‹ Albarran (Joachin),Chapitre 3 sur 11 · TON LU · texte numérisé non relu

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respect et la discipline des conditions qui formèrent le génie scientifique français: c'est sous le libéralisme de nos institutions qu'il pourra donner le plein essor à son activité, et lorsque son maître Ranvier apprendra un jour qu'il pense encore à rentrer dans son pays, il n'eut qu'un geste à faire pour le retenir et le conquérir définivement à la France.

Alors le voilà parti dans la voie des concours, au terme de laquelle il entrevoit déjà, à l'exemple des Orfila, des Damaschino et des Panas, le couronnement professoral de sa carrière. Il est le premier à l'externat, le premier l'année suivante à l'internat, dans cette promotion de 1884 qui comprend entre autres Sebileau,

Delbet, Lesage, Rieffel, Vaquez, Widal.…

Interne, il va d'abord chez Trélat pour y apprendre la chirurgie, chez Grancher pour y apprendre la médecine, chez Le Dentu, puis chez Guyon en quatrième année.

Et lorsqu'il est question d'envoyer en Espagne une mission pour l'épidémie de choléra, c'est lui qui est choisi comme adjoint à Brouardel et à Charrin, sans doute parce qu'il connaît la langue mais aussi parce quil a déjà marqué sa place en bactériologie.

À la fin de l'internat il gagne la Médaille d'or et fait chez Guyon son année supplémentaire. Dès lors sa carrière est fixée : il suivra la filière des concours mais sans se plier aux traditions qui conduisent tous ses camarades par l'adjuvat et le prosectorat aux Hôpitaux et à la Faculté; lui, il se consacrera à l'urologie, mais il sera chirurgien des hôpitaux et agrégé et arrivera ainsi en maître à la spécialité qu'il se choisit.

En 1892 il est agrégé, en 1893 il est chirurgien des hôpitaux et reste, comme tel, attaché à la clinique de Necker.

Il y reste jusqu'en 190; il est alors placé comme chirurgien chef à la maison Dubois où il est obligé de s'occuper de chirurgie générale.

Mais en 1906 le Maître est atteint par la limite d'âge; depuis longtemps Albarran est indiqué par ses travaux, par son originalité et tout son passé, comme le successeur de Guyon; le Maitre

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d'ailleurs l'a désigné au choix de la Faculté et, en juin, celle-ci l'appelle à l'unanimité comme professeur de clinique des maladies des voies urinaires.

Le voici maintenant au sommet de la hiérarchie. Son rêve est devenu une réalité, et il va pouvoir en toute liberté imprégner l'enseignement dont il est chargé de sa haute originalité.

Mais hélas, ce ne sera pour longtemps: deux ans de professorat, c'est tout ce que la vie allait lui réserver: dès 1908 il doit se reposer, quitter sa clinique et ce sera pour toujours.

Heureusement il n'avait pas attendu pour donner sa mesure: déjà des acquisitions de valeur avaient été réalisées et sa place était déjà marquée d'une façon définitive dans cette urologie

qu'il avait su si vite envahir, conquérir et dominer.

Lorsque, le 14 novembre 1906, il prenait possession de sa chaire à Necker et inaugurait son enseignement, il posait luimême les grandes lignes de son programme : si, dans l'ordre moral, il entendait placer ses pas sur ceux de ses prédécesseurs, il entendait, dans l'ordre scientifique, se dégager de la tradition. « C'est suivre l'exemple de nos maîtres que de ne pas les imiter, disait-il; ils ont acquis de leurs prédécesseurs et nous ont transmis le dépôt sacré des grandes traditions de notre école, à savoir le respect du passé uni à l'indépendance de la critique et à l'audace de la pensée personnelle. » :

Et ainsi, en pleine liberté d'esprit, il allait édifier sur les legs du passé une somme considérable d'importantes acquisitions.

C'est à lui d'abord que l'on doit la conception actuelle de la tuberculose rénale et sa thérapeutique par la néphrectomie.

Par des expériences et des observations de pièces anatomiques, il établit sa doctrine de la tuberculose descendante contre Ja théorie alors régnante de la tuberculose ascendante. || montre

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