NATURALISTE KT PHYSICIEN
mont à kl source de la loi divine avec les eaux salutaires de la science, de telle sorte que la plénitude de cette science habite en votre cœur, et que vous avez un excellent jugement dans toutes les choses de Dieu, nous espérons avec confiance que cette Église, qu'on dit absolument désorganisée au double point de vue spirituel et temporel, sera rétablie dans l'ordre, et le mal guéri par votre zèle et votre aptitude. C'est pourquoi Nous vous ordonnons, et en Notre nom et au nom de Dieu, d'accéder à Nos désirs et de vous i^endre à cette Église, pour en prendre la direction avec zèle et profit pour tous. Nous souhaitons qu'avec la grâce de Dieu, vous progressiez sans cesse dans la réformation de cette Église. »
C'est dans la soirée du lundi de la semaine sainte, le 29 mars 1260, qu'Albert, alors âgé de 66 ans, entra incognito dans la ville de Ratisbonne. Il passa la première nuit dans le couvent des dominicains, et ce ne fut que le lendemain qu'il prit solennellement possession de sa cathédrale, entouré du clergé et des habitants de la cité. Avec cette nouvelle charge, commença aussi une nouvelle vie pour Albert : il fallait abandonner ses chères études et ses chers disciples ; il
fallait aussi abandonner cette pauvreté extérieure qu'il aimait tant et qu'il recommandait toujours avec une si grande insistance. Ce changement lui fut le plus dur à supporter. Ses biographes rapportent qu'ayant voulu conserver la chaussure grossière des moines^ il s'attira les moqueries de son peuple.
En montant sur le siège épiscopal de Ratisbonne, Albert montra aussitôt à tous qu'il était un administrateur consommé. Il parvint en très peu de temps à payer les dettes que son prédécesseur avait contractées à la charge de son Eglise ; il accrut les revenus du chapitre de sa cathédrale et obtint de riches secours pour les fondations pieuses. Il ne se distingua pas moins dans l'administration spirituelle. Il s'occupa activement à rétablir la discipline parmi le clergé, à réformer les couvents et à prêcher le peuple. Ces occupations multiples et incessantes n'empêchèrent pas que dans ses loisirs il écrivît, au château de Stauf, qui appartenait à levêché, son magnifique commentaire sur l'Evangile de saint Luc.