

Notre-Dame du Rosaire, par Daret,

L'autel d« la Vierge est orné de fort jolies sculptures. On y voit une statue de Marie ( c'est une Annonciation, y Cet excellent morceau est de Chastel.

La nef de Saint-Joseph offre aussi' aux connaisseurs , de bonnes peintures , savoir :

Saint Elzéard et Sainte Delphine.

L'Annonciation , par Je an- Baptiste Vanloo.

Jésus sur des nuages , à qui un ange présente les ins^ trumens de la passion , ex voio , par C. Vanloo,

La chapelle de N. D. de grâce renferme une statue de la Sainte-Vierge , que l'on dit être du treizième siècle et avoir été donnée aux pères Cordeliers de cette ville , par saint Bonaventure. Elle est en grande vénération. Dans les calamités publiques , et surtout dans les temps de sécheresse, le clergé la porte processionnellement (i).

Dans une des chapelles de l'ancienne église , qu'on a laissé subsister , on voyait l'épitaphe suivante , la première qui ait été faite à Aix , en vers français :

Ici gist en bon renom Le noble René Matheron Jadis Seigneur de Peinier Que la mort prit et fit finier Bon citoyen le tenait-on Aussi vrai patriote bon

(i) Notice sur la dévotion à N, D. de grâce ^

Veuillez Dieu pour lui prier Qu'#n paix puisse requiescer Amen.

i552 du 3 février.

On voit vers la coupole et sur une statue de la Madeleine , un tableau donné par Louis xviii en 1821. Il est de G\ de Crayer , et représente le martyre d'un saint.

La Madeleine lavant les pieds à N. S., par Serre.

La Visitation de la Vierge. On peut regarder ce magnifique tableau , comme un des pHis beaux de Levieux.

Saint Louis à genoux sur des nuages , par f^ien. Un ange présente au Saint la palme du martyre. Ce tableau est plein de mérite. L'ange qui tient la palme est d'une légèreré admirable.

Nativité , par Mignard.

Salvator de Horta , religieux recûllet , guérissant des malades , par Daret.

On voit à la sacristie , un tableau gothique d'une composition extraordinaire. Il représente l'Annonciation. La scène se passe dans une église. L'ange couvert d'une chape rouge qui donne par deux ouvertures , passage aux ailes , salue respectueusement Marie couverte aussi d'une longue chape jaune. Le Père éternel est au haut dans une tribune , et de ses lèvres part un rayon de lumière qui va aboutir aux oreilles de Marie et dans- lequel se voit un fœtus.

SAINT-JEAN. L'église Saint-Jean, une des plus anciennes commanderies de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ^ fut construite en 1 23 1 , par Raymond- Bérenger iv , et consacrée en 1 25 1 , par Pierre , évAque d'AIbano.

Le clocher fut élevé au commencement du treizième siècle , aux frais d'un commandeur nommé Monachi. Il a 192 pieds d'élévation. ^

On voit contre les piliers de cette église , des bustes de pierre et sur la petite porte extérieure un bas- relief représentant la décolation de Saint Jean-Baptiste. Ces morceaux sont de Veirier.

Dans les diverses chapelles de cette église sont plusieut^ bons tableaux \ en voici les principaux :

La Femme adultère.

La Résurrection de N. S.

Le Jugement de Salomon, par FinsorUus,

Un Christ en croix.

La Nativité de N. S. , par Levieux.

Saint François , par Finsonius,

On y voit le tombeau de Jean-Claude Viany prieur de cette église, avec une inscription composée par de Haitze, son ami.

A c6té est une inscription gothique , ainsi conçue :

DOMINUS FRATER DrAGONETUS DE ^

MONTE DrAGOME PRIOR IION

ORABILIS SANGTI EGIDII ET VICE

Page 1