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vre les parties faibles, ne peut tenir contre la supériorité de Pierre qui le déboute et se met à sa place, jusqu'à ce que Simon lui jouant le même tour, rentre dans ces prérogatives qu'il cédera bientôt à Pierre, en attendant que l'état choisisse lequel vaut mieux de Pierre ou de Simon, dont l'un ne vaut pas mieux que l'autre.
Lassé de tant de mécomptes, en désespoir de cause, on en revient à la royauté. Les yeux se tournent vers une main qui se fasse puissante et qui passe le niveau sur toutes ces misères. Un jour vient où le peuple se jettera aux genoux du prince et le suppliera de vouloir bien le tyranniser lui même: mais le temps presse... Hâtons nous... Nous avons été jusqu'ici représentés par des avocats... Si l'on n'y met ordre, nous finirons par être représentés par des avoués!
A quoisertcetle cohue de manufactui'iers
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imbéciles, élus les yeux bandés, par des vignerons el des huissiers.
La Politique est enfin réduile à sa plus simple expression... Vapeur terrible quand on la comprime, en liberté elle n'est plus qu'un souffle qui s'évapore... Qui diable tient aujourd'hui à ses droits ? Qui les exerce...'^ Les émeutiers même se reposent et le voluptueux Far Nienté s'est introduit dans les exercices gymnastiques de la constitution.
Sous ce règne s'accomplira un de ces évènemens qui presque inaperçus de leur époque, éblouissent la postérité : les convulsions politiques, la lutte des ambitions, ne changeront rien à l'ordre. Au lieu de sortir, maintenant on rentrera chez soi... la crise même de 93 arriverait que tout se passerait sans secousse, sans bruit , sans intervention populaire, et après cette phase qui effraie d'avance tant d'esprits, on se trouvera au dictatoriat ou à l'empire. La
rosse constitulionelle est à terre sous le poids de sa charge... essoufflée, haletante, elle étouffe entre les brancards de la voiture... on pousse aux roues, on soulève les harnais., on la fouette pour la faire relever... Impossible... attendez... elle râle.., elle agonise... dans un moment elle va baisser la tête et mourir! Alors vous ferez de sa peau des courroies, et sa chair dont ne voudraient pas les chiens, sera bonne à jeter à la voirie.
Iii: RiÉGICIDE JUGÉ FAR SES PAIRS.
C'était jadis une puissante et belle institution monarchique que cette pairie héréditaire qui, transmettant avec les titres la fortune et le rang, ordonnait aux fils d'être aussi grands que leurs pères, et condamnait les pères à ne laisser en souvenir que de
LE rxLGlClDF.
l'honneur à leurs enfans. Alors il y avait solidarité entre la tombe et la vie : la couronne héraldique posée sui- le front de l'héritier lui rappeliait qu'il ne devait jamais la ternir, sons peine de voir celle de ses aïeux se briser sur leur cercueil.
Depuis, les progrès l'ont modifiée comme toutes les institutions el il n'est pas certain qu'elle y ait gagné ce que lant d'autres ont perdu : il y a des monumenskqui les injures du temps donnent du relief, mais d'ordinaire, d'un chef-d'œuvie il ne fait qu'un débris : il en est à peu près ainsi delà pairie; ce n'est plus une dignité, c'est une place... Jadis , l'héritier présomptif de ce fauteuil était un personnage et bien des dots se sont hypothéquées sur cet avenir; mais aujourd'hui, quel sens y a-t-il dans cette phrase.^ c'est le hls d'un pair de France !
Son^ez-v bien! vous ne reconstituerez la nx)narchie que par l'ennoblissement de ce
corps qui commença par être : les douzéX v- ;. pairs de Cliarlemagne; si vous voulez Un ' appui solide dans ces colonnes de l'ordre 'di- f / nastique, qu'elles soient dinastiques et qu'elles s'élèvent pour la postérité.
C'est ce que pensait un rêveur politique en contemplant la façade de ce Luxembourgautour duquel s'agitait depuis le matin une foule immense, remuée par toutes les passionsqui, comme un coupdevent sur la mer, font frémir et flotter les têtes... C'était une grave et pénible curiosité que celle qui attirait cette masse avide d'entendre parler d'un crime, et d'apprendre des détails piqnans à raconter.
La Chambre des Pairs allait s'assembler pour juger un homme accusé du plus grand des crimes... crime plus horrible que le parricide et qui sous une monarchie, ne devrait pas plus avoii'de nom et d'existence possible dans la loi, que n'en avait le parricide dans
le code d'un sage... Il y avait quelque chose d'étrange dans l'acharnement que l'on mettait à demander la mort. Sous un prince dontl'ame philantropique aurait voulu rayer pour jamais la peine capitale de nos codes, de telle sorte que sous son règne , il n'y eût d'autre sang lëpandu que le sien , les esprits animés plutôt d'une rage brutale et orgueilleuse de parti que de la sainte indignation de la vertu , demandaient des têtes comme une salisfaction à leur vanité blessée. Nous ne nousdoutonspas, nous autresqui jugeons d'en bas ce qu'on fait là haut, tout ce que souffre un prince? vous ne vous représentez pas tous les obstacles que lui suscite son entourage : on ne lui permet le bienqu'avec ménagement : Veut-il abolir la peine de mort? soudain arrivent de tous les côtés des réclamations, desdoléances : procureurs du roi, exécuteurs, aides, les machinistes de la guillotine qui en vivent couune on vit
des rouages de l'opéra , dérouleiil les incoiivéniensdecette mesure... l'humanité trouve à peine une voix pour se faire entendredans cette émeule carnassièie, et la pensée souveraine incertaine, même du succès se trouve forcée d'ajourner à d'autre temps plus favorables un projet capable de déifier un nom., dans ce gouvernement où l'on peut penser autrement que le maître et donner un corps à sa pensée, il n'y a pas de noble germe qui ne puisse être étouffé... il faut couvrir d*or quelquefois l'éclat de son ame qui éblouirait les yeux vulgaires: s'il s'agissait de faire voter l'honneur ou l'indépendance de la France, il faudrait peut-être encore corrompre des députés.
C'était ainsi que les pairs allaient voir comparaître devant eux Albéric.
Jamais pareille proie n'avait coûté tant de peine à saisir : tout ce qui relevait de Rhubcrt avait longtemps exploré les environs
de Beauvoir, et niilJe trace n'avait révélé un coupable caché... de là, la légion se répandit comme des éclaireurs, dans un plus vaste layon , et , mesurant bientôt au temps qu'elle employait le chemin qu'il avait pu faire , elle fureta dès-lors dans toute la France; un mot seulement, un soupçon eût suffi pour mettre sur la voie... mais gui se serait douté que l'amour recelât le meurtrier !
Rien n'était plus vrai cependant.
Au bruit de la vitre en éclats, à l'effroi de l'assemblée dont les cris parvinrent aussitôt jusqu'à lui , Albéric comprit soudain le danger de sa position. Il voulait d'abord rester, essayer une explication, mais quand il vit la porte du perron vomir une escouade d'hommes furieux, l'épée à la main et proférant des menaces de sang, et qu'il se regarda lui , seul, désarmé , sans défense, certain que le duc de la Bérésina l'accuserait
(l'une tentative de crime , il s'enfonça dans le parc pour atteindre la porte; mais dans la nuit, n'ayant plus le sang froid nécessaire pour se retrouv.er dans ce dédale de plantations changées par la croissance, rencontrant un bosquet où il avait vu jadis une allée, il erra comme une ombre dans les enfers, fuyant le bruit, la voix, les pas, les lumières... Tout-à-coup, il se trouva vis-à-vis la façade latérale du château : au premier brillait une clarté dont les rayons traversaient les feuillages d'un arbre immense qui s'élevait jusqu'aux combles.
Traqué de toutes parts et point découvert encore, il s'approcha de ce côté, entraîné par une inspiration bierf folle , mais qu'une apparition subite s'empressa de justifier... Une femme dont la silhouette sedessinait sur les vitres de l'appartement , venait d'ouvrir la croisée, et d'un aird'inquiétude, regardait du haut de son balcon, comme si le bruit du
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pistolet et les rumeurs arrivaient jusqu'à son oreille.
Soudain , elle poussa un cri étouffé par la terreur... àlbéric était vis-à-vis d'elle , prèsque face à face; tenant d'une main la tige de l'arbre qu'il venait d'escalader et s'appuyant du pied sur la branche , prêt à s'élancer sur son balcon..,
Joséphine, lui dit-il à voix basse... voulezvous me sauver la vie .'^
A cet accent qu'elle reconnut et qui venait lui demander un dévouement, elle rentra précipitammentdans sa chambre, éteignit sa lumière, revint au balcon , lui tendit la main, l'aida à fianchir l'intervalle, referma promptementsa fenêtre, sitôt qu'il futentré, et se jetant à jenoux :
Merci , mon Dieu ! merci!., s'écria-t-elle , Albéric... vous n'oserez plus me maudire? ..
Albéiic, retrouvant cellequ'ilaimait, avec son organe céleste, son élan du cœur et une
Juge par ses lAiiis. 285
expression de tendresse qu'il n'avait pas éprouvée depuis longtemps, allait se jeter à ses pieds pour la bénir, quand un grand éclat de voix se fit entendre dans le corridor.
Oh! mon Dieu! s'écria-t-elle... on vient ici... si l'on vous surprend... Vous êtes perdu... Cachez-vous, là... là!., dans mon cabinet de toilette.
Elle poussa le verrou d'un petit réduit situé à la tête de son lit, l'y renferma et courut ouvrir sa porte : c'étaitsa femme de chambre...
— Eh bien, lui dit-elle... qu'y a-t-il donc? quel est ce tumulte?...
— Comment, . . vous n'avez pas entendu ?.,
— Si, si!., vous m'en voyez encore toute émue..
— C'est vrai, madame est toute tremblante... Eh bien? ce coup de pistolet...
Elle lui raconta l'événement...
— Cet homme est-il pris , dit la duchesse, après avoir écouté son récit.
— Hélas ! non; on le cherche... la police bat le bois... il ne peut échapper. Âvez-voiis bien fermé votre fenêtre, madame... les scélérats sont si hardis., oui... tout est sur... je vais mettre les contre vents... Ah! quelle peur j'ai eue... si madame veut que je reste avec elle pour la tranquilliser.^..
— Non, non... cet homme doit être bien loin...
— Je vais toujours coucher madame.
Il fallut bien le souffrir., un refus eût été suspect... Enfin la duchesse resta seule au lit , et sa porte se referma.
Albéric sortit de son réduit, et s'avançant dans l'ombre vers Joséphine, il mit un genou en terre au pied de son lit, saisit avec transport sa main qu'elle lui tendit , et la couvrit de baisers. Un mot le justifia, car il fut éloquent, et on absout aisément ce qu'on aime.
Je vous crois, Albéric, lui dit-elle. ..c'eut
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été une lâcheté... Maintenant c'est à votre honneur que je m'adresse... cette chambre et ce cabinet seront votre asile jusqu'au moment où je croirai que vous pourrez paraître... Si vous m'aimez, jamais im mot d'amour ne sortira de votre bouche... vous êtes un proscrit, je vous sauve, voilà le seul lien qui nous unit... tout autre serait un crime et je compte sur votre loyauté ; me le jurez-vous.^
Albéric le jura; car dans ce moment solennel où Joséphine lui parlait, il y avait quelque chose de trop pur, de trop élevé pour y mêler la moindre pensée profane.
C'est ainsi que pendant quinze jours, Albéric échapa à toutes les recherches... Rhubert , après avoir mis en quête ses limiers les plus fins, ne négligea pas de son côté les moyensclassiques de l'état., comme un chasseur qui découvre le nid d'un faon aux traces du sangque la biche blessée laisse après elle.
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il s'attacha à observer la marquise et donna l'ordre provisoire d'intercepter toutes les lettresqui lui seraient adressées. La marquise ne recevait pas de lettres, elle n'avait pas d'autre société que celle de la duchesse, elle ne faisait de visites qu'à son château... Ce fut un trait de lumière : il avait vu Albéric chez Porcheron jadis. .. il devait épouser sa fille... il est là , dit-il.
Le jour même , il fit cerner le château ; n'osant cependant prendre sur lui de violer le domicile d'un homme de cette importance sans ordres supérieurs, il écrivit au Ducet le surlendemain , celui-ci arrivait en poste.
Le Duc avait réfléchi : quand il se rappellait les circonstances de leur duel , troublé par le départ , son pistolet jeté à terre, son esprit livré aux doutes penchait pour l'innocence. Albéric était brave, et auprès d'un soldat de l'empire c'est une présomption favorable.
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Quand il apprit à son arrivée le résnllat des soupçons de Rliuberl qne celui-ei ne lui avait pas révélé dans sa lettre :
Je vais pénétrer seul, lui dit-il... Si l'homme qui s'est rendu coupable d'un régicide est dans mon château, je vous le livrerai : vous , veillez à l'entour, gardez toutes les issues, et au moindre bruit, venez !
Il ouvrit silencieusementla porte, traversa le parc et entra.
Un noble dessein l'animait... non... il n'est pas coupable, se disait-il... Je lui dois une réparation ; s'il est chez moi , je favoriserai sa fuite... et nous nous battrons... à l'étranger où j'irai le rejoindre.
Rien ne parut lui annoncer la présence d'un homme suspect : nul embarras chez les domestiques, nulle précaution, nul changement... il parcourut le rez-de-chaussée... personne!., il monta...
Quand il posa le pied sur la dernière
t?00 LE RÉGlCiDF.
imi'cliedii premier, une pensJe, pins prompte cpie l'éciair, tiaversa son cœur, froide comme une ëpée. Il s'avança à pas comptés el mnets comrne la jalousie qui cherche des complices, il s'approcha de la chambre de sa femme, et palpifant de terreur et de curiosité, il y apph'qua son oreille...
Oui, disait Alb'ric à voix basse, cette nuit est favorable à ma fuite : la surveillance doit se ralentir : j"'atteindrai sans difficulté la f;ontièfe... Mamère viendra me rejoindre, et tous deux nous vous bénirons de nous avoir conservés l'un à l'autre. Ah î jamais je ne perdrai le souvenir de tes bienlaits, de Ion dévoument : toi que j'aimai dès l'enf luce el que j'aimerai jusqu'au tombeau, reçois dans un dernier baiser toute mon ame!
Et sur sa main qu'elle n\)sait reliier, Alb.M'ic attacha ses lèvres.
Tu n'auras pas longtemps h l'aimer encore, cria soudain le duc de la Bérésina , en
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jelanl d'une main foiTenc'e la porle à ti'ois pas (le lui, traître, qui choisis ton asile dans ma maison pour me deslionorcr!
— Monsieur le duc, je vous jine que jamais votre nom...
— Silence , madame... vons êtes complice d'un adultère, comme vons l'êtes d'un assassinat .. Voiià donc cet homme que je voulais sauver, à qui je venais offrir une réparation! Ali! l'injvne est trop grande pour qu'elle se vide entre nous deux... le duel qui te convient, c'est un jugement... le terrain, nn échafaud , ton adversaire, le bourreau... Holà! entrez... venez que je vous livre le régicide..!
A ces mots , Rhnbert donna le signal et le château fut envahi; le duc de la Bérésina, repoussant violemment sa femme dans sa chambre qu'il referma , traîna dehors Albéric et le livra aux chacals qui attendaient leur proie.
Quand le jour parut, une escorte de gendarmerie conduisait Albéric à Paris et bientôt après, ii comparaissait devant la Chambre des Pairs réunie pour le juger.
A sa vue, un frémissement général parcourut les bancs de la pairie et du public ; les femmes, toujours curieuses de l'extraordinaire, qui donneraient leur honneur pour l'autographe d'un Cartouche, et font fi d'un Fénelon, le dévorèrent du regard, et sans les municipaux, l'intérêt fût devenu scandale.
Albéric s'assit au banc des prévenus, sous le poids des plus accablantes présomptions. La déposition du duc de la Bérésina surtout éiait empreinte d'une telle vigueur que phis d'un fonctionnaire public le félicita d'avoir donné à la condamnation un si bon coup d'épaule.
Il y avait dans le spectacle qui fiappait les veux d'Albéric quelque chose de fantas-
lique ; il se croyait sous le poids d'un sonj^e pénible qu'il ne pouvait secouer et i] fallait toute la gravité de sa siuialion pour lui rii{>peler que ce n'était pas un rêve.
En examinant le sJnat aui,^uste assemblé pour juger le régicide, il fut anéanti quand , parmi les membres de celte vénérable assemblée, il retrouva les mêmes figures que dans cette fameuse Vente de Carbonaris réunie poui- jurer baine et mort aux rois. Ce n'était plus le costume simple el sévère du ligide citoyen, c'était le luxe et les insignes du grand dignitaire de l'aristocratie... Le procureur général qui allait porter la parole contre lui, était alors cbef de sa section, et pour comble de surprise, le président de la Vente était changé en ministre de la justice.
Quand au comte Porclieron de Clérambau l , il était resplendissant de décorations et de plaques... son riche costume le drapait
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d'une façon noblcnienl singulicie. ToiU en lui annonçait l'iiomme né pour faire les lois cl juger ceux qui les violent. Sa femme, dans la li'ibune réservée, jouissait de son triomphe, assise entiedeiix dames d'honneur du château, dont le nom, quelques années avant, se lisait au même titre dans la maison de la Dauphine.
Le procureui' général prit la j)arole : dans luie éloquente plaidoirie, il j)rouva que la royauté élait la base de l'ordre : qu'il fallait étouffer ces docliiiies suhveisives de tout état qui paussent les citoyens à s'armer contre les joui s du uîonarque ; que c'était le l:uit des complots coupables qui s'ourdissaient en silence... quela Kéf)ublique armait des assassins et qu'il iallait éleindie les fictions dans le sang des factieux. Que quant à lui, il leur jurait une guerre éternelle comme bon Français, comme bon ciloycn:
])arce(ju'il n'y avait j>as degaianlic j>our les
l*(mnêlcs<^ens, tanlqii'oii n'aurail pas |nirgé la Fi-aiice des conspiratems donlla devise était lemeurlreel lebiU runarcliie , lioniiues de sanfî et boue , cjiril jurail de pouisuivre , dussent il lui percej' le cœur pour lui imposer silence f
Voulant joindre l'éloquence du gesle à celle jibrase oîi i-espiiail la senlinjenl de sa profonde conviclion, il ouviil sa robe et montra sa poilrinenuecouune pour indiquer la place où les républicains avaient à iVappei'... mais emporté par sa clialenr, il oublia que dans le lemps, un savant arlisle en ce genre y avait tatoué deux poignards en sautoir, avec ceJle exergue : VivelaKépubh'cpie!
Cet incideni excila une légèi'e iinncur; il poursuivit sans peidre contenance et commença à ex[)0ser les preuves à ra[)puide son accusation. D'aboi d, il établit les anlécedens de l'accusé... pendant les dernières années de la reslaui alion j il t'iail un t'es plus ar-
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(iens moteurs de la licence : il avait élé pris en flattant délit de complot, jugé, condamné, gracié et malgré cela, on Tavail vu dans les trois jours de juillet 1830...
Âlbéricse leva... il répliqua que Charles X ayant violé la Charte; la France s'était soulevée et qu'il avait partagé Télan général.
Le président lui rappela que la politique était interdite devant les tribunaux : il lui ôta la parole et la rendit au procureur général.
Celui-ci continua à i-etracer l'histoire d'Albëric... d'après des notes circonstanciées demaridées aux chancelleries des trois rovaumcs, il le montra, sitôt après juillet , courant en Belgique se mêler aux auteurs des troubles, puis de là, allant se joindre aux Polonais révoltés contie le Czai-; conduit en esclavage , revenant en Fiance avec des projets de mcurlic, s'associanl à des
misérables, rebul de la société, el lecevanl d'eux lu mission du crime. Depuis cel instant, toutes ses actions, toutes ses démarches ont élé dans ce but; il s'abouche à Paris avec les maisons carlistes où il est présenté par sa mère, femme d'un émigré, aujourd'hui valet d'un roi exilé; il se l'end dans un pays dont il connaît tous les détours et par où doit passer le prince qu'il doit frapper... l'imprudent ne dissimule pas même ses coupables projets ; comme si les Français devaient être ses complices, il crie vengeance; il profère des menaces sur le passage de sa voilure; enfin le soir, il entre dans le parc d'un château par une porte dérobée, s'approche dans la nuit du salon éclairé, et, par la fenêlre, tire presque à bout pourtant sur le piince une balle qui effleure son front el va s'applatir sur son buste de marbre , comme si la providence voulait montrer aux ennemis de l'ordre,