UX REMORDS
le parlî républicain est anéanti et rien ne peut le ranimer : la clémence mettra un terme à toutes les haines : les pensées se confondront dans l'amour et le respect pour votre Majesté.
Quelque soit votre arrêt , je n'en serai pas moins fidèle aux devoirs que ma place m'impose : chargé par le ministre de diriger la force armée qui conduira le condamné à Téchafaud , je le remettrai au bourreau comme la prison me l'aura confié. Si son parti tente de le sauver, je me ferai tuer à mon poste, plutôt que de reculer d'un pas.
Quand cette lettre parviendra à votre Majesté, l'heure de l'exécution sera prochaine : mais les rois sont toul-puissans et le pardon peut marcher plus vite que le supplice.
Le Duc de La Bérésina.
iiA BARRIERE SAINT-JACQUES.
Rien n'avait été négligé pour assurer la prompte exécution du jugement.
Les papiers étaient partis de la chancellerie plus rapidement que jamais : le duc de la Bérésina avait donné ses ordres et d'échelon en échelon, ils étaient descendus jus-
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qu'aux simples municipaux qui tous se paraient . se brossaient , fourbissaient leurs armes et blanchissaient leurs ceinturons comme pour un jour de fête.
C*est qu'en effet, c'en était une pour tous ceux qui auraient eu quelque chose à débattre avec le résultat de l'acte qu'ik allaient punir. Le ministère de la justice aurait perdu son ministère, Porcheron son fauteuil, et ïe duc de la Bérésina son commandement r le procureur général serait redevenu avocat des. régicides ; Rhubert , au lieu de rester à la tête de sa police , aurait été mis au cachot par la nouvelle: il n'est pas si mince gendarme qui ne tremblât encore et le fiisson de reffix)i finissait à peine dans l'esprit des sergents , protecteurs naturels de tous les régimes.
Le comte Porcheron de Clerambaut ne laissait pas d'être fortement contrarié de l'homonymie qui existait entre Albéric et
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hii. Dans un accès d'enthousiasme et de dévoù nient à son souverain, il songea même un instant à rédiger une demande à l'effet d'obtenir du garde des sceaux la pernntission de changer de nom ; mais il en fut détourné par une réflexion bien simple de la comtesse son épouse, c'est qu'il n'était pas Clérambaut du tout et qu'il ne pouvait échanger ce qu'il ne possédait pas : qu'en supposant même qu'il transmit ce sobriquet à ses descendans ce ne serait pas un mauvais souvenir d'avoir eu jadis vm membre de sa famille décapité pour cause politique : toutes les grandes maisons en étaient là, et c'était un point de contact de plus avec ces gentilshommes près desquels il était appelé à siéger dans l'histoire.
Cependant le cortège commençait à soitir et l'appareil sombre de la cérémonie se mariait tristement aux tristesses du ciel. Tout était terne et gris ralmosphcrc : un vent
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noir, humide et froid pesait sur les sens : ledeuil de l'horizon correspondait au deuil des . esprits.
Albéric pâle, non de la mort qui s'avançait, mais de toutes les douleurs qui l'accompagnaient, marchait grave et lent sur le sol glacé : pieds nus, le front couvert du voile des parricides , les mains attachées derrière le dos comme un assassin dont on craint la résistance jusque sur l'échafaud même; il passait, calme et résigné au milieu d'une population divisée en mille passions contraires!
Au milieu de ces groupes, on distinguait, surtout un grand nombre de figures animées d'un sentiment d'intérêt plus que de curiosité et qui semblaient attendre un signal pour agir : c'étaient les conspirateurs sincères de cette réunion où Albéric avait été nommé l'exécuteur des hautes-oeuvres politiques.
Eux aussi avaient fait leurs préparatifs :
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})It'iiis crcslime pour la loyauté d'AIbéric qui avait si bien tenu parole, ils avaient rassemblé des extrémités de Paris toute la bande des gens d'action de leur connaissance, ne cherchant qu'un moyen de bouleversement à l'aide duquel ils pouvaient ressouder leur existence fêlée, ils n'avaient pas compris dans cet acte suprême l'exécution d'une haute pensée où un homme se dévoue pour tous. Us voyaient en Albéric l'homme qui ferait le coup et ils l'avaient nommé pour cela, comme ils l'auraient choisi pour tuer le postillon d'une diligence. Mais leur instinct avait sa fidélité : il y a beaucoup d'honnêtes gens qui n'ont pas en loyauté ce que bien des coquins possèdent : ils auraient rougi d'abandonner celui qu'ils avaient mis en avant , et ils marchaient ainsi par groupes, tout prêts à se faire sabrer pour le sauver.
Mais sur le même terrain où ils s'agitaient.
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revêtus du même coslua.e et porteurs de figures tout aussi peu recommandables , erraient les agens que Rhubert avait disposés en échelons pour éventer les mines et faire avorter la délivrance.
C'était pour ce Figaro monarchique îe cinquième acte de la comédie qu'il jouait depuis si longtemps : il avait bien eu par ci, par là , comme le Scapin de la vieille roche, des applaudissemens et des bourses jetées de haut lieu , en paiement de ses roueries et de ses intrigues, mais le succès qui couronne le dénoûment , mais l'apothéose de l'auteur, c'était aujourd'hui qu'il fallait l'obtenir. Aussi avait-il déployé ses forces et au premiei" coup de sifflet , son armée était prête à se déployer, moins parée, moins luisante, moins buffletée, mais aussi dévouée, aussi courageuse, aussi intelligente que la garde nationale, sa sœu!\ Déjà le convoi avait at- Iciiil la moitié de sa couî:.?: en ce moment