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Une autre copie chez M. Robinson, à Londres

2. On voit dans l’e'glise de Heilbronn un polyptyque de Wolgemut dont un panneau, représentant V Assomption de la Vierge, semble n’avoir pas été sans une influence directe sur cette aquarelle de Dürer.

tenir de son client une rémunération plus élevée que celle qui lui a été accordée. 11 ne veut commencer son triptyque qu’après avoir achevé le Martyre des dix mille chrétiens pour l’électeur de Saxe, Frédéric le Sage, tant il a à cœur de se consacrer tout entier à sa nouvelle tâche : « Je puis vous écrire en toute sincérité que j’ai travaillé à ce panneau courageusement, sans m’interrompre et sans avoir pris en main aucun autre travail... Il est possible que tel amateur d’art n’en soit point content et lui préfère un tableau de paysan, je ne m’en soucie pas; je ne recherche que l’éloge des gens entendus... Sachez qu’autant que Dieu m’en donnera les moyens, je ferai quelque chose que peu de gens pourraient faire. » Mais en échange d’un zèle si consciencieux, Durer réclame une augmentation de prix. Après une lutte assez longue, il finit par arracher à Heller un supplément de 70 florins à la somme convenue de i3o florins; encore se plaint-il, même à ce prix, d’être en retour : « J’y ai mis de ma poche », dit-il avec quelque amertume. Le triptyque est expédié de Nuremberg à Francfort en août 1509, « bien emballé et pourvu de tout ce qu’il faut » avec toutes sortes de recommandations pour la bonne conservation de l’œuvre : « Tenez-le, dit-il, proprement, qu’on n’y touche pas et qu’on ne jette pas d’eau bénite dessus... Ne le faites plus vernir par personne... Vous ferez bien de revisser les planches afin que la peinture ne remue pas... Si vous l’ouvrez, soyez présent vous-même pour qu’on ne vous le gâte pas... Si une chose à laquelle j’ai travaillé bien plus d’un an venait à s’endommager, cela me ferait de la peine à moi-même. » Hélas ! un siècle et demi plus tard, le Tableau d’autel de Heller n’existait plus.

Fatigué des efforts et des ennuis de toute sorte que lui avait coûtés le triptyque, Durer s’était promis de ne plus rien entreprendre d’aussi important ; il revient sur cette résolution en plusieurs endroits de ses lettres à Heller (lettre V) : « J’y con-

sacre beaucoup de temps et de zèle, si bien que je n’y gagne rien. Aussi devez-vous avoir foi en ma sincérité quand je vous dis que je ne voudrais plus faire un semblable tableau pour moins de 400 florins. Et voici pourquoi : même si je reçois de vous ce que j’ai demandé, il n’en est pas moins vrai que pendant un si long temps il y a plus de frais d’entretien. Vous pouvez imaginer quel est mon bénéfice. » Et dans la lettre VIII : « Ces soins assidus et vétilleux ne permettent pas d’avancer. C'est pour cela que je veux désormais me contenter de ma gravure; si j'avais pris ce parti plus tôt, je pourrais être aujourd’hui plus riche de mille florins. »

Dürer semble avoir voulu se tenir parole au moins pendant quelques années : il n’exécute aucune oeuvre considérable de i5o8 à 1 5 1 1 , sauf le Tableau de tous les Saints dont il reçoit la commande dès i5o8, pendant qu’il exécutait le triptyque de Heller. Ce n’est point qu’il ne songe, même pendant cette période, à des travaux de longue haleine ; mais il s’arrête aux projets, ou n’en entreprend l’exécution définitive que longtemps après. C’est ainsi que, dès i5o8, il fait trois dessins pour le tableau de la Lucrèce, conservée à la Pinacothèque de Munich, qui ne fut peinte qu’en 1 5 1 8. La première de ces études, un quart nature, sur papier préparé de ton vert, nous montre Lucrèce nue, vue de face, la tète inclinée à gauche, le poignard dans le sein; fond noir, à l’encre de Chine avec rehauts blancs; le soin du modelé, la finesse de l’exécution et le raccourci de toute la figure prouvent que l’étude a été faite d’après nature (Albertine) 1 . Sur une autre feuille de même préparation, l’avant-bras droit replié jusqu’au dessus du coude, avec le poignard dans la main, demi-nature (Albertine). Enfin une délicieuse petite tête de la vertueuse Romaine, trop modernisée, sur fond jaune avec rehauts blancs et contours à la plume, au

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