‹ Alain ChartierChapitre 13 sur 19 · NE III · texte numérisé non relu

NE III

Sa pour de trop savoir se trahissait, mêlée Au désir d'épeler le beau livre entrouvert ; Et je tremblais d'oser, comme aux matins d'hiver On hésite à fouler la neige immaculée!

Conduire une âme neuve à l'éternel vainqueur. Peut on imaginer plus adorable chose?

Le rossignol entend ce que chante la rose. Er moi, je m'enivrais du trouble de son cœur! Saurait il, son Dauphin, ce prince tout de bronze,

- Fasse Dieu qu'il soii bon s'il devient Louis Onze, — Près d'un être naïf et qu'il faudrait charmer,

Trouver les mots profonds et doux qui tout aimer.'

Sait il le premier vers de L'immortel poème? Je suis, moi. l'ouvrier qui défriche et qui sème

I a terre, vierge encore, où le grain doit germer,

Ht qui passe' Bientôt Une moisson superbe Montera du sillon dans la gloire du jour: — Quand ers ouvriers là sont des semeurs de verbe, Pans l'âme qui s'ignore ils font germer l'amour!

II faut à toute chose un rayon pour éclore, Et rien ne saurait vivre à l'ombre d'un palais. 11 lait froid, il lait noir ici, l'air est mauvais : La (leur s'y flétrit vite, et l'âme plus encore!

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