‹ Albert BaertsoenChapitre 12 sur 36 · EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

EN HOLLANDE

convenue. Baertsoen, avons-nous dit, trouva à Bruges l'occasion de se rapprocher de son idéal généralisateur. L'importance du Couvent est surtout dans cette conquête par les sacrifices.

Pendant tout un été, Baertsoen travailla amoureusement à cette œuvre de dimensions moyennes. Avec ses boiseries de vert tendre, ses fenêtres croisillonnées, ses toits rouges envahis par la mousse, son lambrissage de goudron noir, le tout unifié par les buées d’un temps

gris, la « Maison de la Grande Dame » médite comme une âme. Pour aimer la noblesse du site, nous n'avons pas besoin de connaître qu'une vraie grande dame, d’antique aristocratie, l'habite ; pour goûter le charme mystique de l'œuvre, nous n'avons pas besoin de savoir que nous sommes au Béguinage de Bruges. Ce n est pas pour la grâce de l'architecture, ni pour la douceur des pelouses que Baertsoen a peint cet endroit; c'est pour le sentiment qui religieusement y vibre. Il a retracé l'existence totale de la cité croyante en peignant une façade. Nous sommes bien dans les Flandres, mais la beauté du paysage est toute symbolique ; le béguinage qui est sous nos yeux n'est plus celui de telle ou telle ville, la maison qui se dresse devant nous est celle de la pure prière; son titre la définit à merveille : c'est le Couvent. |

. Rouché, à Paris.

App. à

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