EX LIBRIS POUR PIRKHEIMER
British Muséum.
Plusieurs des érudits les plus estimés de l’époque demandaient à Durer des compositions pour des ex libris, et ces dessins, d’une imagination souvent capricieuse, nous introduisent, pour ainsi dire, par une petite porte, dans un coin de la vie du maître où nous le voyons l’ami des hommes les plus distingués de l’Allemagne savante. Ici, c’est un chaudron ailé, sur pieds d’oie, dont le couvercle est
surmonté d’un lion furieux 1 ; une banderole porte cette devise : Fortes fortuna jurât ; signé et daté 1 5 1 3 (cabinet des Estampes de Berlin); là, sur fond rose, une roue autour de laquelle s’enlacent quatre figures tenant chacune un instrument de travail manuel, une hache, un marteau, des pinces, une équerre; en haut, au centre de la roue, la Fortune couronnée et tenant un sceptre; une banderole porte une inscription incompréhensible2 3; dans les coins, des branches de vigne garnies de feuilles de style gothique; plume, lavée d’aquarelle; au dos de ce dessin, d’une main inconnue : « Albert Dürer a peint ceci dans le livre de Melchior Pfinzing » (cabinet des Estampes de Berlin). Encore, au cabinet des Estampes de la reine, à Dresde, une roue analogue attachée à une corde que tient une main (celle de la Providence), sortant des nuages; au-dessus du personnage posé sur la roue, un sablier et, plus haut, dans une banderole, cette devise : a/s midt der Zeydt 3 (tout avec le temps). Une marque de livre de i5eo (Bibliothèque impériale de Vienne), aux armoiries de Johann Tscherte, architecte impérial, qui prit une part active à la défense de Vienne contre les Turcs, en 1529 4,