L'APPEL DES TREIZE
fois que j’attendrai, pour agir avec mes amis, le bon plaisir des hommes pour qui la protestation est le dernier terme de la politique ».
Appel aux électeurs émané d’une réunion des représentants d'œuvres, le Manifeste des Treize ne comportait rien de constructif. Plusieurs de ses signataires n’avaient, dit de Mun, ni programme commun, ni sur beaucoup de points d'idées semblables. Aussi leur groupe éphémère ne pouvait-il servir de base à la constitution d’un parti catholique.
Le Manifeste des Treize, note de Mun en marge de son dossier, fut le point de départ du parti catholique. C’est qu’en effet, si imparfait qu'il fût, ce groupement traduisait la conscience qu’avaient certaines personnalités catholiques de la nécessité d’un rassemblement. Il avait révélé certaines possibilités matérielles de l’effectuer. Ces possibilités d’action, de Mun était un homme préparé à s’en servir, prêt à la lutte.
Mais cette manifestation lui avait montré aussi ke faiblesses et les dangers d’un tel groupement, hétérogène, tardif, démuni de tout moyen d’action. Pour faire autre chose qu’une protestation de plus, il se résolut à agir seul, avec l’espoir d’entraîner ses collègues dans son sillage.
C’est pourquoi dans les semaines suivantes nous verrons de Mun se préoccuper fort peu de ses collègues et beaucoup de l’opinion, avec le dessein de placer ceux-là devant une action résolument engagée où ils viendraient prendre rang.