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À la vue de M. Lajeunesse l'œil inquiet, la figure défaite, 4l se trouble, ne trouve pas une parole et court se réfugier au salon.
L'oncle va lui-même recevoir le nouvel ärri- | vant.
—Ma fille est-elle iei ? sanglotte M. Lajeu- | nesse. | 4 —Mais non, dit tranquillement M. David. | —Ah! mon Dieu! qu'’est-elle devenue ? je Ja cherche partout depuis sept heures, et je
venais ici en dernier ressort.
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—Eh! bien, vous l'aurez grondée, et elle est partie ; vous savez comme elle a le caractère décidé! Je me doutais toujours qu’ilen advien- | drait ainsi |
Le père se désole et voeux recommencer | ses recherches.
M. David, qui ne veut pas prolonger ses souf- | frances, le tire par lo bras:
—En voilà assez, dit-il; venez, je vais vous
nquiet, la ye pas une
Le
ouvel arri- À 2- Nous avons dit qu’il avait pour sa fille un
M. Lajeu- 4
M. David.
venue ? je
res, ot je
et elle est
caractère
en advien- | mmencer |
ses souf- !
vais vous
faire retrouver votre fille. purs
Et il l’entraine au salon. ,
La joie de M. Lajeunesse peut se concevoir plus facilement qu'elle ne peut se décrire.
véritable culte. Il était facile de le comprendre à la vue des caresses qu'il lui pro-
digua en cette circonstance.
La soirée s’acheva avec le’ plus charmant entrain et on ne s’aperçut même pas que le jeune violoniste en herbe fit trois ou quatre fausses notes dans la marche de l'ouverture de la Muette qu’il grattait, en lisant sur la partition de piano. :
Lorsqu'elle s’en retourna en elle, après la veillée, Emma avait oublié à peu près son entrée au couvent etson départ pour les Etats- Unis.
On oublie si vite à cet âge heureux!
Elle avait bien promis de ne plus donner
de fête et de s'appliquer sans relâche à son étude. Mais il n’est pas ‘absolument certain qu’elle ne soit jamais retombée en faute.
Qui osera lui jeter la première pierre ? Un enfant ne peut pas vivre de haen: et d’ex-ercicos à cinq notes.
Elle travaillait cependant avec ardeur et.
faisait des progrès sensibles, lorsqu'un accident qui aurait pu avoir les suites les plus. fâcheuses vint mettre dans le plus grand. danger sa carrière et son avenir.
Tant il est vrai que nous sommes tous dans.
la main de la Providence et que les plus grands génies mêmes ont besoin de sa protection pour ne pas être arrêtés par les obs-tacles de la route. |
Un jour que M. Lajeunesse avait fait une:
course un peu longue, l’espiègle enfant avait. profité de cette absence pour 8e récréer um peu avec une petite —. R
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En jouant, avec sa pétulance ordinaire, elle s'était fait écraser un doigt dans l’embrasure : d’ane porte. Il fallut dissimuler le mal et souffrir en patience.
Pendant plusieurs jours elle .joua ses exeréices avec un courage au-dessus de son âge et de son sexe. Il s’agissait de cacher à son père ce petit malheur qui eût dévoilé la faute.
La douleur augmentait cependant, et la
blessure, mal traitée, devint sérieuse. A. tel
point que, un jour, il fut impossible à l'enfant de jouer sa harpe.
Elle s’assit près de l’instrument et se mit à lire.
On conçoit l’étonnement du père, en face de cette espèce de provocation.
—Allons! lui dit:il,ilnes bi pas de lire ; travaille.
—Je ne puis pas.
—Comment! voilà du nouveau, parexempleF
Cola me fait mal aux doigts.
.—Voyons! montre un peu tes mains.
* Elle. n'eut garde de le faire ; au contraire, elle se fourra les mains sous son tabiier, dans la crainte de trahir sa conduite.
M. Lajeunesse se fâche et insiste. .
L'enfant s'entête. de son côté, tant et si bien qu'à la fin, la colère l’emportant, elle saisit la harpe et se met à courir des gammes échevelées, pendant que la douleur lui crispe les nerfs. Malheureusement le doigt malade se prend dans une corde fine, et l’ongle tout entier s’en détache. Emma tombe évanouie sur le parquet et son père a tout juste le temps de saisir le lourd instrument qu’elle entraînait * dans sa chute et qui lui eût brisé la tête.
Elle revint difficilenfent à elle, et le doigt blessé fut longtemps sérieusement compromis.
Enfin, à force de soins, la guérison fut amenée, et les études reprirent peu à peu leur cours
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promis.
imenée, cours
agcoutumé. Nous sommes certain, cependant, | que la grande cantatrice se rappelle encore.
avec une vive émotion cet épisode de son ‘enfance. à Une des choses sur lesquelles M. Lajeunesse 4 insistaitjbeaucoup, dans les leçons qu'il don- " nait à sa fille, c'était la lecture à première vue. : Illui faisait déchiffrer toute la musique qui lui tombait sous la main: une ouverture classique. ou une polka de salon, une sonate où une-partition d'opéra réduite pour le piano. Elle avait pour ce travail une aptitude extraordinaire.
Emma Lajeunesse avait cela de communavec | notre pianiste distingué, Calixa Lavallée :
elle jouait un morceau par intuition ; ee devinaitéplutôt qu’elle ne lisait. | M. Lajeunesse était extraordinairement fer Æ de cetalent; mais il y avait une chose surtout qui le transportait d’aise. 4 —Je lui mets sous les yeux, disait:il, - une; 1
| | sonate de Beethoven, puis, lorsqu'elle en æ- | déchiffré la moitié, je forme le livre ; elle con-. Ml tinue alors à improviser dans le même style
pa F d’une manière étonnante.
|! : Sa mémoire musicale était prodigieuse. Sou. vent, en faisant sa promenade, elle entendait 1} jouer, par la musique militaire, un morceau || quilafrappait. Elle l’écoutait, tout en causant, ||} puis, revenue chez elle, elle écrivait la pièce d’un bout à l’autre pour le piano ou la harpe, et la jouait sur son instrument.
ju -M. Lajeunesse, lorsque sa fille eut acquis 1}! une certaine habileté, s1lait, de temps à autre, avec elle, dans les principaux villages des environs de: Montréal, donner des concerts. li] Elle chantait, jouait le piano, la harpe et |! J'harmonium; lui se chargeait de la partie de Ill violon.
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sou.
dait eau ant, ièce
rpe,
quistre, des erts.
e et e de
note:
arrivé, M. Lajeunesse atténd que quelqu'un À
coup ; mais le morceau demandé n’est pas &
À cette petite formalité. : ESS