I AIN
Et c'est vous, plus aimée et plus belle toujours,
C'est vous qui blasphémez les royales amours !
— Et moi, je vous réponds : Agnès, soyez bénie
D'avoir été pour nous un bienfaisant génie ;
Qu'il vous soit pardonné, Dame de Bon Secours !
Au prix de votre honneur vous rachetiez le nôtre ;
La maîtresse n'a fait que préparer l'apôtre :
Vous nous preniez un prince, et nous rendiez un roi !
AGNÈS
Mais, à lutter sans fin, toute force se brise; Marguerite elle-même en secret me méprise : Elle a raison; la loi, même injuste, est la loi; Et vous seul m'aurez fait, malgré mon infamie, La sainte charité d'une parole amie!
ALAIN
C'est que je me souviens du jour où votre amant Vint à Reims, et c'était pour son Couronnement ! De ce jour où, tandis qu'aux flèches dentelées Les cloches balançaient leurs plus larges volées, Souriant aux noëls, suivi de tourbillons De fer, et salué des drapeaux en haillons, Trois fois sacré : par Dieu, l'Amour et la Victoire, J'ai vu mon Roi passer dans un fracas de gloire !
AGNÈS
S'il suffisait, pourtant, de votre grande voix