‹ Albani (Emma Lajeunesse) [microforme]Chapitre 8 sur 10 · n€ : fut, pas, un, succès, ni, même, FT · texte numérisé non relu

n€ : fut, pas, un, succès, ni, même, FT

triomphe, ce fut une vérigable.gvation;, les,

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“dep patrie. 6 que cette lumière éclatamte s'al- “ume’dusst bien sous les latitudes, boréalos sqne: ‘à dans les zônds où lé’ Soleil versé ses plus éhauds

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Vers le milieu d'octobre dernier, Mlle. Albani, impatiemment attendue, débarquait à

. New-York, et, le 21 du même mois, elle

débutait à l’Académie de Musique de cette ville.

Voici comment le Courrier des Etats-Unis

rend compte de cette première soirée.

st Le {out New-York s'était donné rendez-vous à l'Académie de Musique pour assis'er au premier début de Miss Emma Albani.

Le spectacle se composait modestement de la Sonnambula, ce mélodieux quoiquetcourt chef-d'œuvre de Bellini. juais Amina était Miss Albani, et cette attraction suffisait.

Les éloges qui avaient précédé ici cette brillante artiste ont été justifiés au centuple ; il n’y a rien à en rabattre. Gracieuse comédienne, chanteuse irréprochable, Miss Albani a enlevé le succès d'assaut. Le vublic, en entendant cette voix sonore, agile, et d’une fraicheur toute juvénile, interpréter avec tant de charme et de précision ces audacieuses vocalises, semblait oublier toutes les Amines passées, présentes et futures, y compris Miss Ilma de Murska qui, récemmeut encore, provoquait tant d'enthousiasme dans, ce rôle dont elle avait fait le plus beau fleuron de sa couronne, Fleurs, bis, rappels, tout a ét* prodigué à Miss Albani dans cette soirée triomphale où New-York à son tour, confirmant les jugements de Paris et de ndres, l’a proclamée étoile de nremière grandeur.

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de D ur Les b aux soirs de Miss Nilsson et de Pauline Lueca vont donc renaître !

Et pourtant, Mile. Albani, dans cette soirée | d’inanguration, était pauvrement secondée..

Beaucoup de personnes se figurent qu'une artiste brille d'autant plus facilement que les rôles.secondaires sont plus effacés. C'est nne grande erreur. Il suffit souvent d’une réplique gauche ou d’une interprétation pâle et fausse de la part d’un acteur en scène, pour jeter un froid singulier sur le rôle principal. Bien des jalousies d'acteurs de second ordre se sont exercées de cette manière. Pour qu'un premier rôle soit brillant, il faut qu'il soit brillamment secondé: c’est une maxime élémentaire de l’école théâtrale.

Dans Lucia di Lammer moor, Mile. Albani a obtenu un succès encore plus grand, plus en- ‘thousiaste que dans {a Sor.xambula ; ce n'est plus la eune fille qu'un auditoire parisien avait

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Le troisième rôle de Mile. Albani a été celui de Gilda dans Rigoletto. Rigoletto est regardé, par la plupart des juges, comme le chef:

d'œuvre de Verdi. Tel était, du reste, le sentiment de Rossini lui-même. Mlle. Albani a su interpréter ce rôle de Gilda de manière à effacer tous les souvenirs. De la première note à la dernière, l’auditoire était sous le charme. D'ailleurs le public ne compte plus avec elle les bravos, les rappels ni les bouquets : dès qu’elle entre en scène, c’est le signal d’une ovation non interrompue. Dans cette représentation de Rigoletto, Mile Albani

semblait avoir mis le comble à sa gloire désor- :

mais hors de toute atteinte ; elle avait cependant encore à cueillir, dans Mignon, de nouveaux lauriers, plus brillants peut-être.

- Nous avons déjà dit ce que nous pensons de ce rôle de Mignon, et du talent hors ligne que nécessite son interprétation. Il n'y a pas

cs CE — encore bien longtemps que Mlle. Nilsson soulevait, dans cette personnification, l’enthousiasme de tout New-York. Mile. Albani avait donc à lutter contre ce grand et récent souvenir. Encore une fois, le succès a couronné l'audace. Il est juste de dire qu’elle a été secondée d’une manière admirable et que Mile, Heiïlbron, dans le rôle de Philine, a remporté un magnifique succès. Au reste, notre humble opinion est que Mile. Albani a compris mieux que Nilsson même ce rôle de Mignon. Ce n'est pas cette flamme ardente, brusque, fiévreuse ; c’est cet amour chaste et naïf de la jeune fleur que l'exil fane et tue, et qui souffre sans se plaindre, jusqu’au moment où l’extrême lassitude la force pour la première fois de désobéir à son bourreau. C’est ainsi que Mile. Albani a compris ce rôle et c’est dans cette interprétation qu'elle a atteint les plus bauts effets dramatiques ; son jeu avait quel-

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que chose de poignant qui a tenu l'auditoire pendant toute la soirée sous le coup de la plus vive émotion. Elle a rendu d’une manière admirable cet air si plein de charme “ Connais-tu le pays...” et le duo des ‘“ Hirondelles.” Mais son triomphe a été dans la “Styrienne.” La salle tout entière, enthousiasmée, électrisée, ne savait plus mettre fin à ses applaudissements.

Le succès de la grande cantatrice canadienne n’a pas été moins complet dans Marta.

Le rôle de Lady Henrietta cependant, et de fait l’opéra tout entier, sont loin d’être taillés dans cette grande manière de nos bons opéras français et italiens.

Elle a aussi joué le rôle d’Ælsa dans Lohengrin. Mais on a beau dire, cette musique de Wagner—musique de l’avenir—, pleine de récitatifs et hérissée d’arithmétique, n’est pas faite pour la voix humaine, et l’art y perd ce que la science peut y gagner, |

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Au milieu de tous ces succès, Mile. Albani n’a cependant pas oublié le premier théâtre de sa carrière musicale ; l'endroit où son talent a été, pour la première fois, apprécié comme il le méritait. Il y a quelques jours (le 8 novembre), elle est allée assister à l'office divin dans cette église de St. Joseph d’Albany où sa voix avait naguère fait le premier essai de ces ailes qui l'ont depuis portée si haut. Après la messe, elle est entrée dans la sacristie où elle a recu les félicitations des membres du chœur dont elle avait fait partie pendant près de cinq ans, et elle a serré avec effusion … ]a main à ces anciens compagnons qui l'avaient

aidée et encouragée à ses débuts. | + Le lundi soir elle donnâit un grand concert auquel assistait l'élite de la société d’Albany et-plus de trois cents personnes venues exprès de Troy pour entendre celle, qu'on appelle avec raison la ‘“ Reine du Chant, ”

continuellé.

Donnons, avant de terminer quelques détails intimes que nos lecteurs aimeront sans doute à connaitre.

La position de Mile. Albani lui commande une conduite très-réservée et lui interdit bien des délassements innocents que peuvent prendre le commun des mortels.

Elle reçoit très-peu chez elle, et s'occupe à son piano et à son chant; elle n’a d’ailleurs que très-peu de loisirs pendant la saison d'opéra. À ses repas, dans ses sorties, elle est constamment accompagnée par une vieille dame anglaise qui lui sert de Mentor. M. Lajeunesse suit d’ailleurs sa fille dans tous ses voyages. Mile. Albani a un extérieur très-agréable et des manières d’une grâce accomplie. Elle a une grande piété, et une vertu irréprochable qui lui vaut de la part de tout le monde les

Ce concert, on le conçoit, a été une ovation .

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