‹ Aix ancien et moderne, ou Description des édifices sacrés et profanes ... d'Aix; précédée d'unChapitre 65 sur 72 · HOC SATIS ILICET OPTIME LECTOR · texte numérisé non relu

HOC SATIS ILICET OPTIME LECTOR

FYIIBSTASQVE S0R0RE5 NEC QVID NOVI

FEGISSE PVTA.

CLAROS CLARA DEGEXfT.

nif.

€On[SIDÉRATIOXS

Sur Vétat actuel de la ville d^Aix y sur les causes qui le produisent ^ et moyens à prendre pour donner a cette ville y le degré de prospérité dont elle est susceptible.

Ainsi qu'on a pu le remarquer , le nombre des habitans d*Aix a considérablament diminué depuis la révolution. Le voyageur est frappé d*étonnement en parcourant une ville agréablement située et bien bâtie , de n'y point trouver une population proportionnée à son étendue. Il en visite les rues , les monumens et les hôtels , comme il visiterait de belles ruines. Il ne voit qu'une vaste solitude qui imprime à son âme un sentiment pénible auquel il cherche à se soustraire , en quittant au plutôt cette ville déserte. Telle est généralement l'impression que produit sur les étrangers , le séjour de la , ville d'Aix.

Il est facile de trouver la cause de cette diminution continuelle qu'éprpuve notre population. La noblesse de Provence qui .presque toute résidait à Aix , le parlement , la coui' des comptes , un clergé riche et nombreux et les gouverneurs de la province, en répandant l'aisance dans les différentes classes de la société, retenaient des ouvriers de plusieurs professions , mais principalement de celles de luxe, presque tous pères de famille et chefs d'ateliers. Les grands corps, les éminentes dignités qui utilisaient tant d'industries diverses , ont été pour la plupart détruits sans retour. Leur chdte a entramé la ruine des chefs

d'ateliers » etc., qui exerçaient les arts de luxe. Dès lors, pour trouver des moyens d'existence, ces nombreux ouvriers ont été obligés de porter ailleurs leur industrie. De pareilles pertes furent funestes, sans doute. Elles étaient bien faites pour porter dans le cœur des bons citoyens , une douleur profonde. Mais toute juste qu'elle était, cette douleur eût dû avoir un terme. Malheureusement il n'en a rien été.

Depuis cette fatale époque, la haute classe qtii seule pouvait donner aux idées des habitans , une impulsion nouvelle et généreuse , la haute cL.sse , disons-nous , bravant la marche du siècle, à quelques exceptions près, est restée à la même place , ne vivant que d'anciens souvenirs. Inutilement donnera-t-on toujours des regrets à ce brillant passé. Les regrets superflus aggravent la situation présente. Loin de porter des regards attristés sur un temps qui s*éloigne sans cesse, il serait plus sage d'envisager le présent , de le comprendre , de l'adopter et de s'efforcer à retenir ceux des habitans qui» obligés de chercher ailleurs leur existence, vont annuellement grossir les populations voisines.

Tandis que la ville d'Aix est demeurée stationnaire , Marseille et Avignon , au contraire , suivirent la marche du siècle. Favorisées par la navigation , elles ont agrandi le cercle de leurs relations commerciales. Elles se sont livrées avec ardeur à tous les genres d'industrie, et sont parvenues à un état de prospérité inaperçu aux seuls habitans de l'ancienne capitale de la Provence. Arles, momentanément condamné à une obscurité mal* heureuse, a trouvé dans les ruines de son passé , de belles espérances pour son avenir, et la civilisation moderne lui rend déjà une partie de cette prospérité que la politique centrale lui avait enlevée.

Par le défaut de navigation et de débouché, on ne

( 255 ) pourrait employer à la rëgënératiop de la ville d'Aix , les mojens qui ont servi à l'égard de Marseille et d'Avignon, et qu'on emploira un jour pour Ailles. Mais en revanche, d'autres ressources s'offrent d'elles-mêmes , sans nuire aux cites voisines.

Il faudrait d'abord rendre Aîx , un lieu essentiellement consacré à l'instruction. Par sa position à l'égard des villes qui l'entourent et le goût de ses habitans pour les sciences et les arts, celte ville semblerait réclamer ce genre de destination.

La place qu'Aix occupe étant la plus centrale du département, exigerait aussi qu'il en devint le chef-lieu. Nous croyons inutile de faire ressortir ici l'avantage qu'offrent ces sortes de positions , soit pour l'exercice d'une surveillance plus facile , soit pour la transmission des ordres. Cet avantage est trop incontestable, pour qu'il soit nécessaire de le prouver. Nous ajoutons seulement que d'après ce principe , Aix avait toujours été chef-lieu d'administration. Depuis la création des gom*vemeurs de province , il servait de résidence à ceux de la Provence, et ensuite à l'administration départementale qui les avait remplacé. La préfecture qui , à son tour, remplaça l'administration du département , ne fut point établie à Marseille , par rabon de localité $ mais pour procurer à Charles de la Croix , premier préfet, une résidence plus agréable. Une aussi faible considération devrait , ce nous semble , disparaître devant les motifs que nous avons déduits , surtout lorsque le transfert ne serait point nuisible à Marseille , qui ne doit sa prospérité qu'à l'importance de ' son commerce.

Des améliorations d'une autre espèce appellent encore notre attention. A la vérité elles n'offrent pas, isolément, un grand degré d'importance. Mais réunies, elles concourraient puissamment à sauver cette ville du déplorable sort qui semble lui être réservé. Les voici :

I.® Joindre à la faculté de droit, celles de médecine et des arts.

Page 1