‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 122 sur 163 · Voy. Catalog. der Ausstelliing, etc., du Dr Lippmann · texte numérisé non relu

Voy. Catalog. der Ausstelliing, etc., du Dr Lippmann

dans son pays un terrain plat et étroit, situé entre la mer ou une grande eau et une montagne ou des rocs escarpés, et le roc ou la montagne conformés de sorte qu’on ne pourrait y traverser avec de grosses pièces, la route entre la montagne et l’eau étant un peu étroite, mais d’une longueur considérable, il devrait y construire un solide fort à donjon, grâce auquel le pays en cet endroit serait fermé1. » Dürer, on le voit, avait compris toute l’importance du système de défense à l’aide de forts détachés qui est universellement adopté aujourd’hui.

L’escrime aussi avait attiré son attention. Au British Muséum, dans un manuscrit de notre maître sur differents sujets, on rencontre deux dessins montrant deux couples de combattants à l’épée avec ces mots explicatifs : « Item, les quatre pièces suivantes représentant les quatre manières de se mettre en garde l’épée à la main, comme doit le faire un maître habile, et les quatre ripostes ou parades correspondantes », 1 5 12 et le monogramme 2 .

Dürer s’occupa aussi de l’illustration d’un ouvrage sur l’horoscopie, composé sans doute par Pirkheimer dont on reconnaît l’écriture au verso de quelques esquisses à la plume faites à ce sujet par notre maître : un chevreau, un lion regardant dans une cruche, un chien et une grenouille ; à la plume (collection de M. Blasius). Ces quatre dessins d’animaux ont été détachés d’un manuscrit latin; ils portent des numéros d’ordre de la main de Dürer , les animaux figurent les constellations qui , selon les

1. Voy. Grimm, t. II, p. 201. Albrecht Diirers Einfluss auf die Entwicklung der deutschen Befestigungskunst , par M. de Goltz.

2. Voy. Zahn, Jahrbücher fur Kunstwissenschaft, I, 20. — On a deux exemplaires, l’un à Breslau, dans la bibliothèque de l’église Sainte-Madeleine, l’autre à Vienne dans la Fideicommis-Bibliothek, d’un manuscrit intitulé ÔTtXoMàaxaXîa sive armorum tractandorum meditalio Alberti Dureri anno i5i2. Malgré la concordance de cette date avec celle des dessins de Londres, les manuscrits de Breslau et de Vienne semblent apocryphes (voy. Thausing, p. 5 1 8).

croyances du temps, exerçaient une influence directe sur la destinée humaine *. A cette série se rattache un petit chien (cabinet des Estampes de Berlin), ainsi qu’un porc, une sorte de pélican et un vautour également à la plume (British Muséum)2. On retrouve encore l’écriture de Pirkheimer au verso d’un dessin, destiné probablement au frontispice de quelque livre du savant écrivain ; deux génies ailés debout, nus, tiennent chacun en l’air une corne d’abondance, au-dessus d’une lucarne ouverte dans un fronton cintré;

au milieu de la lucarne le profil d’un homme barbu couronné de laurier; des deux côtés , deux lapins dressant les oreilles ; le génie de droite semble faire un pas comme pour se retirer; celui de gauche, la tête penchée en avant, pose un pied sur un dauphin fantastique ; audessus de la lucarne, i522 (collection de M. Blasius)3. L’exécution, d’une plume spirituelle, piquante, -rappelle le Livre d’Heures de Maximilien, où nous avons déjà rencontré des génies et des lapins analogues.

Rien de plus étonnant qu’une aquarelle de 1 5 23 , une double étude, d’après nature, d'un mufle de bœuf; les naseaux qui viennent de respirer l’air froid sont encore tout humides; le réalisme sain n’a jamais été porté plus loin (collection de M. Malcolm, à Londres).

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