‹ Albert de Saint-PouanceChapitre 1 sur 2 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

MBRAIiUi: DE CHARLES GUSSELIN,

Ktlilcur de la Bibliothè(|ue rlElik- ,

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Ce que j'ai voulu peindre dans le livre que j'adresse aujourd'hui à mes lecteurs, c'est cette fraction de la jeunesse actuelle, livrée à son libre arbitre, qui vient, dans le grand cirqUe des luttes modernes, nset ses facultés, son intelligence, se limer jusqu'à etiiièi' épuisement, pour atteindre je ne sais quel but qu'elle n'entfevoit pas, pour parvenir à je ne

iT AVANT-PROPOS.

sais quel faîte, dont les sommets demeurent toujours inaperçus. Née au milieu des révolutions, élevée entre des partis qui se choquent , qui tour à tour triomphent et sont vaincus, après avoir pendant quelques jours assis leurs prétendus principes sur le trône du pouvoir, la jeunesse actuelle a grandi , je ne dirai pas sans croyances religieuses, ces croyances sont depuis long -temps ébranlées, dans les masses, mais sans croyances morales , politiques ou intellectuelles.

Quelque chose de plus mortel que le scepticisme a frappé les jeunes générations : c'est l'athéisme social; c'est l'absence de toute foi morale, politique ou intellectuelle. La jeunesse actuelle vit pour vivre, s'agite pour obtenir le mouvement, cherche pour alimenter la curiosité de son esprit. Mais la lumière ! mais la croyance ! mais la foi ! elle ne possède aucun de ces trésors , et volontiers elle ferait comme ces vieux Juifs qui ouvraient leur fenêtre à chaque orage , espérant voir arriver le Messie jusqu'à eux.

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La jeunesse riche est plus particulièrement atteinte de cette maladie mortelle ; chaque année elle laisse sur les champs de bataille du monde quelques pauvres victimes tuées, celles-ci par l'épuisement que produit la satiété des jouissances physiques, celles-là parle dégoût ou par l'ennui. La jeunesse actuelle veut paraître vieille et usée de bonne heure ; ce qu'elle cherche, c'est l'imitation des vices de toutes les sociétés corrompues , de tous les empires en décadence. Elle consacre ses pi'emières et plus précieuses années à toutes les folles orgies dont elle se fait une gloire, et quand l'ennui vient la trouver au milieu de ses tristes joies, elle rejette la couronne de lierre qui parait sa tête; elle repousse les courtisanes qui lui faisaient cortège , et elle demande la robe virile; et elle s'étonne qu'on ne Finscrive point sans hésitation parmi les hommes graves , au nombre de ceux qui s'occupent des intérêts de la patrie.

î^a jeunesse actuelle a dans toutes les capitales

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