Procès-Verbal, 7 octobre
Les treize signataires étaient : Ad. Baudon, le vicomte de Bélizal, A. Benoist d’Azy, Lucien Brun, Chesnelong, le vice-amiral marquis Gicquel des Touches, Kolb-Bernard, Keller, La Bassctière, de Lanjuinais, de Mackau, Albert de Mun et le baron de Ravignan,
et Keller de faire avec Lucien Brun et lui-même « cet acte public d’union auquel on aurait pu donner la consécration d’une action vigoureuse ». Il s'était heurté à un refus.
Cette inaction avait eu, selon lui, pour effet de livrer le terrain électoral « aux petitesses politiques, aux conflits des conservateurs, aux mesquineries des orléanistes, et aux critiques des bonapartistes ». Le Manifeste venu trop tard, ne pouvait être qu’une « fusée », un «€ coup d’épée dans l’eau », des « paroles sans effet ».
Ces qualificatifs qui se succèdent sous sa plume, quand il écrit à Geoffroy de Grandmaison, son secrétaire bénévole et son ami, trahissent l’amertume qu’il éprouve devant cette action tardive et incomplète. Son concours fut réticent ; sans doute avait-il cru un instant que l’Appel des Treize inaugurait une action constructive. L’Amiral Gicquel des Touche: qui lui demanda son adhésion au nom des organisateurs, Chesnelong et Lucien Brun, le lui avait dit explicitement ; il ie rappellera le 6 novembre :
« Lorsque, le 23 juillet dernier, j’ai eu l’honneur de vous prier en son nom (Lucien Brun) et en celui de M. Chesnelong, de fortifier de votre adhésion l’Appel aux électeurs catholiques, je vous disais, de la part du premier de ces Messieurs, que cet acte pouvait devenir la base de la constitution d’un grand parti catholique qui était peut-être appelé à rendre par son union de grands services dans les circonstances que l’avenir ne fait que trop prévoir. »
Au lieu de réaliser ces espérances le manifeste n’avait été, au dire de de Mun, qu'une manifestation beaucoup trop tardive et qui faute d'organisation et de moyens d’action ne pouvait avoir de lendemain.
Aussi refuse-t-1l d'engager l’'Œuvre des Cercles en faisant figurer son étiquette sous sa propre signature. Du coup, toutes les désignations d'œuvres furent abandonnées, et cette décision altéra le caractère même du manifeste qui cessa d’être celui des dirigeants d’œuvres catholiques pour n'être que celui de quelques personnalités.
Cette concession lui ayant été faite, « je n’ai pas voulu refuser une signature, confie-t-il à Grandmaison, mais je l'ai donnée à regret et je crois bien que ce sera la dernière