‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 19 sur 118 · De Opif. Dei, c. xxr · texte numérisé non relu

De Opif. Dei, c. xxr

taîice; ces écrits, au jugement de tous, sont d'une telle perfection, qu'il semble qu'on ne puisse rien désirer de plus copieux et de plus profond. — Sans vouloir allonger outre mesure cette liste de grands esprits, nous ajouterons cependant à ceuK que nous avons nommés Basile le Grand ainsi que les deux Grégoire. Tous trois sortaient d'Athènes, ce domicile de la civilisation, pourvus abondamment de toutes les ressources de la philosophie; et ces trésors de science, que chacun d'eux avait concj[uis à la flamme de son zèle, ils les dépensèrent à la réfutation des hérétiques et à l'enseignement des chrétiens.

Mais la palme semble appartenir entre tous à saint Augustin, ce puissant génie qui, pénétré â fond de toutes les sciences divines et humaines,, armé d'une foi souveraine, d'une doctrine non moins grande, combattit sans défaillance toutes les erreurs de son temps. Quel point de la philosophie n'a-t-il touché, disons plus, n'a-t-il approfondij soit qu'il découvrît aux fidèles les plus hauts mystères de la foi, tout en les défendant contre les assauts furieux de ses adversaires ; soit que, réduisant à néant les fictions des académiciens et des manichéens, il assit et assurât les

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fondoments de la science humaine, ou recherchât In raison, l'origine et les causes des maux sous le poids desquels Thumanité gémit! Avec quelle alxmdance et quelle pénéti'^tion n'a-t-il pas traité des anges, de l'urne, de Tesprit humain, de la volonté et du lihre arbitre, de la religion et de la vie bienheureuse, du temps et de réternité, et jusque de la nature des corps sujets aux changements ? — Plus taixl, en Orient, Jean Damascène, sur les traces de Grégoire de Nazianze ; en Occident, Boëce et Anselme, à la suite d'Augustin, enrichissent à leur tour le patrimoine de la philosophie.

Enfin, les docteurs du moyen âge, connus sous le nom de scolastiques, viennent entreprendre l'œuvre colossale de recueillir avec soin les moissons luxuriantes de doctrine répandues çà et là dans les œu\Tes innombrables des Pères, et d'en faire comme un seul monceau, pour l'usage et la commodité des générations futures. Et ici, Vénérables Frères, Nous sommes heureux de pouvoir Nous approprier les paroles par lesquelles Sixte V, homme de profonde sagesse et Notre prédécesseur, explique Forigine, le caractère et l'excellence de la doctrine scolastique.

« Par la divine munificence de Celui qui seul « donne Tesprit de science, de sagesse et d'intel- « ligence, et qui, dans le cours des âges et selon « les besoins, ne cesse d'enrichir son Eglise de « nouveaux bienfaits, de la munir de défenses « nouvelles, nos ancêtres, hommes de science « profonde, inventèrent la théologie scolastique. « Mais ce sont surtout deux glorieux docteurs, ce l'angélique saint Thomas et le séraphique saint a Bonaventure, tous deux professeurs illustres « en cette faculté,... qui, par leur talent incom- K parable, leur zèle assidu, leurs grands travaux « et leurs veilles, cultivèrent cette science, l'en- « richirent et la léguèrent à leurs descendants, « disposée dans un ordre parfait, éclair cie par « d'abondants développements. Et certes, la u connaissance et l'habitude d'une science aussi « salutaire, qui découle de la source très féconde « des saintes Ecritures, des souverains Pontifes, « des saints Pères et des conciles, a dû en tout « temps être d'un très grand avantage à l'Église, « soit pour la saine intelligence et la véritable « interprétation des Ecritures, soit pour lire et J « expliquer les Pères plus sûrement et plus uti- « lementj soit pour démasquer et réfuter les

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