Allusion à la « Guerre scolaire
son programme social ne saurait constituer un terrain d'union. Vous ne justifierez pas l’insertion de ces articles dans un programme général proposé à tous les catho- ‘liques. Vous ne pourrez pas le faire à moins de supprimer une liberté d’appréciations que l'Eglise nous laisse : In dubiis libertas. Le Monde reproche encore à la lettreprogramme de ne tenir aucun compte des entraves qui gênaient en France la liberté d'association. « En cette matière, remarquait-il, un projet général est toujours dangereux à formuler et rarement efficace.
Aussi l'organe de Mgr. d’Hulst trouve-t-il que de Mun a assumé seul une bien lourde responsabilité, soit qu’il n’ait pas sollicité, soit qu’il n’ait pas obtenu l’entente avec les autres chefs catholiques et conservateurs. Ainsi Mgr. d’'Hulst suivait-il à la lettre le conseil du Cardinal.
La question étant ainsi posée devant l’opinion, les journaux s’engagèrent les uns à la suite de l’Univers, favorisant le projet, les autres derrière le Monde, le combattant.
Mer. de T'Serclaes après un minutieux dépouillement de la presse a établi que sur 77 journaux conservateurs ou catholiques, 35 se montrèrent favorables à l'initiative d’Albert de Mun et 42 opposés.
Parmi les journaux favorables il indique avec Univers et la Croix, les Semaines religieuses de Cambrai, Angoulème, Beauvais, Mende, Châlons, Agen, Rodez et Coutances. Parmi les organes hostiles il cite avec le Monde et l’ Espérance du- Peuple, V' Anjou, la Semaine religieuse de Soissons, le Journal de Saint-Quentin, la Bourgogne, la Guyenne et l'Union de l'Ouest. L’impression générale, on le voit dans la lettre du marquis de Mun, fut celle d’une presse hostile, sans doute parce que les arguments des adversaires portèrent plus que ceux des partisans et qu'ils eurent le Monde à leur tête.
L'opposition de l’Anjou était grave pour de Mun, mais les historiens ont attaché plus d'importance à celle que Mgr. Thibaudier, évêque de Soissons, exprima en termes très vifs, presqu’agressifs, dans la Semaine religieuse du diocèse, le 3 novembre, cela malgré les efforts directs et indirects de La Tour du Pin, son influent diocésain,
Mgr. Thibaudier ÿ reprochait au nouveau parti de solidariser, malgré les avis du Saint Siège et des Évêques, la religion catholique avec un parti politique et, disait-il, de « river la cause de l'Église à celle d’une monarchié terrestre ». Il révoquait en doute l'intelligence et la docilité des organisateurs. L’article créa une impression pénible 1.
Très affecté, La Tour du Pin fit effectuer une première démarche par la marquise de Saint-Chamans qui n’obtint qu’une confirmation de l’article. Ce que voyant la Tour du Pin écrivit au prélat une réfutation qui constitue en même temps un plaidoyer en règle pour le parti.
La thèse ? de La Tour du Pin est qu'il s’agit avant tout
1. On pourrait instituer un parallèle entre l’attitude de Mgr. Thibaudier et celle de la Tour du Pin. Tous deux, le premier sur le plan politique, le second sur le plan social, se situent à l’opposé de l’opinion courante. Si la Tour du Pin trouve de Mun trop modéré dans l’expression de son programme social, Mgr. Thibaudier lé trouve trop timide dans son affranchissement à l'égard des royalistes. Tous deux sont à peu près seuls de leur avis et suppléent à cette faiblesse par leur insistance, réitérée chez le sociologue d’Arrancy et violente chez son Evêque.