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ai8 Q^LBERT GRIS A %
lents). Ces raisons sont qu'il faut attendre que Couderc soit débarrassé de sa pièce en trois actes pour pouvoir répéter avec fruit la nôtre. — Nous sommes donc tombés d'accord que j'allais me mettre à instrumenter la pièce, afin qu'elle soit entièrement terminée lorsque nous commencerons les répétitions. Je suis à l'ouverture, pour laquelle j'ai trouvé ce que je cherchais, et qui sera, à ce que je pense, un morceau parfait, auquel il n'y aura ni une note de trop, ni une note de trop peu. — Le Joaillier viendra plus tard, et je désire terminer vivement l'orchestration de ma petite pièce pour me remettre à Riquet à la houppe; c'est là une pièce, je crois^ qui consacrera tout à fait ma réputation.
Je suis heureux d'être rendu à mes habitudes et de me retrouver dans ma sphère théâtrale; je m'en trouve à merveille et cela aura de très-bons résultats, — On s'occupe déjà à T Opéra-Comique de 'remettre au répertoire Bonsoir ^ monsieur P antalon »^ — Je n'en serai pas fâché.
Voilà, mon cher Félix, les nouvelles. Elles ne sont pas mauvaises, colhme tu Vois, et si d'ici à tm mois ou six semaines je puis te rembourser les sommes que tu m'as offertes généreusement et avec tant de cœur^ je n'aurai rien à désirer, car je ne me suis jamsiis senti si disposé au travail ; et
Q4LBERT GRISAOi. aig
sî^ ce que je ne présume pas, j'éprouvais un nouveau retard à m'acquitter avec toi (ce retard, dans tous les cas, n'aurait rien d'inquiétant pour moi), je pourrais très- bien te faire devantG... la cession de la moitié des droits d'auteur des pièces suivantes, jusqu'à concurrence de ce que je te devrais :
Fcyage autour àe ma chambre^
Le Joaillier^
Riquet à la houppe^
VAne et le Prince (cette pièce sera prodigieuse de comique),
La Reine Mab (Théâtre-Lyrique).
Mais je ne pense pas que cela sera nécessaire.
Le 10 Novembre suivant, nouvelle lettre, extrêmement curieuse, dans laquelle, après avoir parié de la longue maladie qui pendant un certain temps le tint éloigné de la scène, Grisar donne des détails vraiment intéres* sants sur les procédés d'administration par lesquels se distinguait la direction de l'Opéra* Comique :
Mon thet télix, ii... J'ai appris hier soir au théâtte que Mllt
220 Q4LBERT GRISA^
Lhériticr apprenait le rôle de fEau merveilleuse^ qui serait jouée incessamment par Barielle, qui a une voix de basse magnifique et qui depuis six semaines sait le rôle de Tartaglia. — Je pense que cela sera une bonne reprise. On a aussi fait apprendre Pantalon à une débutante nommée^ si je ne me trompe, Mlle Crost ou Prost, ce qui permettra également de reprendre cet opéra, ainsi que me l'avait promis l'administration. — Enfin je suis au mieux avec Roqueplan ; je ne te parle pas des acteurs et des autres employés qui, depuis le dernier garçon lampiste, me portent tous dans leur cœur. — Je suis donc heureux à ce sujet, et la question d'avenir n'a rien d'inquiétant, bien au. contraire ; et si tu étais près de moi à Paris, et si tu voyais à quel point je serais disposé au travail sans les diables d'ennuis de K..., tu comprendrais que j'ai raison de te dire que tu t'exagères singulièrement les embarras de ma position actuelle et momentanée.
Ainsi donc. J'ai une pièce en trois actes (i) toute prête à être jouée et pour laquelle l'éditeur me donne, pour ma part seule, 40 fr. par représenta-
(i) — Le Joaillier de Saint-James^ dont, on l'a vu précédemment, divers retards successifs reculèrent rapparition de plusieurs années.
tion pendant 18 mois; — un opéra en un acte (i) qui sera joué peut-être iiussi souvent que /es Rendez-vous bourgeois; — un opéra en trois actes (Riquet)y qui sera une de mes meilleures partitions comme touche et comme sentiment, et que je m'engagerais très-bien à avoir entièrement terminé, pour le mois de Mars si le théâtre le désire^ puisque d'après ce que je t'en ai joué, tu as pu te rendre compte du peu' qui me restait à faire ; — un opéra en deux actes pour l'Opéra- Comique ou le Théâtre-Lyrique (2), puisque Carvaïho m'a fait des bassesses pour l'avoir ; — un opéra en trois actes (3) pour Mme Miolan- Carvaïho (Théâtre - Lyrique).
Tranquillise-toi donc, mon cher Félix, et comprends bien qu'une maladie de deux ans coûte de l'argent à Paris comme partout ; que si j'avais su, en tombant malade, que ma maladie se prolongerait deux années y je me serais arrangé différemment.et que dans ce cas je n'aurais pas dépensé ce que j'ai dépensé. Mais, mon cher Félix, ce sont des raisonnements qu'on fait après la guérison et
(1)— Le Voyage autour de ma chambre.
(2)— Sans doute V Ane et le Prince, (3)— Probablement Afraja , dont il sera question plus loin.
222 GILBERT GRISAQi.
non pendant une maladie nerveuse^ de laquelle on espère être débarrassé de mois en mois. — Le malheur^ c'est qu'on n'ait pas joué /e Jùaillier et // Vayugi autour de ma Chambre^ ce qui, toutes dettes payées, m'aurait encore donné 10,000 fr.de bénéfices, et la famille et moi n'aurions pas eu d'ennuis. C'est du guignon...
Voici, mon cher Félix, comment j'ai été mis au courant des circonstances qui ont empêché le Joaillier d'être joué. — Il y a quelques soirs, à l'Opéra-Comîque, Roqueplan me fait appeler ; il était avec son secrétaire, qui est mon ami. ils me parlent de suite de la pièce de Duvert (c'était le surlendemain du four de leur pièce nouvelle), où j'en étais de mon instrumentation, et si je pourrais donner de suite à la copie. Je leur ai de suite répondu que c'était une pièce à soigner par moi, et que j'avais une certaine préoccupation de rentrer à l'Opéra-Comique par une pièce en un acte, mais qu'enfin je n'avais rien à leur refuser et que je consentais à leur livrer la pièce, que j'instrumenterais pendant les répétitions, etc., etc. . Eux enchantés, et me disant : <r et puis, mon cher Grisar, le théâtre reconnaîtra ce que vous faites pour lui, reprise de Pantalon^ de VEau merveilleuse^ etc., etc. ]i — Je vais me coucher par là-dessus, en me disant: c En somme, ce sera toujours quelque
Q^LBERT GRISAOl. 223
argent que je vais gagner, pour patienter, etc., etc. ]» — Le lendemain, à 4 heures du matin, j'étais éveillé et je me suis mis à réfléchira lacon* versation de la veille. J'avais vu à- leurs instances qu'ils avaient absolument (vu leur four) besoin de nouveauté et je me dis : mais le Joaillier ferait encore bien mieux l'affîiire du théâtre, et puisque Faure jaue dans la pièce de Meyerbeer, je le remplacerai par Stockhausen, qui chante admirablement bien aus.si. — Et comme Couderc joue dans les Trois Nicolas^ je le remplacerai par Lemaire» qui est fort comique, et comme cela on pourra jouer en temps et lieu la pièce de Duvert avec le Joaillier j ce qui serait pour moi une excellente affaire, et ce qui n'aurait jamais pu avoir lieu si Couderc avait joué dans le Joaillier ^ à cause de la fatigue qu'il éprouverait à jouer dans la même soirée le Joaillier et le Voyage, — Cette combinaison était excellente. J'attends donc 9 heures et je vole chez Roqueplan, qui était sorti et qui ne devait rentrer qu'à 2 heures ; mais son domestique me dit qu'il serait au théâtre à 3 heures. -» A midi je vais au théâtre pour parler de mon projet au secrétaire de Roqueplan, et là j'apprends que, par traité avec Meyerbeer^ les Trois Nicolas doivent être joués au plus tard le 30 Novembre, attendu que le i«r Décembre le théâtre doit appartenir
*24 QéLBERT GRISAIi^.
exclusivement aux répétitions de Meyerbeer. Et comme les Trois Nicolas auraient encore besoin de six semaines de répétitions, on répète tous les jours de II heures du matin jusqu à 4 et même 5 heures, ce qui empêche toute autre répétition, -* Le traité dit que si le 30 Novembre les Trois Nicolas ne sont pas joués, ils seront remis à plus tard, et dans le même traité il est stipulé que M. Roqueplan s'interdit de jouer aucune pièce nouvelle qui nécessitera plus de deux répétitions générales d* orchestre, et comme un opéra nouveau a besoin au moins de 3 ou 4 de ces répétitions, bonsoir! Et pour complaire à Meyerbeer, le théâtre va rester un mois ou deux sans faire le sou. — Devant de telles impossibilités, j'ai tiré la révérence et nous sommes. convenus d'entrer en répétition aussitôt après la représentation de l'opéra de Meyerbeer. Mais comme je m'étais engagé vis-à-vis de Roqueplan à faire répéter les acteurs chez moi, de façon à ce que la pièce puisse être jouée dans 1 5 jours (je m'y engageais formellement), il a été très-reconnaissant de mon désir de sortir le théâtre du mauvais pas où il se trouve, et ainsi que je te l'ai dit, après en avoir causé l'autre soir, il m'a serré la main en me disant : cje suis étranglé ! Je suis étranglé I ]» — Grand bien lui façse ! s'il est étranglé, c'est bien par sa faute.
Q^LBERT GRISAO^. 225
J*ai été entendre quatre fois Us Noces de Figaro, C'est fameux, et Carvalho n'aurait qu'un désir, ce serait de faire une belle reprise des Amours du Diable. Mais comme Perrin, avant de quitter la direction du Théâtre- Lyrique, a fait détruire toutes les décorations, trucs et costumes de la pièce (en les faisant couper, tailler, servir à autre chose, probablement pour empêcher son successeur d'en tirer parti), la reprise ne pourra avoir lieu que l'année prochaine. — Voilllà ! ! !
Enfin, je suis comme un homme qui a de belles et nombreuses invitations à dîiier pour la semaine prochaine, mais qui, en attendant, doit se frotter le ventre et se priver de dîner, malgré son appétit.
Je n'ai que le temps de t'embrasser de cœur.
Ton frère affectionné, Albert.
Dans une autre lettre, du 20 Mars 1859, adressée aussi à son frère Félix, je trouve ces lignes :
.... J'ai entièrement mis sur se$ pieds Riquet, Je n'ai jamais rien fait de pareil, de plus complet» de plus varié; je crois que tout y est, et que je puis m'attendre à un succès qui dépassera de beau-
coup ceux que j*ai obtenus jusqu'ici, — Je pense que Carvalho viendra me voir ces s jours-ci pour en causer à fond, et Sauvage travaille à force aux remaniements que je lui ai demandés, afin de pouvoir lui lire la pièce complète.
Faust de Gounod s'est donné hier soir ; je n'en connais pas le succès, car je me suis couché de bonne heure.
La Fée Carabosse n'a pas bien réussi, et il ne serait pas dans les choses impossibles qu'on remontât les Amours du Diable; mais je ne puis rien affirmer à ce sujet...
Si TafFaire K... s'arrangeait promptement et si je pouvais avoir du recueillement et de la paix d'esprit, je serais prêt à m'engager avec Carvalho à lui livrer la partition entièrement terminée le 3i Août. Il y aura diantrement de notes à écrire, et cette partition, qui est maintenant en quatre actes dont un prologue, sera aussi considérable que les Amours du Diable, Mme Carvalho n'aura jamais chanté un rôle pareil. Tout cela, mon bon Félix, me semble bien tranquillisant pour l'avenir...
Moins d'un mois après, le i6 Avril, Grisar écrivait de nouveau à son frère :
.... Je regrette bien, mon cher Félix, que tu ne
rrr-
puisses pas venir passer une huitaine de jours à Paris^ pour assister à la représentation de ma pièce et aux dernières répétitions ; nous flânerions un peu ensemble et je te jouerais Riquet, que, comme intérêt pécuniaire, j'aimerais mieux faire jouer à l'Opéra-Comique qu'au Théâtre- Lyrique, attendu que les droits à l'OpériEi-Comique, pour ma moitié, sont de 7 1/4 pour cent, contre 6 au Théâtre- Lyrique, et que ma partition à l'Opéra-Comique ni'est payée i ,000 /r, deplmpar acte qu'au Théâtre- Lyrique. — Ce qui me pousse à désirer cela, c'est la distribution, qui serait excellente à l'Opéra- Comique avec Mlle Breuillé pour la Fée (i), Mlle Lefebvre pour Azolin. Enfin, qui sait, après tous mes déboires et toutes mes épreuves, les bons jours reviendront peut-être.
Par tout ceci, on voit que Grîsar avait une haute opinion de sa partition de Riquet. Une autre pièce, en .trois actes, le Parapluie enchanté, était aussi Tobjet de ses prédilec-
(i) — M'^ Breuillé , jeune artiste qui donnait de grandes espérances, et qui, après avoir créé le rôle du petit pâtre dans le Pardon de Ploêrmel, fut atteinte d'une maladie de langueur qui remporta au bout de quelques mois.
228 QéLBERT GRISA<1^
tions. Le livret de celle-ci lui avait été fourni par MM. Charles Deulin et de Najac, et Touvrage était primitivement destiné au petit théâtre des Bouffes- Parisiens; plus tard, il fut question de le transporter à rOpéra-Comique, mais des changements fu« rent alors jugés nécessaires au poëme, et ce fut M. Labiche qui fut chargé de les opérer.
Voici une lettre où il est parlé tout à la fois de Rtquet, de PAne et le Prince, <ï A/raja et du Parapluie^ bien que le nom de ce dernier ne soit pas prononcé; elle est datée du 3 Juin 1867:
. . . Les deux reprises des Amours du Diable et des Percherons ont eu lieu dans des circonstances déplorables : chaleurs inusitées, épidémie qui rendait les théâtres déserts, et exécution tout à fait insuffisante de la part de Mme Galli-Marié. — J'ai donc été éprouvé pécuniairement, ce qui, grâce à Dieu^ ne m'a pas empêché de produire.
• Il faut encore te dire que POpéra-Comique est dirigé en ce moment-ci d'une manière honteuse par de Leuven, qui n*est pas plus artiste que ma botte, et par son associé, un ancien marchand enrichi ! Ils économisent sur tout; il n'y a pas
Q^LBERT GRISATi. 229
d'acteurs, pas de chanteuses ; on ne joue que les pièces de l'ancien répertoire pour ne pas payer de droits aux auteurs, etc., etc., à un tel point qu'il n'y a pas d'exécution possible pour Riquet à la houppe^ que je t'ai joué, ni pour PAne et le Prince^ que j'ai fait avec Lockroy et Cogniard, ni pour deux autres petites pièces excellentes qui sont terminées (i). Il faut donc forcément attendre, et c'est l'avis de tous ceux qui s'intéressent à moi. Cette position ne peut durer, et après l'Exposition universelle, il est probable (et j'en sais quelque chose) que la direction sera changée.
J'ai aussi pour le Théâtre-Lyrique un opéra en quatre actes, où réellement j'ai fait de la superbe musique, mais pour laquelle il y a quelques modifications à trouver pour le poème (2).
Quant à ma grande pièce pour les Bouffes- Parisiens (3), les embarras pécuniaires du théâtre.
(i) — Quelles étaient ces deux c petites pièces • , dont Grisar ne donne point les titres ? L'une d'elles était sans doute Rigolo, dont le nom est mentionné en tête de ce chapitre. Mais l'autre?
(2) — Il est ici question d* A/raja, comine on va le voir par les lignes qui suivent.
(3)— Le Parapluie enchanté.
a3o GILBERT GRISA%
qui est en faillite depuis deux ans, ont engagé mes collaborateurs à retirer la pièce sans m'en rien dire, par écrit et sans mon consentement. J'aurais pu actionner mes collaborateurs pour ma part de dédit, soit anç mille francs^ qu'ils auraient été forcés de me payer ; mais entre collaborateurs et associés, cette chose ne se fait pas.
Colombier m'approuve entièrement, et comme il m*a toujours payé mes partitions 9,000 fr., plus 3,000 fr. conditionnels à la 85® représentation, il est d'avis que j'ai tort de me tourmenter, et qu'une seule grande pièce représentée serait suffisante (plus du double) pour m'acquit ter avec vous trois ; mais encore faut-il une bonne exécution^ sans laquelle il n'y a pas de succès lucr^itifY^^ sible.
Sois donc tranquille, et que Jules et Gustave le soient aussi.: j'ai certainement pour plue de 1 50 mille francs de musique dans mes tiroirs, et espérons que sous peu une œuvre importante verra le jour.
Quant à ma pièce du Théâtre-Lyrique, elle est tirée d'un très-curieux roman norwégien, Âfraja^ et je te répète que la musique en est plus que belle...
Ce qui est certain, c'est que parmi neuf ou
GILBERT GRISA% aSi
dix ouvrages que Grisar avait en portefeuille, deux au moins étaient entièrement terminés quant à la musique, à part les dernières modifications que pouvait exiger leur mise à la scène. — « Quand je pense, disait-il encore (le 24 Février 1868), que j'ai le Parapluie^ en trois actes, entièrement orchestré dans mes tiroirs, et Riquet à la houppe j et que ces deux pièces sont, comme musique, d'un goût exquis (i), quoique de deux genres ab-
(i) — Je n'aime guère, je l'avoue, vofr un artiste se décerner à lui-même de tels éloges ; cela me le gâte un peu. Il en faut prendre son parti pourtant avec Grisar, dont on voit que c'était l'habitude, et savoir l'accepter avec ses défauts comme avec ses qualités. D'ailleurs, s'il en est un auquel on puisse, jusqu'à un certain point, pardonner cette bonne opinion de soimême et de ses œuvres, c'est assurément l'auteur des Porcherons et de Gilles ravisseur. — En tous cas, et étant donnée la personnalité de Grisar, cela donne une singulière envie de connaître les ouvrages qui excitaient en lui un tel enthousiasme. Puisque les deux partitions de Riquet à la houppe et du Parapluie enchanté sont terminées en réalité, et qu'on n'aurait plus à songer, en ce qui les concerne, qu'aux derniers remaniements que pourrait nécessiter le travail de la scène, ne pourrait-on confier ce soin à un confrère, à
232 Q^LBERT GRISA 1{.
solument opposés, sans compter Rigolo^ AJraJa et autres, et que ces pièces représentent bien i5o,ooo fr, de musique, je ne puis que déplorer cruellement d'être entrave comme je le suis, b
Donc, Riquet et le Parapluie étaient absolument achevés. Mais j'ai dit que ce der* nier avait émigré des Bouffes à l'Opéra-Comique. On a vu par une des lettres qui précèdent, que les auteurs du poëme avaient, sans le consentement de Grisar, retiré leur pièce du premier de ces deux théâtres; ils l'avaient portée au second, où elle avait été reçue, ainsi que nous l'apprend encore ce nouveau fragment d'une lettre de Grisar à son frère Félix (29 Juillet 1868) :
De Leuven, qui a absolument besoin d'une pièce en trois actes pour cet hiver, puisque ni la
un ami du compositeur, et ne se trouverait-il pas un théâtre pour les accueillir (*) ?
(*) — Au moment même où les dernières épreuves de ce volume me sont livrées, j^apprends que rOpéra-Comique 8*est engagé à représenter Thiver prochain Riauet à la Houppe, C^est M. de Flottow, l'auteur de Martha et ae VAmt eupane^ rintlme ami de Grisar, qui s'est chargé de mettre cet ouvrage en état de paraître a la scène.
pièce de Flottow, ni celle d'Auber ne sont prêtes, est venu me trouver à Asnières pour me demander le Paraf/me, pour être joué vers le mois de Décembre ou Janvier, et pour les quelques modifications qu'il exige il désire que Labiche, qui a une grande réputation, s*en charge, ce à quoi celuici consent ; nous voilà donc en grand travail ; mais comme dans quelques jours Labiche est obligé de se rendre dans ses propriétés en Sologne, je serai obligé de m*y rendre et de recevoir son hospitalité pendant huit ou dix jours, après lesquels je serai obligé d'aller passer quelques jours à Quimper, chez de Najac, pour une pièce en un acte que nous avons pour les BoufTes- Parisiens.
L'horizon s'éclaircit donc pour moi. L'Opéra- Comique s'est obligé à jouer cet hiver Pantalon et Gilles ^ ce qui fait trois pièces avec le Parapluie. Et les Bouffes- Parisiens ioueront deux pièces de moi. Bégaiements d*amour et les Douze Innocentes^ plus Rigolo f si j'ai le temps de le terminer. . .
Le lendemain même, Grisar adressait à son frère cette autre lettre :
30 Juillet 1868.
Mon cher Félix,
Je te confirme ma lettre d'hier, mise à la poste après le départ, à mon grand regret, lettre qui te
234 Q/iLBERT GRISA^.
demandait un crédit de i.oooou 1,250 fr. chez A... Je pense que tu me l'enverras pour samedi.
Voici les nouvelles :
Jules Noriac, directeur des BoufFes-Parisiens, que je quitte à l'instant, veut me faire une position à son théâtre et ouvrir par : Voyage autour de ma Chambre y qui est un long éclat de rire.
Quant à TOpéra-Comique , on s'occupe de Bonsoir^ monsieur Pantalon^ et Labiche, chargé de remanier les trois actes du Parapluie y a trouvé des choses hors ligne comme haut^ comique, dignes de ma musique (!). C'est pour moi un succès assuré et splendide, car la musique du Parapluie est d*un goût exquis, en même temps que d'un comique à se tenir le ventre (!!).
A la grâce de Dieu, donc, et envoie-moi bien vite ce que je te demande, afin de contribuer à me faire un hiver lucratif. Les journaux et les abords de rOpéra-Comique commencent à dire : Grisar flâne bien par là ; c'est une pièce pour cet hiver.
Je compte sur toi, et je vous embrasse tous.
Je me rends chez Labiche, où j'ai rendez-vous avec Najac ; Labiche part samedi et Najac lundi. Mille amitiés à tous.
Ton frère affectionné,
Bureau restant, Asnières, près Paris.
Q/îhBERT GRISAIi,' ^35
Bientôt il n'est plus question des Bouffes, d'oti un caprice peut-être Taura éloigné, et c'est TAthénée qui devient l'objet de ses espérances, ainsi que le prouvent ces lignes adressées à son frère Gustave (19 Décembre 1868) :
. . . J'aurai peut-être besoin d'une lettre de recommandation pour BishofFsheim, qui est propriétaire de la salle de T Athénée. Le directeur est au moment de faire faillite, et je pousse Mme Ugalde et son associé à prendre la direction ; s'ils l'obtiennent, ils me feront à ce théâtre la position qu'a Offenbach aux Bouffes-Parisiens. — • L'horizon s'éclaircit beaucoup.
Le post-scriptum de cette lettre mérite d'être reproduit :
J'ai une occasion inattendue pour un piano et les meubles qui me manquent. Avec mon appartement remis complètement à neuf, cela ne manquera pas de chic, comme cela doit être pour un homme de mon talent. Car malheureusement c'est sur l'habit qu'on juge le moine.
Des faits qui sont mentionnés dans la correspondance que je viens de dérouler, il ré-
236 Q4LBERT GRISA%
suite que Grisar s'agitait incessamment, mais d'une façon un peu stérile, et qu*en somme ses efforts n'aboutissaient à aucun résultat pratique, réel^ palpable. Par suite de différentes raisons^ les quatre dernières années de sa vie s'écoulèrent sans qu'il parvînt à faire représenter aucun des nombreux ouvrages qu'il avait en portefeuille, et dont pourtant quelques-uns étaient tout prêts à paraître devant le public. Il semblait d'ailleurs, il faut bien le dire (et ceci serait à sa louange), un peu découragé par certains succès de mauvais aloi, quoique fort bruyants, et aussi par la dépravation du goût musical que la France subit depuis une quinzaine d'années. Sous ce rapport, on sera édifié par ces passages d'une dernière lettre que je crois devoir reproduire, et qui porté la date du 6 Novembre 1867 :
Mon cher Félix,
Me voilà pris de nouveau depuis sept jours par . mon mal de larynx, qui me forcera à me faire appliquer des ventouses ce soir ou demain...
J'ai été charmé et bien heureux d'avoir vu
Q^LBËRT GRJSA% 237
Gustave (i), et je regrette qu'il ne soit pas resté quelques jours de plus à Paris. Je lui ai parlé à cœur ouvert, et il a compris que si on ne me joue pas dans ce moment-ci^ cela tient à des raisons que je t*ai déjà dites et qu'il est inutile de répéter : absence d'auteurs; Exposition, qui permet aux directeurs de faire de l'argent avec des vieilleries ; et: DéréRiORATiON momentanée du goût. Car sois bien convaincu que si certaines œuvres font courir, ce n'est pas leur mérite, mais bien les jambes, les gorges des actrices, qui sont les grandes causes du succès ; que ne peuvent-elles montrer le reste ! cela ferait encore bien plus fureur.
Mes œuvres nouvelles sont donc momentanément dans mes tiroirs, cher frère, et c'est ce qu'elles peuvent faire de mieux pour le moment actuel ; mais comme je n'ai pas fait dix francs de dettes depuis mes derniers embarras, je m'acquitterai envers vous tous sur ma première pièce nouvelle.
Albert.
Cette dernière phrase est relative à des embarras d'argent semblables à ceux auxquels
(i) — Son troisième frère.
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11 a été fait allusion précédemment, et dont ses frères l'avaient plus d'une fois tiré. Cest encore à cela que se rapportaient ces mots d'une autre lettre du 24 Mars 1868 : — a Ma position n*est pas gaie^ mais une seule pièce^ soit le Parapluie^ soit Riquet, soit A/raja, m'acquitterait d'un coup envers vous »
On le voit, c'est toujours la même chose; c^est toujours la poursuite incessante, mais capricieuse et fantasque, sans énergie et sans fixité, d'un but qui échappe à ses désirs trop mobiles et trop changeants. N'ayant point su, dans le passé, se mettre en garde contre des revers possibles^ Grisar ne songeait^ dans lea dernières années de sa vie, qu'à escompter l*avenir, et le présent s'écoulait sans amener aucun changement dans sa position. Il conserva néanmoins jusqu'à la fin ses espérances^ et caressait toutes sortes de projets.
Malheureusement, ces espérances ne devaient pas se réaliser, et il était dît que le pauvre Grisar nous quitterait sans avoir la satisfaction de livrer ses dernières oeuvres au jugement d'un public qui l'avait toujours si
GILBERT GRISA^i. 239
bien compris et dont il était en quelque sorte l'enfant gâté. En proie, comme je l'ai dit, à des ennuis nombreux, absorbé par des chagrins à l'abri desquels il n'avait pas su se mettre, ses dernières années s'écoulèrent en efforts persistants et infructueux pour rétablir dans ses affaires personnelles un équilibre depuis longtemps détruit et que son imprévoyance avait porté à son comble. Entièrement préoccupé de ce côté, lassé, abattu, il ne trouvait ni le temps, ni la force, ni la lucidité d'esprit nécessaires pour poursuivre efficacement la réalisation de ses rêves artistiques. Arrivé presque à l'âge oîi le repos, un repos relatif du moins, est l'une des nécessités de l'existence, il lui fallait recommencer à combattre ce rude combat de la vie, et dans des conditions telles que de plus jeunes que lui, et de plus vigoureux, se fussent trouvés peutêtre impuissants à le soutenir. Son nom pourtant ne disparaissait pas absolument de l'horizon parisien. Dans ces derniers temps, rOpéra-Comique avait repris deux de ses meilleurs ouvrages, les Porcherons et Bon^ soir^ Monsieur Pantalon^ que le public avait
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revus avec plaisir; de son côté, l'aimable petit théâtre des Fantaisies- Parisiennes^ qui poursuivait courageusement sa campagne contre la musique malsaine et refusait de se laisser entraîner dans le tourbillon du jour, s'était approprié VEau merveilleuse et Gilles ra-visseur (i). Mais tout cela était, on le conçoit, insuffisant à satisfaire l'ambition deGrisar^ et cependant il ne recouvrait point l'énergie qu'il lui eût fallu pour rentrer fière-
(i) — C'est à propos de la reprise de Gilles aux Fantaisies, que Grisar écrivait à son collaborateur, M. Sauvage, la lettre suivante, dont certain passage est empreint d'une ironie fine et transparente:
« 26 Novembre 1868, 4 heures.
a Mon cher Sauvage,
« Je sors de la répétition générale, dont je suis plus satisfait que je ne pourrais le dire.— Gilles, Léandre, Valentin, ont tous trois des voix charmantes et le physique de l'emploi.
« A rOpéra-Comique, nous ne trouverions rien de pareil. — Crispin, excellent comme voix et comme physique. — Isabelle était très-enrouée, et je n'ai pu en juger. — Je crois, cher ami, que nous pouvons avoir aux Fantaisies un succès très-satisfaisant.
« Je ne me souvenais presque plus delà musique de Gilles; je ne la trouve pas trop mal, quoique écrite dans des tons connus et employés par tous ; ré ma-
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ment dans la lice et conquérir un nouveau succès, que Tautorité de son nom et de son talent semblait lui assurer d'avance.
C'est ainsi que s'écoulèrent, tristes, amers, désenchantés, pleins d'inquiétudes et d'alarmes malheureusement trop justifiées, les derniers jours de cet artiste aimable et ingénieux, à l'esprit si piquant et si fin, au talent à la fois si élégant, si substantiel, si plein d'un véritable atticisme. Bien différent de ce qu'il était autrefois, il semblait supporter avec peine le fardeau de Texistence. Rien cependant n'était dénature à faire prévoir sa fin rapide, car sa santé, chancelante pendant assez longtemps, s'était remise, et si son esprit continuait d'être sous le coup de préoccupations pénibles, du moins la vigueur de son tempérament avait repris le dessus et le corps semblait en bon état.
jeur ; mi majeur ; 50/ majeur ; mi bémol; la majeur; la bémol \fa majeur; sol majeur; ut majeur pour le finale. « Martinet m'a dit qu'il allait vous envoyer le traité convenu et accepté par lui.
c Votre ancien ami, c Grisar. >
242 GILBERT GRISAQ{.
Tout à coup, dans Taprès-niidi du 1 5 Juin^ la nouvelle se répand dans Paris que Grisar était mort le matin^ dans le petit logement qu^il occupait à Asnières pendant la saison de la villégiature (i). Aucun n'y voulait croire. Vingt personnes l'avaient vu la veille, flânant sur les boulevards et donnant des poignées de main à chacun, le visage souriant et s'épanouissant presque sous Faction bienfaisante d'un soleil brillant, sousTinfluence consolatrice d'une belle et chaude journée d'été. Le fait était exacte cependant. Mais Grisar avait eu cette chance suprême d'être frappé violemment, et de quitter le monde sans souffrance. Foudroyé dans la nuit par une attaque d'apoplexie, il avait été trouvé le matin^ dans son lit, froid et inanimé.
Avec lui disparut Tun des représentants les plus charmants et les plus originaux de cette école musicale française^ qu'il semble de bon goût de dénigrer dans notre paysj alors que les étrangers lui font le plus cordial accueil
(i) ->La maison habitée par Grisar à Asnières était fiituée ru6 de la Station, n" i6i
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(alors surtout que depuis vingt ans elle est la seule qui ait su se maintenir à une certaine hauteur)^ et qui a produit tant de glorieux champions. Grisar^ on peut le dire^ prend place à côté des meilleurs d'entre eux, et ce n'est pas un mince mérite pour lui que de voir son nom confondu avec ceux de Grétry, de Philidor, de Monsigny, de Berton, de Dalayrac, de Boieldieu^ de Méhul, de Lesueur, d'Hérold, d'Adolphe Adam, d'Hippolyte Monpou, d'Halévy, et de tant d'autres qui nous assurent, quoi qu'on en dise, un rang élevé dans le domaine de l'art. Aussi justifiet-il pleinement ces lignes que sa perte inspirait à un critique, son compatriote : — « Qui prendra la place que sa mort rend vacante?
Nous voyons des musiciens au-dessus de lui ; nous en voyons beaucoup au-dessous ; nous n'en apercevons pas à ce degré intermédiaire oti se trouve le véritable opéra-comique français, dont il était l'interprète par excellence en ce temps-ci (i). »
(i)— XX (Edouard Fétis) : Indépendance belge.
Avant de résumer mes impressions sur l'ensemble de l'œuvre de Grisar, avant de porter sur le talent de l'artiste^ au point de vue général^ un jugement qui soit l'expression réfléchie et sincère de ma pensée, il me faut parler d'un certain nombre de compositîons*publiées par lui en dehors du théâtre, et qui le montrent^ sinon sous un aspect particulier, du moins, si je puis ainsi dire, sous un aspect à côté. Il s'agit des mélodies, chansons, romances, nocturnes, etc., que Grisar produisit en assez grand nombre pendant
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les premières années de sa carrière, et qui ne furent pas sans aider à sa renommée naissante. Grâce au succès colossal de la FoliCy Grisar était devenu tout d'un coup l'un des favoris de ce public particulier des salons parisiens, pour lequel, à cette époque, la romance était un besoin réel, pour lequel elle représentait une sorte de manne quotidienne qui, chaque matin, devait lui tomber du ciel.
Aussi, ne se faisait- il pas trop prier par les éditeurs pour leur livrer ces petites pièces élégantes, parfois mignonnes et légères, par^ fois touchantes et émues, dont les paroles lui étaient fournies, tantôt par quelqu'un des faiseurs habituels, des héros du genre, tçl qu'Emile Barateau, MM. Eugène de Lonlay, ou Crevel de Charlemagne, tantôt par quelque poëte de la pléiade romantique, comme M. Edouard Thierry, Tadministrateur actuel de la Comédie Française, ou BuratdeGurgy, tantôt enfin par un de ses compatriotes, Victor Hanssens ou M. André Van Hasselt.
Voici, telle que j'ai pu la dresser avec beaucoup de peine, une liste des compositions vocales ainsi publiées par Grisar. Malgré les
recherches auxquelles elle a donné lieu, cette liste, qui comprend une cinquantaine de morceaux, est encore, je le crains, assez loin d'être complète; mes prétentions ne vont pas jusque là, et chacun sait trop combien ceci est difficile. Mais elle est annotée avec soin, et je puis affirmer du moins que les renseignements qu'on y trouvera sont d'une rigoureuse exactitude.
Néobuléi « romance, o paroles de M. Cramer de Cassagnac.
Le Poète mourant, « romance, » paroles anonymes (i).
Tragala^ « romance, » paroles d'André
(i) — Ce titre et cette indication m*ont été communiqués, mais je n*ai pu mettre la main sur un exemplaire de cette mélodie. Les paroles en sonf-elles bien anonymes, et Grisar n'aurait-il pas écrit sa musique sur la belle élégie de Millevoye, qui a rendu célèbre ce titre du Poète mourant :
Le poe'te chantait : de sa lampe fidèle S^éteignaient par degrés les rayons palissants ;
£t lui, prêt à mourir comme elle.
Exhalait ses tristes accents.
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Van Hasselt, dédiée à M. Wartel (publiée chez Bernard-Latte) (i).
Le Souvenir j « air chanté par Mlle MéquiUet,» paroles anonymes. (Bernard- Latte).
Qu'il reste! « romance, » paroles d'Emile Barateau (Meissonnier).
La Peur y * a romance, » paroles d'André Van Hasselt, dédiée à Mme Mens (Bernard- Latte).
Nisida^ < sicilienne, » paroles de Scribe et de Saint-Georges, chantée par Mme Eugénie Garcia (Bernard-Latte).
Hélène, « boléro, » paroles d'André Van Hasselt, dédié à Mme de Séprés (Bernard- Latte.)* — Cette composition doit dater des environs de i83o, car le frontispice, dessiné par Alophe^ est d'un romantique très*carac* térisé.
(i)«Je ferai remarquer que j'ai donné, autant qu'il m'était possible, le nom du premier éditeur. Mais, par suite de transactions commerciales, la plupart des morceaux détachés de Grisar ont passé de main en main, successivement émigré dans telle ou tdle maison, et portent aujourd'hui un nom d'éditeur qui n'est plus celui du propriétaire primitif.
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Les Deux Chagrins, « mélodie, » paroles d'Eugène de Lonlay (Meissonnier-Heugel).
£smeralda, a chansonnette, b paroles de Crevel de Charlemagne, dédiée à Mme Fortunata Marinoni (publiée dans le Ménestrel et chez Bernard- Latte).
La Coquetterie, « air chanté par Mme Deforges, » paroles anonymes (Bernard- Latte).
Ce que j'aime le mieux, a romance^ »
paroles d'E. Burat de Gurgy (Meissonnier- Heugel).
La Folle^ « romance, » paroles de Porret de Morvan, dédiée à Victor Hanssens. — Sans parler de l'édition primitive, publiée à Bruxelles, chez Schott, « et chez Fauteur, longue rue de TEcuyer, n® lo, » il existe en France d'innombrables éditions de cette romance célèbre, faites par Bernard-Latte, Meissonnier, Pâté, Heugel, etc. L'une d'elles porte même une dédicace différente de celle de l'édition primitive, et qui est adressée à Adolphe Nourrit.
Tu n*aimes pas, « romance, chantée par Wartel, » paroles d'André Delrieu (Meissonnier-Heugel).
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Au moment du départ, « romance, » parôles d'Emile Barateau (Meissonnier). — Dans certains exemplaires de cette romance, le titre placé en tête du texte musical est différent de celui que porte le frontispice.
Voici ce second titre : Souviens-toi de moi.
Mignon, « imité de Gœthe. » — Cette mélodie, écrite sur une traduction de la célèbre romance de Goethe^ a eu deux éditions différentes : Tune, faite par l'éditeur Bernard- Latte et donnée par lui dans le journal dont il était propriétaire, ïEcho musical; l'autre, faite par la maison Meissonnîer-Heugel^ et dans laquelle le titre de Mignon était remplacé par celui ci : La connais-tu? Cette dernière portait une charmante vignette de Mouilleron (i).
1 — La Mère et la Fée^ paroles d'A. de Kermanguy, dédiée à M. Ponchard.
2 — La Chanson de la Berceuse, paroles
(i) — Voir, à la page 38, la note relative au journal l'Écho musical.
a5o Q4LBERT GRISA^.
d'Edouard Thierry, dédiée à M"* Georgette Ducrest (i),
3 — L Étoile de la Mer y paroles d'Eugène de Lonlay, dédiée à M"* Camille Palmer.
4 — Ne me crois pas^ paroles d*Ëugène de Lonlay, dédiée à M"' Gay Saint- Ville (2).
(Les quatre mélodies qui précèdent formaient un album intitulé : Quatre romances
(i)— M"» Georgette Ducrest, nièce de M»« de Genlis; &e fît jadis une réputation comme chanteuse de salons et de concerts, et fut ensuite, pendant plus de dix ans, professeur de chant à Lyon.— Elle a manié aussi la plume, avec une certaine négligence, mais non sans quelque grâce. Sous le règne de Charles X, elle publia des Mémoires (anonymes) sur limpératrice Joséphine f et, en i83 1, elle livra au public un second ouvrage : Paris en province, mémoires contemporains. Ce dernier, réinipriméen i836, renferme des réflexions et des détails intéressants sur les artistes, écrivains, peintres,, musiciens, comédiens, des premières années de ce siècle.
(a) — M"* Gay Saint- Ville était une cantatrice de talent, qui avait tenu remploi de prima donna à la Scala, de Milan, et à la Pergola, de Florence, et qui avait même fait à l'Opéra une rapide apparition.
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d* Albert Grisar^ album publié chez Ad. Catelin, avec un joli frontispice divisé en quatre cartouches et fortement empreint de romantisme).
V Enfant du Chasseur, a chant norwégien, » paroles d'Adolphe de Leuven.
Adieu beau rivage de France^ « barcarolle , » paroles d'Abel de M***, dédiée à M.Jansenne (Bernard-Latte).
Le Bandoulier, «romance^ » paroles d'André Van Hasselt, dédiée à M. Dérivis (Bernard-Latte).
La Fiancée du Guérillas^ « boléro,» paroles de Crevel de Charlemagne, dédié à M. Wartel (Bernard- Latte).
I — Mon beau rouet y que filez-vous?
« chanson, » paroles d'Edouard Thierry.