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gramme qui, grâce au triple talent de la jeune virtuose, était encore assez varié.
Emma Lajeunesse avait joué plusieurs morceaux de piano et un morceau de harpe. Elle
avait en outre chanté, en s’accompagnant de 8& harpe, le Salut à la France de La Fille du Régiment. af Nous nous rappelons que ce morceau fut accueilli avec beaucoup de faveur. Mais on
était encore loin, alors, de deviner, sous la
timide jeune fille, l’'éminente cantatrice d’aujourd’hui. Le 12 septembre 1862, la jeune artiste se faisait encore entendre au même endroit, aidée, cette fois, de sa jeune sœur Cornélie. Le concert était sous le patronage
*de Sir Fenwick Williams et de son état-major,
du lieutenant-colonel Coursol et du maire, de
Montréal, l'hon. C. S. Rodier. Emma Lajeu-
nesse y remporta un véritable triomphe. Les applaudissemerits les plus vifs l’accucillirent
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chaque fois qu’elle parut sur. l’estrade ; mais l'enthousiasme fut réel lorsqu'elle exécuta, à première vue et d’une manière tout-à-fait remarquable les Murmures Eoliens de Gottschalk. Nous ne pouvons résister au désir de citer ici quelques lignes d'un article écrit à ce sujet par M. A. N. Montpetit. On verra que les prévisions de l'écrivain sc sont réalisées :
«Nous pourrons constater les progrès passés de la jeune artiste et nous prendrons un point de départ
pee juger de ses progrès à venir. Car si elle se rend
Paris, ce n’est que pour arriver à une plus grande perfection dans son art. Elle nous reviendra quelque Jour avec un nom célèbre, nous avons du,moins raison de l’espérer. Nous souhaitons du succès à notre jeune
: compatriote, parce que sa gloire sera la nôtre, parce
qu'elle mérite de 1 o1r covronner ses longs travaux, et surtout parce qu’elle a une dette de reconnaissance à payer à son père, homme de sacrifices qui depuis qua-
- torze ans, surveille avec la plus grande sollicitude
l’éclosion de ce beau talent.»
En dehors de son talent de chanteuse, on <ntrevoyait en elle une pianiste de renom; et lorsqu'elle réduisit pour le piano touto la par-
tition de la grande cantate composée en l’hon- : Æ
neur du prince de Galles, par le regretté
Sabatier, ce pianiste éminent fit lui-même le plus grand éloge du talent de la jeune fille, ét Jui prédit un brillant avenir.
Sabatier ne s’est pas trompé, seulement la jeune artiste a changé d’instrument.
Le pablic de Montréal avait eu plusieurs fois l'occasion d'entendre Emma Lajeunesse et d’applaudir à ses succès, lorsque, en 1862, elle rentra (1) au couvent du Sacré-Cœur, au Saultau-Récollet, pour continuer son éducation lit-
téraire, quelque peu négligée jusqu'alors. La |
musique, toutefois, ne devait pas être reléguée au second plan.
Emma Lajeunesse avait, à cette époque,
manifesté déjà le désir d'entrer dans la vie
religieuse.