‹ Albert de Mun et le Parti Catholique: Thèse Complémentaire Présentée Pour le Doctorat ès LettresChapitre 29 sur 54 · LES RÉACTIONS CONTRE L'EXEMPLE DE L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

LES RÉACTIONS CONTRE L'EXEMPLE DE L'ÉTRANGER

L'influence des partis catholiques d'Allemagne et de Belgique, si visible dans la tentative de de Mun provoqua elle aussi de sérieuses mises en garde. C’est Mgr. Freppel qui rappelle, nous l’avons vu, l’absence de toute question dynastique, de toute contestation sur la forme du gou vernement dans chacun de ces pays, ce qui permet aux Evêques de prendre librement parti.

Hervé-Bazin croit possible et souhaite la constitution d’un « Centre Catholique Français », mais il rappelle les débuts discrets du Centre Allemand pour demander à de Mun de commencer « modestement, sans trop de tapage ».

De son côté le duc d’Ursel, son beau-frère, met de Mun en garde contre une comparaison superficielle avec le parti catholique belge, d'autant plus à craindre que le projet sera mieux accueilli par les Belges :

Tu verras que c’est encore en Belgique que tu rencontreras le plus d'approbation et d'appui. La presse catholique chez nous n'est pas absorbée par les préoceupations de l'opportunité et les défenseurs des principes abstraits y sont nombreux et puissants... mais je veux te mettre en garde contre de trompeuses analogies de situations.

En Belgique où l’action catholique a porté des fruits catholiques si abondants, le parti est composé d'éléments

bien moins disparates et sujet à bien moins d’influences diverses qu’en France. D'abord la forme du gouvernement n'étant pas en question, l'entente sur le terrain religieux et même économique ne se complique pas de funestes réserves pour le lendemain du triomphe. De plus les Evêques et le Clergé y ont une action prépondérante ; mais les premiers sont au nombre de six facilement rendus homogènes par leur prompt renouvellement et de plus complètement indépendants du gouvernement. Ils ont dans la main un clergé constamment tenu en haleine par le caractère de plus en plus irréligieux et intolérant du libéralisme 1, En France, à coup sûr, le caractère irréligieux de la majorité ne fait pas défaut, mais les chefs sont fonctionnaires, la concordance d’opinion et d’action est rendue presqu’impossible par leur nombre, et je me demande si tes idées trouveront dans ce milieu l'appui sympathique qui doit se traduire par une efficace coopération.

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