Diffusion des écrits de saint Thomas à travers le monde
A tous ces témoignages, qu'on pourrait appeler intimes, donnés à la valeur des œuvres de saint Thomas d'Aquin, viennent se joindre d'autres témoignages extérieurs, qui tous ensemble, s'ils n'ont point le poids d'une loi, constituent néanmoins une obligation morale pour tous ceux qui veulent s'approprier ou enseigner la pure et saine théologie de l'Église catholique, de rester dans les voies tracées par le Docteur angélique.
Il ne tourne pas à gloire à nous autres catholiques d'avoir au milieu de nous un grand nombre
1. IIujus docloris doctrina prœ c;eteris, excepta canonica, habet proprietatem verborum, modum dicendorum, verita-tem sententiarum. — Sur l'authenticité, à voir Joan. a S. Thoma, Approbatio doctrinse D. Thomœ (Cologne, 1711), et Sylvils, Orat, apolog. pro. D, Thom. (V, 97).
204 SAINT THOxMAS d'aQUIN
de théologiens qui passent devant saint Thomas d'Aquin sans le regarder, ou qui peut-être le regardent avec dédain, tandis qu'il y en a d'autres qui ne sont pas dans l'unité de l'Eglise ou se trouvent même hors du christianisme, qui célèbrent la gloire du grand docteur.
Il n'est pas nécessaire de dire ici combien il y a eu de traductions faites de ses œuvres par ses partisans, soit du clergé séculier, soit du clergé régulier, en grec, en hébreu, en arabe, en arménien et en chinois. Mais quand ce sont des hommes qui, malgré leur aversion pour la religion catholique, sont enthousiasmés des écrits et de la doctrine de saint Thomas, jusqu'à se croire obligés de les faire connaître à leurs compatriotes, nous sommes en driot d'en tirer un témoignage éclatant en faveur de ces mêmes écrits et de cette même doctrine. Un exemple de ce genre nous est donné par l'ennemi des Latins, le moine grec Maxime Planudes, qui traduisit au xiv^ siècle la Somme théologique du latin en grec. Nous trouvons encore un autre traducteur de plusieurs écrits de saint Thomas dans le patriarche de Constantinople Grégoire le Scolaire, surnommé Gennadius, qui vécut un siècle