SOMME THÉOLOGIQUE
Pour connaître à fond la Summsi theologica du grand docteur, voyons tout d'abord les lignes fondamentales de ce prodigieux édifice scientifique. En apparence il consisite en trois parties principales, chaque partie se subdivise en questions et chaque question en articles.
La première partie (de Dieu) embrasse cent dixneuf questions ; la seconde (l'éthique) a deux divisions dont la première appelée prima secwidse comprend cent quatorze questions sur l'éthique générale et la seconde appelée secunda secundde comprend quatre-vingt dix-neuf questions. Il y a donc, dans tout l'ouvrage en y ajoutant le Supplément, six cent onze questions. Si l'on observe que chaque question contient de cinq à six, quelquefois de dix à douze articles et et que chaque article comprend à son tour plusieurs arguments soit pour confondre les adversaires soit pour démontrer la thèse, on peut se rendre un compte assez exact des immenses
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richesses renfermées dans ce spl en dide ouvrage.
Saint Thomas a nommé la première partie : I^ars iiaturnliSj parce que l'objet de cette partie est simplement ce qui est réel, c'est à dire Dieu et le monde créé. Il a nommé la seconde, par.s montlls et la troisième, pai's sacramentalis , parce qu'elle contient la doctrine sur les sacrements.
La construction scientifique de cette œuvre considérée dans son plan général est ainsi courue. La première partie, disons-nous, traite de Dieu. Le saint docteur commence par l'essence divine : I, essentia, divina, puis il demande 1° si Dieu est, 2° ce qu'il est ou plutôt ce qu'il n'est pas, S** comment on parvient à le connaître, 4° quelles sont ses qualités, sa science, sa volonté, sa puissance, sa^ béatitude.
II, Il passe ensuite à la Trinité et il étudie 1° son origine, la procession des personnes — 2" les relations, 3*^ les personnes comme telles d'abord chacune pour elle-même et ensuite dans leurs rapports.
III, Il étudie enfin Dieu comme Créateur, Deus 2)rincipiumrerum. Cette question sesous-divise en trois parties ; dans la première il considère
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la création en elle-même, ou l'acte créateur, productio creatursLTum ; dans la seconde il prend la créature comme telle, a) sa substance spirituelle, b) sa substance corporelle — c) l'homme réunissant ces deux substances en une seule personnalité, l'homme, esprit et corps ; — dans la troisième il traite de la conservation et du gouvernement du monde créé, gubernatio rerum, et termine ainsi la première partie de la Somme. Le but du gouvernement du monde est de le ramener vers Dieu. Si l'on applique ce but à l'homme on entre pleinement dans F Ethique et par elle dans la seconde partie de l'ouvrage.
L'Ethique n'est rien autre que la réponse à la question : « L'homme qu'a-t-il à faire pour atteindre sa fin qui est la béatitude en Dieu ? » Oppovtetcongruenterde humanis actibus considerare^ ut sciamus quibus actibus perveniaturad beatitudinem, vel impediatur beatitudinis via.
Mais il importe de répondre à cette question de deux manières, en général et en particulier, ou plutôt il faut distinguer entre le formel et le matériel (l'objet) des actes humains. Delà il y a deux parties dans l'Ethique, l'Ethique générale