‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 18 sur 163 · Passavant, II, 1 5p et · texte numérisé non relu

Passavant, II, 1 5p et

dans plusieurs compositions du maître : après i5oo, dans le Chevalier d’un volet du tableau d’autel de Paumgærtner (Pinacothèque de Munich); en i5o2, dans le triptyque de la Crucifixion (chez l’archevêque de Vienne) ; en i5o8, dans le Saint Georges (B. 54) où il se présente de dos ; en 1 5 1 3 , dans l’admirable gravure le Chevalier , le Diable et la Mort (B. 98), où Dürer, sans le modifier, l’a placé sur un cheval qu’il emprunte au Colleone de Verrocchio ; la monture du même lansquenet reparaît, aussi peu étudiée, dans le Saint Eustache (B. 5y) l 2.

Cette même inexpérience, cette même gaucherie dans les mouvements du cheval se manifestent, mais avec une science plus marquée de la forme, attestant de patientes études % dans un dessin de i5o5 représentant un Tartare en selle, retournant la tête vers un petit cavalier armé d’une lance, placé dans le fond; l’attitude de l’homme rappelle celle du Petit cheval (B. 96) ; la monture ressemble au Grand cheval (B. 97); à la pluma (musée du Louvre).

Aussi /mal dessinés sont les deux chevaux assaillis par deux lions et deux lionnes. Quoique les chevaux soient d’un type antique, l’anatomie des jambes est tout à fait défectueuse; le combat d’ailleurs est présenté d’une façon si maladroite qu’un des deux

1 . Ce dessin est accompagné de ces mots : Voilà quel était alors l’équipement usité en Allemagne i4g8. Une inscription de ce genre : L’an i3y2 après la naissance du Christ on a ainsi combattu à cheval, se trouve sur un croquis à la plume du British Muséum, représentant un cavalier et son cheval tout bardés de fer, le cavalier s’apprêtant à décharger un coup vigoureux; sur la même feuille une ceinture de natation avec attaches et tuyau assez compliqués : « Ceci, écrit Dürer, est une ceinture avec laquelle on nage dans l’eau; on l’attache sous les aisselles. ».Au verso, deux cavaliers armés de toutes pièces, se chargeant; étude faite, comme la précédente, au point de vue spécial des armures; au haut, la même ceinture qu’au recto, sous une autre face,

et ces mots : Ceci est un que l’on gonfle pour nager à travers un large espace

d’eau.

2. Il est à remarquer que, même après ses longues études sur 1 anatomie du cheval, Dürer donne encore parfois à cet animal des mouvements très arbitraires, comme dans un cavalier tartare tenant un arc tendu, et dont le cheval est couvert

ALBERT DÜ R ER.

chevaux semble prêt à avaler un des lions ; sur la même feuille, à gauche, plus haut, un taureau poursuivi par un dogue ; plus haut encore, un lion pressant un cerf qui s’enfuit; au milieu, un loup enlevant un agneau, et un taureau attaqué par un chien ; le taureau, par suite des divers repentirs, paraît avoir deux arrière-trains ; les têtes des animaux sont d’une expression presque bouffonne; plume très fine, mais un peu sèche; en bas, le monogramme et la date i5o5 ; gravé par Strixner (cabinet des Estampes de Munich). Enfin, un charmant dessin à la plume : un groupe de trois cavaliers se concertant ; ils portent des costumes à peu près semblables et des coiffures différentes, l’un, un léger turban enroulé; l’autre, un bonnet pointu; le troisième, un feutre dont le bord antérieur est levé et le bord postérieur abaissé. Leurs montures sont couvertes de housses pendantes à glands ; celle de gauche est encore d’un mouvement conventionnel, ses jambes de devant sont en bois; celle de droite, au contraire, est d’une allure tout à fait libre etv d’une élégante désinvolture (Musée du Louvre, collection His de la Salle) h

d’une housse richement brodée; à la plume; 1 5 1 7 (musée du Louvre). Ce dessin n’est pas sans parenté avec une petite gravure sur bois dont on ne connaît que deux épreuves, l’une chez M. Mitchell, l’autre chez M. Cornill : un Turc galopant vers la droite, portant sur ses épaules un carquois rempli de flèches; terrain semé d’herbes, avec un tronc d’arbre ; la tête du cheval rappelle par sa lourdeur celle de la monture du Petit Courrier et du Grand Courrier (B. 80, 81). Cette gravure ne peut être que de Durer ou d’après lui. L’exemplaire de M. Mitchell est un feuillet détaché d’un livre. De 1 5 1 7, à la plume, un autre Turc à cheval galopant, lançant une flèche (Ambrosienne).

1. Reproduit dans Émile Galichon, Albert Durer, sa vie et ses œuvres, p. 9.

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