‹ Albert Dürer et ses dessinsChapitre 76 sur 163 · Birke signifie bouleau · texte numérisé non relu

Birke signifie bouleau

(sans doute pour Immodestia, la passion violente), tient le cœur dans le brasier; en face d’elle, une autre, Afflictio, frappe sur le cœur avec un triple marteau; au pied de l’enclume, une femme couchée, la victime, Tristitia ; une dernière femme, Consolatio g debout devant l’enclume, lève une main en montrant le ciel vers lequel montent les flammes et les gouttes de sang du cœur; sur la face de l’enclume, le bouleau de Pirkheimer 1 2 (British Muséum). Peut-être un troisième dessin était-il encore destiné au savant helléniste : deux petits génies volant dans les airs et tenant une hampe à laquelle est attachée, par une courroie, une pancarte couverte d’une inscription grecque où l’on remarque les noms de Suidas, d’Eudème le rhéteur, d’Helladias, d’Egidius, etc., ex libris pour un volume formé d’ouvrages de différents auteurs grecs3; gouache (British Muséum).

1. Tous ces noms placés au-dessus des personnages sont de la main de Durer.

2. Ce dessin a servi au maître I.B. pour le milieu d’une gravure exécutée en 1 529, dont les quatre figures portent des noms un peu différents. Voici la description de Bartsch (VIII, p. 3o8, n° 3o) : « Pièce emblématique. — L’Espérance debout près de l’Envie. Celle-là, à droite, bat avec un marteau triplé le cœur d’un homme vertueux que l’Envie tient sur une enclume posée sur la Tolérance, qui est couchée à terre. Ces quatre passions sont exprimées par des figures de femmes dans une forme de médaillon, ménagée dans une table qui est suspendue à une colonne au pied de laquelle sont assis deux génies qui tiennent des trompes, et dont celui à gauche est accompagné d’un chien. Aux quatre coins de la table est écrit : Spes. Tribulatio. Invidia. Tolerantia. Au milieu du bas se trouvent le chiffre I. B. et l’année 1529. Cette belle estampe a été exécutée sur une idée empruntée de Bilibald Pirkheimer, savant et amateur des arts (à cause du bouleau qui se trouve au milieu de l’enclume). Hauteur : 5 p., 5 lign. Largeur : 3 p., i lign. »

3. C’est sans doute encore pour un coin d’ex libris, que Durer avait dessiné à la plume une arabesque de branchages de vigne entrelacés sur lesquels est assis un faune séparant deux chevaux marins (musée de Brème).- — ■ La première pensée de ses propres armoiries, gravées sur bois en 1 5 2 3 (B. 160), ébauche au fusain assez effacée, est au British Muséum.

TRAVAUX POUR ^EMPEREUR MAXIMILIEN. — LIVRES D’HEURES DE MUNICH ET DE BESANÇON. — EXCURSION EN ALLEMAGNE ET EN SUISSE. RAPPORTS AVEC HANS HOLBEIN LE JEUNE.

De i5io à i520, Dürer consacra une grande partie de son temps à des travaux pour l’empereur Maximilien qui faisait volontiers appel à l’élite des artistes nationaux et qui témoigna à notre maître une bienveillante sympathie. Dès son voyage à Venise, Dürer exprimait dans une lettre à Pirkheimer le désir de suivre Maximilien à Rome où ce prince paraissait attendu. En i5o7, il esquisse le portrait de l’empereur1. En i5io, il dessine à la plume, sur une meme feuille, le souverain allemand, à cheval, bardé de fer, dans trois attitudes différentes, de dos, de face et de profil, toujours revêtu de la même armure; le cheval dans ces trois positions conserve le même équipement; à côté du cheval, vu de face, la mention En haut plus grand, reliée par un trait à la genouillère, indiquant que cette feuille de dessin a été faite spécialement pour une étude d’armure2; dans la partie supérieure de la feuille, trois casques de formes diverses; celui du milieu

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