‹ Albert le Grand et Saint Thomas d'AquinChapitre 20 sur 118 · I.KTTHi: KNCYCLIOUK · texte numérisé non relu

I.KTTHi: KNCYCLIOUK

« erreurs variées et les liérésies ; mais en ces « derniers jours, qui nous ont amené ces temps « critiques prédits par l'Apôtre, et dans lesquels « les hommes blasphémateurs , orgueilleux , « séducteurs, progressent dans le mal, errant « eux-mêmes et induisant en erreur les autres, à « coup sûr, pour confirmer les dogmes de la foi « catholique et réfuter les hérésies, la science « dont nous parlons est plus que jamais néces- « saire *. «

Cet éloge, bien qu'il ne paraisse comprendre que la théologie scolastique, s'applique cependant avec évidence à la philosophie elle-même. En effet, les qualités éminentes qui rendent la théologie scolastique si formidable aux ennemis de la vérité , à savoir , pour citer encore le même pontife : « cette cohésion étroite et parfaite « des effets et des causes, cet ordre et cette « symétrie semblables à ceux d une armée en « bataille, ces définitions et distinctions lumi- « neuses, cette solidité d'argumentation et cette « subtilité de controverse, toutes choses par « lesquelles la lumière est séparée des ténèbres, « le vrai distingué du faux, et les mensonges de

t Bulla Triumphanlis, an. 1588.

« l'hérésie, dépouillés du prestige et des fictions 'c qui les enveloppent, sont découverts et mis à « nu ^ » ; toutes ces brillantes qualités, disonsnous, sont dues uniquement au bon usage de la philosophie, que les docteurs scolastiques avaient pris généralement la sage coutume d'adopter, même dans les controverses théologiques. — Eq outre, comme le caractère propre et distinctif des théologiens scolastiques est d'unir entre elles, par le nœud le plus étroit, la science divine el la science humaine, la théologie^ dans laquelle ils excellèrent, n'aurait certainement pu acquérir autant d'honneur et d'estime dans l'opinion des hommes, si ses docteurs n'eussent employé qu'une philosophie incomplète et tronquée ou superficielle.

Mais, entre tous les docteurs scolastiques, brille d'un éclat sans pareil leur prince et maître à tous, Thomas d'Aquin, lequel, ainsi que le remarque Cajétan, pour avoir profondément vénéré les saints docteurs qui l'ont précédé, a hérité en quelque sorte de l'intelligence de tous ^ Thomas recueillit leurs doctrines, comme les mem-

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