XXVIII. Questiones naturales
Questiones
naturales. J). Pitra a publié dans une glose sur la Clef de Méliton un ManusOTt. fragment de cet ouvrage d'Alain , d'après un manuscrit lout-à-
fait inédit de la Bibliothèque impériale (2). Est-ce bien ^^i& ^st il bien d'Alain? Comment se fait-il qu'aucun des d'Alain? contemporains, ni même Trithème, n'attribuent au Docteur universel d'ouvrage sous ce titre. Il n'y a absolument pour le lui décerner que la mention du titre , et qui n'ajoute aucune désignation au nom d'Alain.
M. Haureau pense que c'est là le De'naturis animalium et qu'Oudin ne le connaissant pas, mais voyant attribué à Alain un ouvrage sous ce titre , lui a donné celui dont nous avons parlé ci-dessus , qu'on attribuait aussi à Hugues Follioth ou Hugues de Saint-Victor (3).
D. Pitra est d'un avis différent et fait remarquer que ces Questiones ne sont nullement un traité sur la nature des animaux. C'est en effet un recueil de questions physiologiques , physiques , tératologiques et philosophiques même car la
(1) Incipiunt questiones ^lani. Manuscrit in-4o de la bibliothèque impériale. Fonds Notre-Dame, no 201 , écriture du XIII© siècle. (Questio quare nitiinur in vetitum.Responsio natura semper laborat...)Ces Questiones ne font qu'une partie du manuscrit renfermant de toutes autres matières de divers auteurs.
Dans ce manuscrit entre autres choses se trouvent beaucoup de questions naturelles à la fin desquelles est écrit : Eœyliciunt questiones tnagistri ^delardi^ puis immédiatement au-dessous, de la même main : 7/2cipiunt questiones Alani. Faut-il supposer qu'Alain ait continué le célèbre ouvrage d'Adelard de Bath : Perdifficiles questiones naturales^ qu'il a dû certainement connaître. Ce n*est point impossible, mais nous disons ce qui nous fait douter qu'il s'agisse ici de notre Alain.
{i) Spicilegiumsolesmense public pnrDom J. P. Pitra, t. II, p. 70 cl t. 111, p. LXXlUet 55. Le fragment reproduit es/ : Quot modis cerinis dicitury proprie dicifur animal silvestre.
(3) Article àcïJtheneuni^ 1853, p, 683. — Oudin, 1. c. Vo^cz ci-dessu» rf que nous avons dit du De naiuris^ page précédente.
première est ainsi conçue : quare nitimur in vetitum , ce à quoi Tauteur donne une réponse presque matérialiste, tirée de la chaleur de Tappétit et de Timagination. Parmi les autres questions , il en est d'une extrême indécence , sur certaines voluptés par exemple. Il en est encore de tout-à-fail étrangères à la nature des animaux , comme celle-ci : pourquoi un vase d'argent placé sur le feu laisse bouillir l'eau qu'il contient sans 's'échauffer extérieurement.
Le savant Bénédictin semble plutôt voir dans ce livre le De rerum natura des catalogues , mais ce n'est pas plus exact , car ce dernier n'est, comnie nous l'avons dit, que le De Plane tu naturœ.
En somme cet ouvrage nous parait fort peu authentique , hors des habitudes honnêtes et du style d'Alain.