INCENDIES — SIÈGE
objets, qui ont constamment servi depuis au sacre des Empereurs d’Allemagne, étaient confiés â la garde de la ville d’ Aix-la-Chapelle, qui à chaque sacre, nommait une députation chargée déporter les insignes de l’Empire au lieu du couronnement.
Aix, privée de son puissant protecteur, après la mort de Charles, fut désolée par différentes guerres, et surtout par l’invasion des Normands en 891 , et ce ne fut qu’en 936, sous le règne de Otto , qu’elle commença à reprendre son ancienne prospérité.
Voici un aperçu rapide des princiiDaux événements que nous oUfe l’histoire de la ville d’Aix-la-Chapelle. Le 1 août 1224, un incendie épouvantable éclata dans cette ville: le palais et la cathédrale furent considérablement endommagés : les magnifiques hôtels des Princes et grands de l’Empire, ainsi que la majeure partie de la ville furent réduits en cendres. En 1236, un nouvel incendie consomma le palais impérial, et presque tout le centre de la ville.
En 1247, Aix-la-Chapelle fut assiégée par l’Empereur Guillaume Comte de Hollande: ce siège fut long, et les bourgeois d’Aix se couvrirent de gloire par la résistance qu’ils firent : Guillaume, désespérant d’enlever la ville de vive force, fit élever une digue de 40 pieds de hauteur, dont l’effet fut tel, que les eaux
10 ANNALES d’aIX- LA- CHAPELLE
arrêtées par cette digue refluèrent vers la ville qui fut tellement inondée que les habitans ne purent entretenir de communication entre eux qu’au moyen de batelets et radeaux : enfin une capitulation honorable ouvrit les portes de la ville à Guillaume qui y fit son entrée le 31 octobre 1248.
Fn 1277 une guerre de courte durée éclata entre Aix et Guillaume Comte de Juliers : le 16 mars Guillaume et ses 3 fils, à la tête de 468 cavaliers, pénétrèrent dans la ville aidés par des traîtres, mais arrivés sur la grande place, ils furent assaillis par les bourgeois, qui à la première nouvelle de cette trahison , avaient courru aux armes: la mêlée fut sanglante, et pas un des cavaliers ne survécut : le Comte et ses trois fils furent arrêtés dans leur fuite, et tués dans la rue St. Jacques, l’obscurité de la nuit ayant empêché de les reconnaître.
Les Ducs de Brabant et de Limbourg , unirent leurs armes pour venger la mort du Comte Guillaume, leur beau frère, mais ils éprouvèrent une telle résistance, qu’ils furent obligés de se retirer: ils se jettèrent alors sur le plat pays, dévastèrent les terres, pillèrent et brûlèrent les villages , et firent un désert de toute la contrée.
Ce ne fut qu’en 1280 que cette malheureuse affaire
fut arrangée par un traité signé à Schoenau, château situé ])rès de la ville et appartenant maintenant à Mr. de Broich: la ville s’engagea à payer à la veuve du Comte de Juliers une somme de 15,000 marcs, et à fonder quatre autels expiatoires, l’un dans l’église du couvent des Dames blanches, le second dans celle de l’abbaye de Botcette, et les deux autres dans l’église de Nideggen , oii le Comte et ses fils avaient été enterrés. Cependant l’agent impérial protesta contre cet arrangement; il exigeait du sang en réparation du sang répandu , et voyant qu’on n’avait nul égard à sa demande il perça de son épée le Bourguemaître d’Aix, au milieu de l’église; l’assassin parvint, au milieu du tumulte, à s’échapper.
Au reste ces autels ne furent pas érigés, et en 1346, la ville fut délivrée de ses engagements en payant 40 florins de Florence au commandeur de Nideggen, et 15 à l’abbesse de Borcette.
La peste qui en 1 350 ravagea une partie de l’Europe, se fit également sentir à Aix : la superstition, et peutêtre aussi la cupidité, accusa les juifs d’avoir importé ce fléau en empoisonnant les fontaines , et en empestant l’air. Ces malheureux, victimes d’une horrible superstition, souffrirent la plus cruelle persécution, et le nombre de ceux qui furent mis à mort avec une