‹ Albert BaertsoenChapitre 11 sur 36 · LES · texte numérisé non relu

LES

Gand.

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son CAaland remplissant le ciel d'une voile grandiose, son Moulin menaçant du haut de sa colline le ciel sombre qu il fauche de ses ailes géantes et sa Por fantastique qu encadrent d'opulentes frondaisons et qui livre passage à quelques laboureurs évoquant un cortège médiéval, tant le groupe se transfigure dans la lumière et le décor. Enfin Mellery a symbolisé l'antique capitale de notre art dans une harmonieuse figure de femme posée noblement devant le Beffroi, entre deux vues intérieures de la sépulcrale église de Jérusalem.

Mais Bruges, parmi les maîtres modernes, n’a pas encore trouvé sox interprète, comme tant d’autres villes historiques ont trouvé le leur. Aucun peintre n’a voué sa vie à la cité; aucun même n'a réussi, comme Rodenbach, à confondre son nom avec la gloire universelle de la commune défunte. Pourtant Vz#7/ ad Brugas / comme l'écrivait au xvi° siècle un professeur d'éloquence de l'Université de Louvain. Les autres villes de la Flandre sont belles, mais rien n'est comparable à Bruges, Vz#7/ ad Brugas !. Nul flamand, fût-1l le plus voyageur et le plus épris de pittoresque étranger, ne discutera cette parole. Bruges est le parterre de nos plus belles fleurs d’héroïsme, d'indépendance, de richesse et d'art; le hasard des moindres flâneries y découvre les témoignages les plus pathétiques et les plus solennels du passé ; l'architecture brugeoise trace un drame complet s'étendant sur plusieurs siècles, et l’apaisement des verdures innombrables, des canaux paresseux, des façades adorables superpose partout à la voix tumultueuse d’autrefois, une mélodie idéale, unique, la plus pure qu'exhale l’âme de la mère Flandre. Rien ne peut dire le charme

du grand livre brugeois, rien ne peut dire sa suavité unique : /Vz/al ad Brugas ! |

Cette beauté : doit-elle rester ‘inaccessible peintres? Les pignons jaunes, les toits rouges, les cygnes ondoyants, les canaux gris, les coins de béguinages ont fourmillé dans les expositions. Aucune volonté ne s’est obstinée devant le spectacle brugeoi> jusqu'à en faire naître la synthèse. Pour Baertsoen, Bruges ne pouvait se détacher du chapelet des villes flamandes. Il y fit un grand pas vers son terme idéal. Mais si Baertsoen peut être considéré comme le peintre d’une ville, c'est comme peintre de Gand; c'est dans sa propre cité qu'il accomplit l'acte de définitive adoration au pays natal. Du moins resta-t-1l grand portraitiste de villes dans la Reine des Flandres, du moins s'y montra-t-1l créateur comme dans toutes les autres cités patriales. Il y signa des eaux-fortes qui sont parmi les compositions souveraines de l’art contemporain : tel le Ouwaz des Ménétriers. Et après y avoir peint la Lue de / Afjui, œuvre de début, (collection Jottrand, Bruxelles), et les J/azsons de Dentellières que longent les femmes en grandes mantes, c'est de Bruges qu'il rapporta les deux très belles toiles: Pzonons jaunes(collection Speltink, Gand), et le Couvent (collection Faltis, Vienne), datées toutes deux de l’année 1903.

L'eau au premier plan, puis le quai avec son gardefou blanc, puis deux maisons jaunes ornées de volets verts et coiffées de toits rouges ; telle est l'ordonnance des Pignons jaunes. Pas une âme sur le quai. Impossible de caractériser plus familièrement l'habitation et le paysage brugeois; impossible de parler un langage plus

VIEUX MURS SUR L'EAU App. à M. Faltis, Vienne.

là

sobre. Ces deux façades-sœurs racontent toute la ville et nous n'avons pas besoin de savoir qu’elles s'élèvent sur le quai de la Potterie pour être imprégné de l’atmosphère brugeoise. Mais si simple qu'il fût, le tableau se réclamait encore d’une tradition pittoresque un peu

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