‹ Alain ChartierChapitre 15 sur 30 · DE LA HAINE DE LA GUERRE ET DU CONSEIL DE PAIX · texte numérisé non relu

DE LA HAINE DE LA GUERRE ET DU CONSEIL DE PAIX

Après l'Université, Alain Chartier s'adresse aux princes français et au roi Charles VII luimême, dont il souhaite le triomphe. Dans la personne du roi de France s'incarne l'idée de l'indépendance nationale s'élevant au-dessus des ruines causées par le désordre et l'usurpation. Les premiers mots de cette épître rappellent l'exorde de la première catilinaire.

« Jusques à quand invincibles princes français, et vous peuples écrasés par de longs désordres, jusques à quand prolongerez-vous les guerres civiles ? »

Après avoir rappelé les suites funestes de la désastreuse journée d'Azincourt, Alain Chartier reproche aux princes d'entretenir les dissensions. Il montre que la nation punie par Dieu, frappée du gantelet de fer de Henri d'Angleterre, ne se relèvera que par le secours divin qu'il faut

savoir mériter. La guerre civile continuée mène à l'épuisement des forces matérielles et à une irrémédiable décadence morale. La paix intérieure doit précéder la paix avec l'étranger, elle doit avoir pour base : l'amour du bien public, l'oubli des passions qui aveuglent Tentendement. Avec un généreux pardon naîtra l'ordre, qu'établira le gouvernement du souverain légitime.

N'est-ce pas merveilleux de rencontrer une pareille autorité, une telle élévation d'esprit, un sens politique aussi droit dans un esprit vivant au sein même des dissensions de la Cour. « La misère attend le peuple comme un châtiment légitime s'il se laisse entraîner au gré des révolutions et des tyrannies terrestres ».

Paris est déjà considéré, par Alain Chartier, malgré l'importance et l'autonomie des duchés de Bretagne, de Bourgogne, de Guyenne et Gascogne, comm.e devant être la gloire et la tête du royaume. C'était à Paris que s'étaient manifestés dans l'étendue de leurs atrocités, les crimes de la guerre civile, les fureurs sanguinaires des Cabochienset desEscorcheurs, c'est à Paris qu'il s'adresse pour que la grande ville donne l'exemple. « Ne va pas, lui dit-il, te prostituer à un maître étranger. Ne te fais pas appeler dans l'avenir la cité criminelle, toi qu'on voulait jadis

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