‹ Aix-la-Chapelle, Borcette et Spa. Manuel à l'usage des baigneursChapitre 53 sur 59 · NOTICES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

NOTICES HISTORIQUES

ce métal. On y trouve aussi un grand nombre de sources ferrugineuses qui ont une analogie frappante avec celles de Spa.

Quelques stériles que soient ces montagnes, elles olirent cependant de beaux paysages ; des rochers , des massifs d’arbres , des torrents qui se précipitent des hauteurs, des ruisseaux au cours paisible à travers les prairies, de vieux châteaux en ruines, d’humbles et paisibles cabanes, varient le tableau par leurs contrastes. L’air y est pur , et le climat sain , quoique l’atmosphère , comme dans toutes les montagnes, y soit sujette à de subites variations.

Deux routes principales conduisent à Spa : l’une venant d’Aix-la-Chapelle , et l’autre de Liège ; elles sont, l’une et l’autre, parfaitement entretenues. On préférera aprésent d’aller d’Aix ou de Liège par le che- i min de fer jusqu’à Pepinster, où l’on trouve des voi- | tures, qui mènent àSpaàun prix extrêmement modéré. '

En sortant de Tneux , à 2 lieues et de Spa, ou i passe devant une roche escarpée et presqu’isolée , qui i domine la ville : c’est sur cette roche qu’est situé | l’antique château de Franchimont, qui avec les hau- j teurs qui l’avoisinent, forme un beau coup-d’oeil. Ce château paraît être placé là , pour défendre l’entrée d’un ; défilé profond et sinueux que longe la grande route.

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Ce défilé est intéressant par ses beautés romantiques : ce sont des roches , des pans escarpés de montagnes couronnés d’arbres, enfin d’étroites petites vallées, dont le vers tapis est arrosé par un ruisseau qui vient de Spa, qu’on nedécouvrequ’un quart d’heureavant d’y arriver.

Spa est au 50® 30' de latitude , au pied d’une montagne escarpée qui le protège contre le vent du nord. Deux masses saillantes de cette montagne forment un ampbithéâire dans lequel une partie considérable de la ville est bâtie. Des jardins en terrasses, des bosquets, et à l’extïêmité de la roche, une belle allée, connue sous le nom de promenade de sept heures , se déployent agréablement à l’œil. Vers le sud s’élève une autre montagne moins escarpée, dont la crête large et en demilune forme un bassin spacieux dans lequel est la ville. On prétend que cette crête est le point le plus élevé de$ Ardennes : il a 1,200 pieds de hauteur audessus de Spa, qu’on croit être à 1,000 pieds audessus du niveau de la mer. Les revers de cette montagne, en partie cultivée, sont, dans ses autres parties, couverts de bois et de rochers.

Le vieux bourg de Spa est à quelque distance de la ville. La source principale, nommée le Pouhon, a occasionné la construction de la nouvelle ville, et c’est de cette source que partent les quatre principales rues.

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Spa est, en général, fort bien bâti : de beaux et grands hôtels offrent aux étrangers tout ce qu’ils peuvent désirer. Presque chaque maison a son enseigne, et prend le nom d’hôtel , les habitans étant dans l’usage de louer en garni pendant la saison des eaux : presque toutes sont élégamment meublées.

La population actuelle est peu nombreuse, et nullement en proportion avec la grandeur de la ville, dont une partie des maisons est inhabitée pendant l’hiver, mais dans la saison des eaux , c. a. d. depuis le commencement de mai, jusqu’à la fin de septembre, l’affluence des étrangers est telle, qu’on a souvent de la | peine à se loger.

La révolution française a été funeste à Spa : les étrangers ont disparu pendant les longues guerres, qui ont suivi cette révolution; les sources étaient abandonnées et solitaires, et l’aisance des habitans diminuait annuellement. Les belles et nombreuses fabriques de boetes et de fer blanc vernissé dépérissaient, et pour mettre le comble à cette calamité, un incendie fit en 1807, un monceau de cendre d’une partie de la ville Mais la paix a ramené de plus beaux jours, et les anciennes plaies commencement à se cicatriser. De nouvelles maisons se sont élevées sur les anciens fondements; les étrangers trouvent à s’y loger, et y reviennent en foule. Il est

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certain que le séjour de Spa, pendant la saison des eaux, ofiVe de grands agrémens. Les environs sont beaux, les bals, les concerts, le speclacle, les parties de campagne se suivent sans interruption, et d’ailleurs chacun y peut vivre à sa fantaisie, et peut se dérober à la société si elle ne lui convient pas. C’était ce qui attirait à Spa le célèbre Alfieri : — » Ce lieu, disait-il, laisse toujours » en moi certains regrets, et le désir d’y passer des jours )) débarassés de tout soin, le coeur entièrement libre^ )ï car la vie qu’on y mène s’accommode ep tout avec » mon humeui ; elle est calme ou bruyante autant qu’on » le veut. On peut y être au milieu d’essaims tumul- » tueux , sans avoir à s’y plaindre de manque d’égards, » et sans crainte d’y être l’objet d’une curiosité impor- M tune : rien de plus attrayant pour ceux qui vont à )» Spa , soit pour leur santé, soit pour s’y amuser, m

Toutes les sources minérales de Spa, celle du Pouhon exceptée, sont à une certaine distance de la ville, et dans des sites agréables, où les buveurs jouissent du double avantage d’un bon air, et de faire un exercice salutaire.

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