‹ Alain de LilleChapitre 12 sur 26 · XXV. Rhetorica [t · texte numérisé non relu

XXV. Rhetorica [t

fiheton'ro .

Un manuscrit cité par le Père Labbe donne une rhétorique d'Alain et de Geoffroy. Est-ce l'ouvrage sinîultané de ces deux auteurs, ou est-ce la réunion d'un livre de chacun d'eux sur la rhétorique ?

En outre, s'agit-il ici de notre Alain auquel en effet on a parfois attribué un traité de Arte bene dicendi, ce qu'on a cru aussi être son De Arte predicatoria ?

Questions insolubles puisque cet ouvrage est inconnu.

Quant à l'autre auteur ce né peut être que Galfredus , Gaufredus , Gualterus de Vino Salvo. ( Joffroy, Geoffroy, Gauthier,

(i) Manuscrit petit in-So à deux colonnes, sans ornements, écriture gotliii^ue du XlVc siècle ; le commencement et la fin ne présentent ni titre ni nom d'auleur. {Dominica prima de adventu : véniel desideratas cunctis genlibus.) Cet Incipil n'est pas celui du Spéculum ni d'aucun des sermons édités par De Visdi .

(3) Rhetorica Alani et Galfiredi citée par Labbe. Nova bibliotheea manuscriptorum [Parisiis, 1653, in-4o), au huitième supplément sur la bibliothè(]ue de Louis XIV.

Wauthier de Vinesauf ), anglais du XIIÏ ^ siècle qui a écrit sur l'art de bien dire un poème considérable reproduit par Leyser (<).

On serait tenté d'en conclure que Touvrage d'Alain était égainent en vers.

Nous passons maintenant à des ouvrages qui ont des sujets trop divers pour être régulièrement classés.

X X VI Explana tio in proph e t ias Merlin e ( 2 } .

In

prophetias Cet ouvroge imprimé à Francfort en 1 603 et postérieurement Merlun. gj i'q^ gjj çj.^j^ quelques témoignages confus , à Anvers , n'est *' pas repris dans l'édition de Do Visch ni dans la Patrologie , qui ne le'considéraient pas comme émanant du Docteur universel (3). • pale. Dans ce livre se trouve un passage qui a été cité partout

L'auteur parle d'un événement de sorcellerie qui s'est passe ,

ËJiii

(1) Poelria de arte dicendi (Neustria sub Clypeo) quelquefois intitulée : Ilhclorica judicialis metrica {papa stupor mundi). Voyez Leyser. Historia poelarum et poeniatum medii œvi. Halœ Magdeb. 1741, page 855. Les niauiiscrils en sont nombreux, la bibliothèque impériale en eompte cinq.

(i) Prophetia Merlini u/ia cum septem libris ejcplanationum {cam muUos rerumei après la préface : Sedente f'ortigerno). Cité par De Visch, I. c. et Bartbius, I. c.

(3) Prophetia anglicana Merlini Jmbrosii Britanni ex incuba olini {lit hominum fama est) ante annos mille ducentenos circiter in Ànglia natiy vaticinia et prcedicativa a Galfredo Monumetensi latine conversa^ una cum septem libris jtjcplanationum in eamdem prophetiafn, excellentissimi sui temporis oratoris , polyhistoris et theologi Àlani de In&ulis g"c/mani doctoris. .. opus nunc primum publici juris factum et lecloribus ad kistoriarum prœcipue vero Britanniœ cognitionem, non parum lucis allafiirnm. Francofiirti , fjrpis Joachim Spcssli , </<-8o, MDCllI. C'est donc par erreur sans doute qu'Oudin, I. c. e.t Fabriiius , I . c. ont écrit 1608. Quant à Tédition d'Anvers, elle n'est pas connue, ni Fabririiis ni l'Histoire littc. raire n'en font mention. Elle nou5 parait même problématique.

éans tan extrême jeunesse , aiorsqutie comie Thierry riml en Flandres OffeU par le eœm des kaf/itamt*. Or, ThisCoire montre qu'il s'agit ici de Thieny d' Alsace appeté , en effet . de 1 1 2S à H 30. On en a concln qoe telle avait dû être , à qiid> qoes années |»vs , la date de la naiasanoe d'Alain. On Toit ici , en ootre, findication de sa patrie , car cet érénement se passait à Lille , lien où il déclare être né ^ f }.

D. Brial, dans rHistoira littéraire de France, est parvenu savamment à déterminn* , par le conlena de ce livre , la date de sa composition. Voici comment : F auteur y parie dn dernier né des fib d*Henn II d'Angleterre, il écrit donc postérieurement à la date de la naissance de cet enfant [I i 67;, mais il n*y parle pas de la révolte de Talné des fîls du même roi , il écrit donc antérieurement à cet événement [H 83).

Après le texte de la prophétie de AlerUn , telle qu'elle fut traduite du breton en latin par Geoffroy Honmouth , évéque de Saint-Asaph ( pays de Galles ) , ( Galfredus monumethensis ) , les trois premiers livres des commentaires en font F application aux temps écoulés ; les quatrième , cinquième et sixième cher* cbent à en induire l'avenir ; le septième et dernier prédit la fin du monde et s* étend longuement sur Tétode du ciel. Autheti' On a beaucoup contesté Taulhenticité de ce livre. Il est dif- 1^' ficile d'admettre que notre Docteur , dont la philosophie est

ronteitablc

(1) Vidi et ego in Flandria cam paerulus adhac essem apud Insulam {undê natut fui) fœminam quamdam maleficam quœ in maleficio suo cornprehensa... tempuê illud fuit quo cornes Theodoricus ah insulanis homi' fiibiis, gavendensibus quoque ac brugensibus advocalus erat a terra sua in Flandria tanquam légitimas Flandriœ hœres, reprohato H''^. Normanno qui nihil in flandricis hereditarii juris habebat. Ces détails sont confornics k l'histoire : Guillaume-le-Norraand fut sans aucun droit appelé an ^uivinirincnt de la Flandre par le roi de France, Louis-lc-Gcus, mais les >iUes se imdevArent et appelèrent Thierry d'Alsace, petit -fils de Rob<»rt-lf -Frison, l'un dei comtcf de Flandre.

positive , dont la dévotion est ferme et éclairée , qui ne se montre mystique que dans l'interprétation religieuse et poétique des textes sacrés , compose un pareil ouvrage , discute sérieusement si Merlin était prophète, et s'il était né d'un succube [ tel est le sujet du prologue ]. N*est-il pas choquant après ravoir entendu blâmer si vivement les hérétiques qui s'attribuent le droit de prophétiser, de le voir attacher tant d'importance aux rêveries d'un homme tel que Merlin, très-suspect de paganisme et d'hérésie. Enfin comment cet écrivain qui jamais ne puise un exemple dans l'histoire moderne, s'en montre-t-il tout à coup si minutieusement instruit ?

Il est vrai que Du Boulay rapporte qu'au XII® siècle on se préoccupait beaucoup des prophéties de Merlin, qu'on croyait favorables aux prétentions de Louis , fils de Philippe- Auguste , sur l'Angleterre (< ); il est encore vrai que cet ouvrage est plein de cette littérature profane , de ce savoir mathématique , physique et astronomique qui distinguait Alain (2). Mais il est évident que si dans un intérêt politique on a voulu forger des interprétations nouvelles des prophéties anciennes , on a dû , pour leur donner plus d'autorité, les attribuer au Docteur universel comme à un auteur assez célèbre ppur avoir laissé un grand nom , pas assez connu cependant pour que le nombre de ses ouvrages fût déterminé avec certitude ; enfin , pour les lui attribuer, il a bien fallu leur donner ses caractères propres , l'érudition et l'universalité , ce qui devenait de jour en jour plus facile.

Quant à nous , ce qui nous touche , c'est qu'aucun des contemporains , ni Othon de Saint-Biaise , ni Albéric de Trois-

(1) Hist, univers, parisiens. 1. c.

(2) licite entr'autres les églogues et interprèle la quatrième comme une prophétie qui annonce la venue du Christ.

Fontaines, ni Henri de Gand , ni même plus tard Trithème n'attribuent à Alain ce livre qui cependant devait plus que tout autre piquer la curiosité et attirer l'attention. Il y a donc du doute et un doute sérieux sur Tauthenticité de cet ouvrage.

Cependant on ne peut en reporter la date au XY^ siècle comme le voudrait l'Histoire littéraire , car il en existe des manuscrits antérieurs à cette* époque (4).

Ce commentaire ne parait pas non plus devoir être attribué à Tévéque d'Auxerre , comme le pensent Oudin et Lebeuf qui confondent les deux Alain, ainsi que nous l'avons dit ; car, tout jeune en H38 , l'auteur n'aurait pu être abbé de Rivours en 1140. Il serait plus vraisemblablement attribué à l'abbé do Tewkesbury y qui était anglais.

Dans ce livre l'auteur parle des conseils qu'il a reçus de son abbé ; on en a conclu qu'Alain était moine de Clteaux quand il l'a composé ; mais pour en tirer cette conclusion il faudrait démontrer d'abord que ce commentaire provient bien du Docleur universel, i

'La première édition de la bibliothèque de Clteaiix , suivie en cela par la table si fautive de Montfaucon , attribuait aussi à Alain :

De calamitale regni Franciœ , ouvrage célèbre d'Alain Chartier et de beaucoup postérieur au XH® siècle. La seconde édition a rectifié cette erreur grossière [2).

De Signis, Excerpttones de signis XV diernm ante supremum jndicium.

Ces quelques pages qui portent le nom d'Alain , et qui pour*

(1) Voyez, h la bibliothèque iniprrialp un beau manuscrit sur piirrlif-niin du XlVe sit'cle, nO vu MCDLXXAl, fonflsMazarin. La fin manque.

(2) D« Visch. Biblioth. script, onlinis ristrre. — MontfaiKon , bihliolhrca bibliothecaruni.

Discussion.

raient aussi sembler d'abord une sorte de prophéties , ne sont que le premier chapitre des Senteniiœ dont nous avons rendu compte ci-dessus (4 ).

XX VIT. De natura animalium (2).

De naturis

animalium ^ été imprimé dans le Bestiarium , sorte d'encyclopédie des sciences naturelles , à laquelle travaillèrent divers auteurs du moyen- âge et qu'on comprend souvent dans les œuvres d'Hugues de Saint- Victor (3).

Ce qu'on attribue à Alain est le second des quatre livres qui composent le Bestiarium (4). 11 y est parlé du lion , de Tantilope, de l'onocentaure , du renard , de Tunicorne, du hérisson, de rhydre, etc.. etc., mêlant ainsi le fabuleux à la réalité. Il y est aussi parlé des pierres ignifères , de Taimant , bien que ce soit en dehors du titre. Il y a du style et de l'érudition assez pour qu'on puisse!' attribuer à Alain , cependant on en a fait honneur à d'autres , à Hugues de Folioth surtout.

(1) Exeerptiones de signis XV dierum ante supremum judicium et de pénis quas damnati in inferno patiuntur ex dictis magistri Alani {in Christi nativitate duo soles apparuerunt). Manuscrit in-8o sur parchemin provenant de Clairvaux, maintenant à la bibliotli^que de Trojes, sorte de recueil dans lequel Técril dont nous parlons n'occupe que deux pages et demie seulement. Catalogue général des manuscrits des bibliothèques des départements, publié sous les auspices du ministère de l'instruction publique, t. II, p. 783. Voir pour les Sententia;, ci-dessus, page 89.

(3) De nataris quorumdam animalium, lib. 11^ cité par Trithème, H* de Gand , Oudin , 1. c.

(3) Edition de Rouen, d648, in-fol. t. 11, p. 418. Voyez encore la Patrologie,t.CLXXVÏI.

(4) De Bestiis et aliis rébus, liber secundus qui est precipue de natura animalium (bestiarium vocabulum proprie convenil, et apri's le prologue ; cap. 1, de leone : leo ex greco vocabulumy

Page 1