‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 29 sur 163 · ÉTUDE DE TETE · texte numérisé non relu

ÉTUDE DE TETE

Cabinet des Estampes de Francfort.

fine qu’énergique, surtout dans l’oreille et les cheveux; à la plume (British Muséum) ; — une oreille aussi parfaite que la précédente

se retrouve dans un très beau profil d’homme tourné à gauche, d’une remarquable pureté de lignes ; quelques traits de plume vifs et légers pour les cheveux et le bonnet (classé, à tort, au cabinet des Estampes de Francfort, parmi les maîtres allemands anonymes, n° 5q33) h

Vers la même époque, Dürer s’occupait de travaux de plus longue haleine; en i5o2, il exécute ses trois grands dessins pour le triptyque du Crucifiement . est i né à Frédéric le Sage, comme en témoignent les armes électorales de Saxe qui décorent les volets (aujourd’hui chez l’archevêque de Vienne, à Sanct-Veit près Vienne). Le panneau central est une large composition animée par une foule de personnages aux costumes et aux attitudes variés. La perspective est défectueuse; Dürer n’était pas encore allé à Bologne étudier « la science de la perspective secrète » ; de là, au lieu de fonds fuyants, un terrain trop perpendiculaire. Le dessin semble divisé en deux parties trop indépendantes l’une de l'autre; dans le haut de la scène principale, les trois croix se dressent sinistres sur un ciel fantastique, orageux, noir, terrible, déchiré par quelques éclaircies, sillonné çà et là de flammes sombres; le Christ domine de sa haute croix ses deux compagnons de supplice ; Madeleine, la tête levée vers le mourant, embrasse de ses mains et serre de ses genoux le pied de la croix. A gauche, le bon larron rend son âme qui , sous la forme d’un enfant nouveau-né , est recueillie par l’ange miséricordieux dans l’éclaircie du ciel; à droite, le démon, figuré par un hippogriffe, saisit l’âme du mauvais larron expirant dans une agonie convulsive, au milieu d’horribles ténèbres;

i. Au cabinet des Estampes de Berlin (cat. Posonyi, n° 309), un masque de profil à gauche, offrant également une oreille d’un dessin très serré et auprès de laquelle le mot licht (clair) est une étude, en sens inverse, pour une gravure avec divisions géométriques, du Traité des proportions du corps humain (livre I, p. 24 et livre If, p. 71 bis de la traduction française de Loys Meigret, Arnhem, 161 3).

en avant du bon larron, Marie tombant de douleur est soutenue par saint Jean et une des saintes femmes; une autre lève le bras dans un mouvement de désespoir tout mantegnesque, qu’on retrouve souvent chez Dürer; au pied des trois croix une foule de gens d’armes à cheval et à pied surveillent les derniers moments de l’agonie ; les uns donnent des ordres, les autres, armés dépiqués, exécutent les dernières instructions; quelques ouvriers emportent les instruments qui ont servi à fouir la terre et à dresser les croix ; beaucoup d’animation et de vie dans cette scène qui s’étend en éventail sur toute la largeur du dessin.

Plusieurs plans s’étagent dans les lointains : ici des bouquets d’arbres, là Jérusalem avec ses hautes tours, plongée dans la pénombre; à l’horizon de droite, une montagne surmontée d’un pic noirâtre ; en bas, une douzaine de personnages de hautes et fié: es allures, mais d’une énergie exagérée1; celui qui est placé au milieu du groupe, vu de dos,

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