SUITE DES ANNALES
barbarie atroce fut si grand , qu’il paraît qu’on avait conçu le projet d’exterminer entièrement cette nation. La voix du Pape Clémens VI ^ qui déclara que la peste était un châtiment infligé par Dieu, ne fut même pas écoutée.
En 1356, l’Empereur Charles IV confirma par sa bulle d’or le droit qu’avait Aix d’être la ville du couronnement, et il érigea le banc des échevins de cette ville en tribunal d’appel au quel on accourait d’un grand nombre de villes , même de Nimègue en Hollande. Cette dernière ville reconnaissait le banc des échevins d’Aix comme cour suprême. Ce même Empereur donna 1357 aux bourgeois l’autorisation d’entourer leur ville de murailles et de fossés , comme étant une résidence royale.
Le 9 avril 1486, Maximilien 1, fut couronné Empereur à Aix, et des fêtes extraordinaires eurent lieu à l’occasion de se couronnement : on cite une anecdote assez plaisante de ces fêtes. Les juifs offrirent au Monarque nouvellement couronné une corbeille remplie d’oeufs d’or pur ; Maximilien ordonna de mettre les porteurs de cette précieuse corbeille en lieu de sûreté, en recommandant de les bien traiter. Les juifs effrayés de cette réception présentèrent une humble supplique à Maximilien , qui leur fit répondre , qu’on ne saurait
garder avec trop de soin des poules qui pondent des oeufs aussi précieux. Le Monarque après s’être amusé quelque temps avec sa cour des terreurs des Israélites, leur rendit la liberté.
En 1576 la peste se déclara à Aix-la-Chapelle, et y fit jusqu’en 1579 de tels ravages que les cimetières ne suffirent plus à l’ensevelissement des morts: celui de la cathédrale (Milnster-^Kirclihof) ne fut bientôt plus qu’une vaste fosse, où les cadavres, entourés de paille, faute de bières, furent entassés en telle quantité, que le sol en fut rehaussé de 4 à 5 pieds: du 23 juin au 8 octobre le corps municipal fut completté quatre fois. A ce fléau se joignit celui de la guerre : en 1582 la ville d’Aix fut si étroitement bloquée qu’il était impossible d’y entrer ou d’en sortir : les bourgeois, réduits au désespoir firent une sortie : ils attaquèrent le château de Kalkofen où était cantonné un corps de cavalerie qui avait causé le plus de dommage à la ville: le château emporté d’assaut, tous les cavaliers, un seul excepté, furent tués; les commandants des troupes ennemies, intimidés par cet acte de vigueur des bourgeois d’Aix, retirèrent les troupes qui occupaient les châteaux de Susteren , de Grundhaus etc. La dernière moitié du 16"^® siècle est attristée, par les conflicts funestes entre les habitans