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pondait à la sagesse de la pensée, et, quant au reste, rejetèrent ce qu'ils ne pouvaient corriger. Car, de même que Dieu, dans sa proYÎdence, suscita pour la défense de l'Eglise contre la cruauté des tyrans des martyrs héroïques et prodigues de leur vie, ainsi aux sophistes et aux hérétiques il opposa des hommes doués d'une profonde sagesse et capables de défendre, même par le moyen de la raison humaine, 1« trésor des vérités révélées. Dès le l)erceau de l'Eglise, la doctrine catholique rencontra des adversaires acharnés, qui, tournant en dérision les dogmes et les institutions des chrétiens, afErmaient qu'il y avait plusieurs dieux, que le monde matériel n'avait ni commencement ni cause, que le cours des choses n'était pas régi par le conseil de la dJvine Providence, mais qu'il était mu par je ne sais quelle force aveugle et par une fatale nécessité. Contre ces fauteurs de doctrines insensées s'élevèrent à propos des hommes savants, connus sous le nom d'apologistes, lesquels, guidés par la foi, au moyen d'arguments empruntés au bersoin à, la «ag-esse humaine, prouvèrent qu'on ne doit adorer qu'un Dieu, doué au plus haut point de tous les genres de perfections; que toutes choses
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sont sorties du néant par sa toute-i>uissance, qirellcs subsistent par sa sai:^csse, et par elles sont mues et dirigées chacune vers sa fin propre. Au premier rang de ces apologistes nous rencontrons le martyr saint Justin. Après avoir parcoiu*u, comme poiu* les éprouver, les plus célèbres d'entre les écoles grecques ; après s'être convaincu qu'on ne pouvait puiser la vérité tout entière que dans les doctrines révélées, Justin s attaclia à ces dernières de toute l'ardeur de son âme, les justifia des calomnies dont on les chargeait, les défendit auprès des empereurs romains avec autant de vigueur que d'abondance, et montra l'accord qui souv-ent existait entre elles iet les idées des philosophes païens. A la même époque, Quadrat et Aristide, Hermias et Athénagore suivaient avec succès la même voie. — Cette cause suscita un défenseur non moins illustre dans la l>ersûnne du grand martyr Irénée, pontife de l'Eglise de Lyon, lequel, en réfutant vaillamment les opinions perverses apportées de l'Orient par les gnostiques et disséminées par eux sur toute l'étendue de l'empire, expliqua, par la même occasion, comme le dit saint Jérôme, « les origines de toutes les hérésies , et découvrit dans les
écrits des philosophes les sources dont elles émanaient*. »
Tout le monde connaît les controverses soutenues par Clément d'Alexandrie, au sujet desquelles saint Jérôme s'écrie avec admiration : « Que peut-on y trouver d'inculte ? qu'y a-t-il là « qui ne provienne des entrailles mêmes de la phicc losophie ^ ? » Clément laissa , sur une incroyable variété de sujets, une quantité d'ouvrages on ne peut plus utiles, soit pour l'histoire de la philosophie, soit pour Tart et l'exercice de la dialectique, soit pour rétablir la concorde entre la foi et la raison. — Après lui vient Origène. Cet illustre maître de l'école d'Alexandrie, très instruit dans les doctrines des Grecs et des Orientaux, publia des livres, aussi nombreux que savants, d'une merveilleuse utilité pour l'interprétation des divines Ecritures et l'explication des dogmes sacrés. Bien que ses ouvrages, tels du moins qu'ils nous sont restés, ne soient point tout à fait exempts d'erreurs, ils renferment toutefois un grand nombre de maximes propres tout à la fois à féconder et à confirmer les vérités naturelles. —