Cat. Posonyi, n
6. Une de ces draperies se retrouve dans une gravure sur cuivre de Dürer, sur les genoux de Marie couronnée par deux anges, de x 5 1 8 (B. 39).
\f Buste du Christ1 avec le bras droit tendu; draperie sur l’épaule gauche (musée de Brême);
i8° Draperie du Christ avec le pied droit et la jambe gauche; au-dessous des silhouettes de tètes d’anges (musée du Louvre);
190 Un des chérubins placés à droite du Christ (British Muséum).
A ces travaux préparatoires, il convient d’ajouter une étude pour les mains de la Vierge, dont l'original a disparu, mais dont on a une fort belle copie sur papier préparé à fond bleu, au pinceau avec rehauts blancs (collection Esterhazy, à Pesth). Sur la même feuille, la copie des mains jointes de l’apôtre n° 8, mentionnées sous notre n° 10. La fidélité de cette dernière copie permet de supposer que les mains de la Vierge n’ont pas été reproduites avec une moindre exactitude ; on peut y reconnaître la main si exercée de Hans Hofmann.
Toutes ces études sont au pinceau sur papier préparé gris bleu ou verdâtre; les lumières sont indiquées par des rehauts blancs; on y voit dans tout son éclat la pleine maturité du génie de Dürer, servie par une manière plus large que dans les années antérieures au voyage de Venise; les draperies surtout trahissent le séjour d’au delà des Alpes; aux plis cassés, durs et tourmentés de l’école primitive allemande succède une simple et majestueuse aisance.
Il faut encore signaler, à propos de cette œuvre capitale, trois morceaux de Dürer qui s’y rattachent par des rapports plus ou moins étroits : i° une Assomption de la Vierge couronnée par le Christ en empereur du saint-empire et par un séraphin; dans le bas, les apôtres pêle-mêle auprès du tombeau; au premier plan, le drap mortuaire et un brancard qui a servi à apporter le corps. Ce dessin à l’aquarelle (collection de M. Louis Galichon prove-
ï . La tête est toute différente de celle du tableau.
nant de l’ancienne collection Firmin Didot) est de i5o3 ou antérieur à cette année , puisqu’on en a , au British Muséum , une copie datée i5o3‘. Quoiqu’on puisse y voir la première pensée du tableau d’autel, elle lui est à tous égards très inférieure; les deux parties de la scène ne sont point, comme dans le triptyque, judicieusement séparées par un espace suffisant; le chœur céleste, la Vierge notamment, au lieu de s’élever dans les airs, semble peser lourdement sur le groupe des apôtres; l’ordonnance confuse et bruyante de la partie supérieure, Le manque de tout idéal dans les traits de Marie, la lourdeur des draperies montrent que Durer (bien qu’il eût déjà composé V Apocalypse) était encore loin de cette harmonie savante qui donne tant de prix à ses compositions postérieures1 2 ; 2° deux croquis à la plume de l’Assomption (bibliothèque Ambrosienne et cabinet des Estampes de Berlin, pour la dix-neuvième gravure de la Vie de la Vierge, de 1 5 1 o) rappelant la composition et le groupement du panneau central ; Dürer paraît n’avoir emprunté pour ces esquisses que les parties capitales de l’œuvre de i5o8; 3° la 19' gravure de la Vie de la Vierge , en sens inverse du précédent dessin, avec d’importantes additions à cette Assomption.
Le nombre et la variété de ces études témoignent assez du soin minutieux que Dürer donna à ce triptyque, qui lui coûta plus d’une année de travail. Nous avons d’ailleurs neuf lettres adressées par lui à Heller qui nous permettent de suivre l’œuvre depuis sa conception jusqu’à son entier achèvement. Dans ces lettres, Dürer se montre surtout préoccupé du désir de bien faire, de rendre son tableau digne de l’admiration des connaisseurs et d’ob-