SAINT-JACQUES
la marquise sojlail du cliàteau, dans la voiinre de la duchesse.
Au détour d'un boulevard , à l'endroit o"ii une large plaine se déroule à gauche, derrière des bâtimens qui la bordent, un grand cri suivi de l'apparition d'une troupe de gens de toutes sortes, hérissés de bâtons, d'outils , de faux et de sabres, arrêta tout-àcoup la marche du cortège. La force armée qui chevauchait en tète se replia sur ellemèmesous la vigueur de l'altaque, eL la charrette où l'on avait fait monter Albéric au sortir de la grille, se trouva entourée de ses libérateurs. Dc^'à l'un d'eux s'élançait pour escalader la banqucl le , lorsque le duc de la Bérésina voyant le danger, commanda une charge de cavalerie, accourut au galop avec l'arrière garde, se joignit aux gens de Rhubert qui frappaient ferme, et cette cohue sans ordre, sans discipline, se dissipa en un clin d'œil , écrasée sous le fer des
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chevaux, ou rejeltée au loin dans la plaine.
Albéric ne fut pas plus triste de cet échec qu'il n'était triste de sa mort : il avait désormais fait l'abandon de sa vie : il sentait qu'une main de fer s'appesantissait sur lui et que toute résistance était inutile, il comprenait que, jeté dans la carrière publique comme dans une mer orageuse , il ne lui était plus possible d'aborder au rivage tranquille de l'existence intérieure ; il était flottant surl'abyme; l'orage grondait toujours et il devait y périr. Seulement une pensée horrible , pleine d'angoisse et de désespoir, empoisonnait ses inslans : depuis le jour de sa captivité, il n'avait pas revu sa mère : il lui avait écrit à elle qui connaissait son innocence et elle n'avait pas répondu.
J'ai tari en elle les sources delà tendresse, se disait-il avec des larmes , c'est la dernière douleur que nous avions à souffrir : allons ! mourons comme ce Christ qu'on me faisait
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adorer dans mon enfance, injustement condamné comme lui, mais plus malheureux que lui, car à mes pieds pour receuillir monsang^, pour recevoir mon dernier soupir, je n'aurai pas ma mère.
Ses larmes tombaient en abondance sur sa poitrine, et la main du ministre du ciel les sentaitcouler brûlantes sur l'homme Dieu crucifié qu'il aprochait de la bouche du condamné.
Pauvre prêtre! seul de toute cette foule, vous n'avez pas un mouvement politique dans l'ame ! vous ne voyez, vous ne promettez de patrie qu'au ciel. Et en effet, où serait-elle pour vous la patrie ? Vous qui renfermé dans l'étude et la prière, ne la connaissez que par les malheureux que vous menez à la mort ! vous qui courbé sous les années et lesdévoû- ' mens avez escorté dans leur, dernier voyage Antoinette de France, d'Enghien, Georges, Louvel, louteslesvictimes, tous les martyrs î