‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 106 sur 118 · Dedter, XXXII, vers · texte numérisé non relu

Dedter, XXXII, vers

1,K DOC.TKUR UNIVERSEL 215

louse, Aviti:nouet Salamanque, où les professeurs prêtaient solennellement serment sur sa doctrine ; Alcala, Louvain et Douai, qui l'avaient choisi pour leur patron ; Patloue, Boloii^ne, Ingolstadt, Colocrne, Sal/bouri^ et d'autres universités sont d'authentiques témoins de ce que nous rapportons.

Les ordres relii:^ieux décidèrent presque à l'unanimité que leurs membres suivraient l'enseignement du Docteur angélique. Cela se conçoit aisément pour ce qui concerne les dominicains. Les carmes réformés, ainsi que le leur a recommandé sainte Thérèse, répandirent à profusion ses livres. Les bénédictins à leur tour regardaient l'Ange de l'école comme leur législateur et leur maître. Les statuts de la Compagnie de Jésus, des augustins et des minimes prescrivaient en général l'étude de saint Thomas. Plus tard les oratoriens et les barnabites firent de même. Les franciscains, qui dans le principe suivaient pratiquement la doctrine du grand docteur, se sont dans ces derniers temps ralliés à saint Bonaventure, mais en se réservant d'accorder sa doctrine avec celle de son angélique ami saint Thomas.

C'est donc là où la piété et la sainteté fleurissent le plus, que la doctrine du Docteur angélique

216 SAINT THOMAS d'aQUIN

est devenue comme une loi inviolable. Or une doctrine qui a pour soi le témoignage des saints, comme S. Philippe deNéri; qui fut si grandement en honneur chez l'angélique adolescent Louis de Gonzague, de telle sorte qu'il ne voulut avoir dans sa cellule d'autres livres que les saintes Ecritures et la Somme théologïque de saint Thomas ; une doctrine qui, déjà du vivant de l'auteur, lui méritait la vénération du peuple chrétien, au point qu'il le saluait avec ardeur lorsqu'il paraissait en public, et que son entrée dans une ville était un vrai triomphe, semblable à celui de saint Atliànase à Alexandrie ; une telle doctrine est une doctrine sainte, qui provoque le plus ardent enthousiasme et le plus vif attachement.

En effet, elle ne mérite pas seulement, elle a le droit d'exiger l'attachement et la soumission. Ce mot de soumission que nous employons, paraîtra probablement exagéré à plusieurs, qui diront ce que les Juifs ont dit à Notre-Seigneur : « Durus est hic servio^ quis potest eum audire ? A ceux-là nous appliquerons la parole de Pline : « Des hommes qui s'imaginent tout savoir et tout connaître, qui n'ont de respect pour personne, qui sont à eux-mêmes leurs propres ^modèles,

sont dos hommes sans valeur parce qu'ils sont dévorés d'orgueil. «

7. Jugements de l'Église sur la doctrine du docteur Angélique

On voit au Concile de Trente la SoTiimo théologujue de saint Thomas placée sur la table de la salle des délibérations à côté des Saintes Ecritures et des Décré taies des Papes. Pour savoir le prix que les Pères du Concile attachaient à la Somme ^ il suffit de dire qu'ils formulèrent des décisions prises presque mot à mot dans saint Thomas *. Que l'on compare celle relative à la sainte communion ". C'est donc avec raison que Baronius a pu dire qu'il est presque impossible de compter le nombre des adhésions que les Pères donnèrent à la doctrine, du Docteur angélique ^. Déjà au Concile de Florence on trancha la ques-

Page 1