Cerlissima christianse régula doctrinse
LE DOCTKUU UNIVKUSKL '2'2îj
Clément VIII certifie qu'il doit à saint Thomas beaucoup de reconnaissance autant pour luimême ([ue pour toute rKorlise. Urbain V écrivit à l'université de Toulouse:» Nous voulons et nous vous ordonnons de suivre la doctrine de saint Thomas comme une doctrine bénie et catholique et de la propager de toutes vos forces et par tous les moyens. » Mais la déclaration la plus forte est celle de saint Pie V : « La doctrine théologique de saint Thomas est adoptée par l'Eglise catholique ^ »
Après cela quelle est la partie, quelle est la signification que nous devons attribuer à ces expressions ? Il y a six genres différents d'approbations ecclésiastiques ^. La première est la simple autorisation de publier un ouvrage, V Imprimatur. La seconde est une acceptation en vertu de laquelle un maître est reconnu classique dans l'enseignement religieux, ou comme un témoin irréprochable d'une doctrine relative à la morale. Il y a sans doute ici aussi une grande différence entre ceux qui sont reconnus témoins par coutume ou par l'usage, et ceux
1. Doctrinam Ihcologicam ab Ecclesia catholica rcceptam. 2 Voyez JoAN A S. ThomA) de approb. doctrinas divi Th.
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d'après lesquels se sont formées des opinions propres, des écoles qui ont adopté leur doctrine sous le bénéfice de l'approbation ecclésiastique. Un troisième genre d'approbation est celui selon lequel un auteur est reconnu par décret pontifical : Docteur de V Église. Cette gloire a été réservée à saint Thomas comme à beaucoup d'autres et s'il ne différait pas de ceux-ci par des privilèges spéciaux, il ne leur serait nullement supérieur. Quant au quatrième genre d'approbation, il est d'une nature beaucoup plus élevée ; le cinquième n'est que la reconnaissance ou l'acceptation d'une proposition comme vraisemblable, telle par exemple, la déclaration du concile de Vienne relative à la grâce du baptême, et il ne peut pas plus être la matière d'une discussion que le sixième qui est la déclaration d'une proposition comme dogme de foi.
Quant au quatrième genre d'approbation d'une doctrine, dont nous parlions, il est certes d'une nature plus élevée, si l'Église déclare d'une manière spéciale qu'elle suit cette doctrine, qu'elle la préfère à toute autre et qu'elle la reconnaît comme sienne. Il y a eu un exemple de ce genre d'approbation dans les temps anciens et relatif
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il la (lortrino do saint Auû^ustin sur la grâce, Joan IP déclare que, selon les décisions de ses l)rédécesseurs, « l'Eji^lise romaine confirmait et suivait cettedoctrine, » et Ilormidas dit ^ « que Ton trouvait dans les écrits de saint Aut^ustin adressés à llilaire et à Prosper ce que TEglise romaine, c'est-à-dire l'Eglise catholique pense et enseigne sur la grâce et le libre arbitre ». Or, l'approbation donnée à la doctrine de saint Thomas est de la même nature que celle accordée à saint Augustin^. L'Eglise déclare, comme nous l'avons vu, que saint Thomas Ta servie plus que tous les autres ; elle dit qu'il l'a plus illuminée par la lumière qu'il a répandue; elle dit que sa doctrine se distinguait plus que celle des autres par l'expression, le fond et la forme ; elle dit cm' il a écrit avec l'assistance spéciale du Saint-Esprit ; que sa doctrine ne peut jamais mener à l'erreur, qu'elle est la règle la plus sûre de la doctrine chrétienne ; elle dit que tous ceux qui combattent sa doctrine sont suspects d'hétérodoxie, et enfin que la doctrine de saint Thomas a été adoptée par l'Église catholique.